Balade d’hiver et dernier baiser à Paris

Amusante et attristante cette journée parce que j’y trouve un condensé de ce qui me préoccupe (derrière ces mots) : Municipales, Verts, FN, sexe, Lavoir Moderne…  Tout ce qui m’intéresse pour « notre affaire » : vivre dignement ensemble, et joyeusement là où l’on est… Cette journée où l’air du temps te donne envie de vivre… ailleurs ! Ça vous dit la balade ? Allez, en route !

Notre âme, supplément du politique ?

Je vous confie d’abord mon dégoût pour tout ce qui apportera, par intérêt personnel, un supplément d’âme aux politiques au pouvoir. A tous ceux qui soutiendront par espoir d’intérêt individuel leurs campagnes : artistes alternatifs absorbés par les politiques culturelles au lieu d’en être les inventeurs. Ecolos plantes vertes des politiques libérales pour avoir renoncé à en être les mauvaises herbes. Pas que le politique soit le diable. Juste que tout avancée personnelle faite au nom du bien commun doit se justifier par de tangibles résultats collectifs. Tirer profit au prétexte que l’on incarne ceci ou cela ne suffit plus. Pas non plus que l’intérêt personnel n’ait droit à son juste écot, mais il doit passer derrière !

Le FN, culture de la misère

Aujourd’hui, j’ai vu dans les rues du XXe des pauvres gens qui tractaient à la sauvette… Pour une jeune blonde pleine de pulpe et de vie. Pas des fachos énergiques, des bougres de mâles de base, gris, vaincus matériellement et surtout culturellement à la dérive. Qui s’était occupé de leur misère ? Le FN, comme ailleurs les barbus, parti qui s’adapte le plus intelligemment (du fait du rejet même) à l’évolution des gens de la rue (aussi rejetés). le FN avance donc bien dans nos rues. Pas sur le mode de la présence de marchés, sur le mode du tract de confidence, main à la main « entre mécontents, oppressés, dans une dictature on se comprend, hein ma bonne dame…? »

Quand le politique tue les projets positifs, il reste le malaise comme culture… N’est-ce pas les écolos ? Alors quand la richesse de l’écologie politique se flatte d’être parvenue… Pour ses 30 bougies, elle s’est fait le pire cadeau : le gâteau personnel et l’entre-soi rassurant au détriment de l’intérêt collectif. Le vrai bilan des Verts ? Avoir laissé le monopole de la contestation du système à l’extrême-droite. Un développement politique intensif qui nous laissera comme d’hab la facture « environnementale » sur le dos… Happy birday…

Paris : la Capitale en campagne

Je me suis retrouvé assis ce matin à côté de Jean-Bastiste Eyraud du DAL qui me disait que le pourcentage de locataires à Paris est un des plus élevés de France (genre 70%).  Ce qui est amusant quand tu penses aux prestations des candidates aux municipales hier à la télé (LCI). Toutes font une campagne Paris Capitale (sur un thème national), sans parvenir à faire une campagne locale.Faudra t-il dire aux élus que « la Capitale », c’est l’Etat, pas la Ville de Paris… Et que des gens qui mettent plus d’un tiers de leurs revenus dans leur loyer en échange d’une vie quotidienne compliquée et qui ont de moins en moins de lieux de partage ne rêve pas de « la Capitale » ? Que ça, c’est bon pour les touristes… Pour l’anecdote, c’était au service du logement social du XXe où l’on peut toujours venir rêver, si on a l’âme poète, car les services te disent que ton dossier dépend… d’une volonté politique, mais que les élus du XXe ne reçoivent pas…(sic).

Sinon au rayon intime : misère sexuelle et médiatique

Le vieux mâle de base pourrait voter FN et la jeune femelle écolo. Leur insatisfaction serait celle d’une même culture. Un article un peu méprisant d’une jeune femelle critiquait la misère sexuelle d’un mâle flétrit sans doute, avant d’en étaler une autre, médiatiquement correcte, la sienne. Glaçant. Sa cible ? Un mâle de base de coach qui essaie très laborieusement d’améliorer le cul fait maison de ses congénères en leur conseillant de se laver la queue et d’essayer de penser à caresser Madame pour la « surprendre » la nuit (quand on vous parle de misère et de besoin de tendresse au pays de l’amour qui vote FN…).

Ce coach à coacher, se retrouvait dans la catégorie violeur en moins de deux, mis en examen par notre journaliste, convaincue qu’il n’y a pas d’alternative entre le viol et le sexe banal (ci dénommé : « la sexualité, la vraie (sic). » « la sexualité, la vraie, celle qui se pratique sur une couette chiffonnée, après une journée de boulot, avec tout que ça implique de flemme, d’inefficacité relative et de semi-ratages. » Houllebecq, sort de ce corps que l’on devine gracieux !

Un ado qui tomberait sur cette littérature n’aurait plus qu’à se faire prescrire du viagra. Car peut-être que la vraie misère de notre art d’aimer se cache autant dans le coach en tapage nocturne que dans la journaliste pénaliste, héritiers l’une et l’autre d’une civilisation qui a oublié que, derrière les corps, il y a une relation sensible, sensuelle et sensée. Et que l’on est très en danger si on l’oublie. Une civilisation sans art érotique, dans laquelle pour le réinventer il faudra parfois savoir éteindre, qui la télé, qui son ordi, Et faire preuve d’un peu de culture et d’imagination..
Aïe l’Occident ! Me disais-je où est ton art d’aimer ?
Et je pensais surtout à ces millions de petits oasis dans notre société et aussi tous plein de laboratoires de découvertes. A tous les gens qui expérimentent des choses chouettes et pourraient les apporter aux autres ne serait cette chape de plomb sur les esprits. Mais comment notre expérience intime peut-elle être communiquée ? Comment pouvons-nous refaire culture de nos mutations nécessaires ? Comment la culture chaleureuse et vivante peut-elle transformer notre destin politique qui parait si glacé, si figé…
La journée se terminait sur l’appel au dernier baiser
Celui du dernier théâtre populaire de Paris. Le Lavoir Moderne dans le quartier africain de la Goutte d’Or. Vaincu par les intrigues de la Mairie de Paris qui poursuit en rose le vieux rêve bourgeois : expulser le peuple hors les murs. Le vieux Lavoir de Zola pourra bientôt être démoli par son propriétaire, une société off-shore. Tous les ingrédients de la tragédie du Paris moderne y sont. Le politique au service des pires enrichissements et la destruction d’un lieu de culture exigeant et ouvert à aux peuples divers. Hervé Breuil, son âme durant 20 ans, appelant à un dernier baiser devant le Lavoir pour la fête des amoureux le 14 février avant de remettre les clefs à la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti (une ex-écolo tiens !). L’amour du peuple peut-il te réveiller, Princesse ?

Entre désir de Renaissance et étouffement politique cette balade d’un 30 janvier me donnait une envie : être loin. Partir à l’étranger. Je ne reste dans ma ville qu’à cause des liens affectifs. Avant de n’être un jour qui sait, de mon pays que par la langue.

© David Langlois-Mallet Mes Parisiennes 2014

https://mesparisiennes.wordpress.com/

Soutien à l’auteur : https://mesparisiennes.wordpress.com/2014/01/13/soutien-a-lauteur/

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