Il faudra que je vous raconte mon plus grand échec : c’est Paris.

Les réussites servent à changer vie. Les échecs à la comprendre. Je peux espérer ne pas vous être inutile.

(Voilà un petit texte, sorte de bilan mon activisme effrené de ces derniers années, j’avais renoncé à vous le poster le trouvant trop pessimiste. C’est la butte témoin de mon pic de désespoir politique municipal (capté à la station du parc Belleville le 1er février dernier). L’inconvénient de vivre trop à coeur la chose publique, c’est qu’elle se réfracte en nous quand elle est aussi terne qu’à notre époque de scandales à droite et de rond-points à gauche, l’avantage c’est que les dynamiques que l’on se redonne à soi-meme, réinjectent en retour des idées autour de soi). Donc ce texte :

Les réussites servent à changer vie. Les échecs à la comprendre. Je peux espérer ne pas vous être inutile.

Cela fait un paquet d’années que j’essaie d’enrailler la destruction par le politique de la culture vivante, de la poésie populaire et des liens dans cette ville et malgré tous mes efforts je n’ai pas réussi : ni à faire émerger une autre politique, ni même à stopper les destructions.

J’ai un peu tout essayé : le journalisme, l’expertise, le conseil, la formation d’élu, les propositions de politiques culturelles, les polémiques, l’organisation d’une concertation de territoire. Bref, j’ai fait le travail que les partis politiques ne font pas.

Bilan ? Mon boulot à été pillé par le PS ce qui n’aurait été préjudice que pour moi, mais surtout totalement détourné, voir retourné contre ceux qu’ils faut aider.

Quand je vois la com’ d’Anne Hidalgo, c’est une machine de guerre du système global, c’est pro… Même nos mots sont repris par ses communicants, payés eux et avec nos sous, pour continuer à détruire nos Paris villages au profit des intérêts financiers de la Capitale. En 12 ans, ils ont tué plus de poésie que Chirac et autant que Pompidou. Presque tous les lieux culturels indé de Paris et les libertés culturelles y seront passé. Demain si elle gagne, leur obsession dirigiste, leur phobie de l’initiative et de l’expression en finiront avec les confettis de liberté qui reste du temps où Paris était une fête, une ville de révolte joyeuse et les parigots fiers et siffloteur.

EELV les Verts sont aux abonnés absents pour cause de croissance gouvernementale intensive et hors de contrôle. Les 4 personnes au bord du burn-out qui veulent tout contrôler ont fait l’impasse sur cette élection. Les électeurs peuvent aussi faire l’impasse sur eux.

Le PG, navigue hors sujet, animé d’énergie sincère mais enfermé dans sa nostalgie, il se trompe de campagne, rejoue la présidentielle parle plus de Mélenchon que des parisien-nes. Chouette nana, Danielle Simonnet  avec sa belle énergie, pourrait-être la Louise Michel d’un peuple de locataires. Bridé dans les logiques d’appareil, elle risque de ne devenir que l’Arlette Laguiller du logo.
Ce petit logo « Front de Gauche » que vous avez oublié mais que dont le PG voit face à ses anciens alliés du PC (vieille remorque derrière le 4×4 PS qui ne sait penser le monde qu’en terme fonctionnaire, d’augmentation de la dépense publique).

La droite à Paris a laissé trop de souvenirs de destructions pour que je vous en parle. C’est à elle de parler si elle a autre chose à nous montrer que son chaos et son amateurisme. Au moins d’un bon débat naitrait un peu d’air et quelques failles pour les habitants. En état, l’alternance, toujours bonne à prendre en démocratie, ne serait pas un drame. Mais ce serait spéculer juste une aggravation rapide de la situation de Paris. Le PS tient la gauche par un peu de charité, il tient les multinationales par son zèle… La place de la droite est déjà prise à la mairie de Paris !

J’ai l’impression que l’avenir de Paris se joue bien plus dans les conseils d’administration que dans les conseils municipaux. Un peu comme à Notre-Dame des Landes ou l’on t’expulse pour un aéroport douteux, on a décidé ailleurs que le centre serait offert au marché touristique, que les faubourgs et arrondissements populaires iraient en apanage à la nouvelle bourgeoisie de la com’, le reste : peuple, petites gens, oeuvriers, vieux, jeunes, intello-précaires étant invité au dégagement vers un Grand déshumanisé voulu par les urbanistes le plus déshumanisé possible. Et si possible condamné à des vies de navette, sans voir grandir ses enfants, dans des transports surchargés.

D’un autre côté, les habitants sont bien peu impliqués dans la chose publique (et n’aident pas ceux qui se bougent). L’individualisme et l’individualisation des problèmes et des solution met chacun à fond dans sa propre vie. Ce n’est pas un mal que le dit, cela peut même être assez positif. Mais encore faut-il voir que les questions collectives occupent une très grande place dans notre vie individuelle ! Et que bien peu de notre activité concerne notre intimité vraie, notre liberté et son épanouissement.

A tire personnel, si j’ai refusé les propositions « pour moi » (au grand dam de mes proches…), ce n’est pas par goût du martyre économique (il faut expérimenter la décroissance, la sobriété heureuse, la pauvreté n’est pas forcément la misère), mais parce que je n’ais jamais vu dans l’intérêt individuel (ici le mien, mais la critique vaut pour les autres) l’ébauche d’une solution « pour nous ».
Les partis achètent de l’image à tour de bras, mais ne veulent plus proposer de « faire » de la politique, encore moins si cette fabrique est co-élaborée avec les acteurs du territoire. Du coup rien ne fait lien entre des carrières et l’intérêt général, chacun se persuadant que sa promotion fait avancer le bien général et qu’il est lui-même la solution… On voit le résultat.

La seule chose que je vous dois est de vous dire que j’ai ardemment cherché, mais que je n’ai pas trouvé en l’état de lien entre nos vies (les solutions culturelles que nous inventons et les problèmes quotidiens) et les politiques parisiennes.

Les solutions pour notre vraie affaire, vivre joyeusement, dignement ensemble et avoir des vies à la fois passionnantes et constructives existent. J’en ai vu à l’oeuvre, j’en vois les transpositions du côté de celles et ceux qui s’efforcent à faire lien et que l’on entrave. Je persiste à dire la nécessité des lieux de partage qui font sens comme le Lavoir Moderne Parisien quand la plupart des établissements de la ville ne sont que des lieux de parade, hanté de vide.

Sauf occupation massive, la fin du Lavoir est prévue pour le 15 février. Un dernier baiser, signe d’adieu peut-être à toute une histoire de joie populaire à l’intérieur de Paris est prévue le 14 février. Une page d’histoire se tourne, une autre naitra peut-être demain dans le Grand Paris. Décidément, depuis que Louis XIV avait quitté Paris après la Fronde… Les Versaillais se seront bien rattrapés !

David Langlois-Mallet © Mesparisiennes.wordpress.fr -1er février 2014

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