Chatte blonde, chats noirs… Tssss….

Elle.
M’attend au café du Chat Noir.
Je.
Déboule guilleret.

Mais voilà t’y pas qu’il y a un gus à sa table. Ah…

L’archétype du dragueur. Le mec qui se balance un peu sur sa chaise, les bras en torpille sur la table, la bouffant du regard et surtout cherchant dans ses yeux à elle qui se dérobent une réponse : « J’ai bon, dis ? J’ai bon ? Dis oui. Dis oui… »

Moi, fatalement, je suis tout de suite moins son genre de beauté à lui. En même temps, je critique pas car entre moi mâle hirsute et cette jolie slave, j’avoue…

En même temps, compliment pour compliment, lui n’est pas trop mon type non plus. J’ai l’avantage de la position dominante. Le mec qui arrive. Qui est attendu. Qui est debout. L’autre un peu tassé, je me doute qu’il aimerait que je sois ailleurs… Je ne mettrais pas mon veto à ce qu’il bouge.

Elle se balade ailleurs, dans ses pensées…

Les présentations sont vites expédiées. Nos prénoms échangés comme des cartes pour un duel, je me doute qu’ils ne resserviront pas…

– Elle, ne m’attendait pas si vite.
– Lui ne m’attendait pas du tout.
– Moi je m’attends à tout.

Le gars maintien la charge droit dans ses bottes. Mon arme aussi, c’était la cavalerie.

– « Bon, lui dit-il je t’offre le livre, tu me donnes ton numéro ». Portable en main, il attend.
– Silence gêné de la Miss.
– Attitude gêné du gus.
– Je me marre doucement.
– « Bon, dit-il, c’est gratuit, je t’offre le bouquin. » (Monsieur à sorti son roman, comme tout le monde, je suis à deux doigts de le tiper entre mes dents, comme dans les cours d’école « tssssss »… la drague parisienne, encore un lecteur de Technikart).
– Elle reste toujours interdite. Je débloque la situas. « En même temps, dis-je c’est gratuit, c’est bien… »
– Lui (de la répartie, parisien je vous ai dit) et l’oeil bien scotché dans sa blondeur à elle : « Un 06 aussi c’est gratuit. »
J’aime bien le cran, pas l’insistance.
– Moi « Toute la beauté du geste, c’est que l’on attend pas de retour… »
– Elle « Je vais voir, je ne sais pas s’il me reste de carte de viste… »
– Lui « Non, ça va. Bonsoir. »
Il lève le camp.

En plus le bouquin n’est même pas de lui. Tssss…

Reprenons les choses où on les a laissées.

David Langlois-Mallet © Mes Parisiennes 2014 mesparisiennes.wordpress.com

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