Cougar ou Lolita : l’art d’aimer reste une rébellion

Cougar et lionceaux… Les amours des femmes mûres font sujet de société et effet de mode. Puisque nous sommes tous en rayon dans notre société de consommation sexuelle, même un segment négligé du marché, la ménagère de + de 40 ans, doit avoir son plan marketing, (site de rencontre dédié et vente d’objets de plaisir à la clef…).

Il est peu probable que se trouver « repositionnées » dans le marché sexuel grâce à ce concept, suffise à redonner le sourire à nos urbaines célibataires sorties du soucis des couches. Je vois tous les jours bien plus de mélancolie ou de vraie tristesse dans notre génération -plus vive chez les femmes qui se sont sûrement plus fait avoir à une libération sexuelle construite sur un modèle séquencé et quantitatif (masculin)– que de libertinage joyeux, d’épanouissement émotionnel ou de communication vraie.

Il n’est ni judicieux ni utile de revenir au XIXe siècle pour autant (comme nous y invite les identitaires de tout poils), mais je pense qu’il faudra bien reposer la question du bonheur ensemble et pas seulement celle de la libération sexuelle. Car ce concept émancipateur, construit sur un modèle masculin, semble à l’usage plus orienté vers la satisfaction masculine… Mais surtout vers le désenchantement et l’insatisfaction générale. Si tout le monde, hommes et femmes, mêlés fait ce qu’il veut de son cul depuis lurette, cela ne débouche pas sur grand chose de plus qu’une mélancolie de files d’attentes aux caisses. Car derrière le corps, il y a l’âme qui garde intact son besoin de réponses, d’élan et d’émerveillement.

Plutôt que de savoir si un concept marketing est libérateur ou aliénant, dérangeant ou politiquement correct, affirmons que dans une civilisation amoureuse qui reste à inventer, les femmes mûres seraient sûrement le pivot de la société et non ses invendus. Parce qu’on ne naît pas homme, mais qu’on le devient dans l’amour des femmes, que l’on sait les dégâts et l’insatisfaction que provoque l’idée fausse que les mâles « savent », il semble sage de mettre notre éducation d’homme le plus tôt possible entre leurs mains habiles, leurs bouches gourmandes et de confier notre apprentissage à la douce chaleur leurs cuisses. Et ce remède à proportion de ce que l’on est jeune mâle.

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Les bons auteurs de notre vieille Europe, comme Stephen Vizinczey et son fameux « Eloge des femmes mûres », autant qu’une dame du temps jadis, Aliénor d’Aquitaine -connue pour l’affirmation de ses amours au mépris du scandale autant que pour l’art d’aimer de sa cours- me donneraient je crois raison si j’écris que les femmes d’automne tiennent deux fois les clefs du jeu amoureux. D’une part par une culture « féminine », une culture du soucis de l’autre, un art de la relation que les hommes de tous âges ont à apprendre auprès des dames et d’autre part la connaissance, le recul et le vrai goût des choses que donne à tous l’expérience et la conscience de l’instant qui l’accompagne.

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L’asimétrie de nos amours assure notre éveil culturel

Une troisième raison tient au charme des amours asimétriques entre adultes consentants, de tous âges et de tous milieux. La relation amoureuse reste un voyage à l’étranger et les amours inégales ne font qu’exalter le caractère culturel même de l’amour : Une dissidence à la société, une rébellion faite à deux, une échappée belle, une complicité d’évasion écrite à quatre mains pour deux corps à l’encre inavouable…

Et si le baiser a été décrit comme un pont jeté entre deux âmes, il reste autant une barricade érigée en pleine rue. A savourer à belle dents, avant que l’on ne soit impitoyablement repris par la patrouille. Car quoi qu’on en pense, le jugement autour de nous, s’il est parfois plus envieux que religieux comme jadis, reste cruel… « Camarade de rébellion… ne dit pas « toujours », ne dis pas « jamais ».. chante la chanson.

Je vous en souhaite de belles avant qu’arrive ce fameux dernier regard que vous vous échangerez tous les deux. Qu’il soit au moins plein d’insolence et de gratitude, comme celui que les complices s’adressent, au moment où on les sépare, menottes au dos :

« On les a bien eu, hein… dis ? »

David Langlois-Mallet, 2014 c Mesparisiennes.wordpress.com 

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