Le désir mâle, faim en soi ou ouverture de l’émotion ?

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Le désir mâle, faim en soi ou ouverture de l’émotion ?

Il y a à être mâle une jouissance qui ne doit rien à la morale, et un appétit des femmes, pas grand chose à l’amour. Assez étrangement, cette dynamiques sexuelle juvénile est un puissant facteur de lien avec le gente féminine. A l’inverse, je me demande parfois si la dynamique affective adulte n’est pas une dynamique d’exclusion, de sélection…

Quand j’étais jeune mâle, j’allais la queue au vent. La ville était un grand terrain de jeu, peuplé d’innombrables et potentiellement désirables femelles aumonde incompréhensible au notre dans ses lois mystérieuses, et qui pourtant y répond étrangement. Répond à la basse fréquence de notre sollicitation qui n’a rien d’amical, à cette urgente angoisse existentielle mâle, qui ne demande que son propre épuisement en fourrant cette fracture de fourrure ouverte entre deux douces cuisses.

Si l’on y songe, la jouissance physique qu’il y a à empaler ainsi, toute vive et palpitante, de douces et délicates femelles au bout de sa tige, tient plus de l’énergie du pillage qui animait les guerriers de l’Antiquité, de l’ivresse de soi, que d’une quelconque forme d’amour ou de soucis de l’autre.

Le désir sexuel masculin, une faim en soi

Notre aptitude à nous sentir homme, dans les débuts de la vie, notre capacité à associer les femmes à sa réalisation ou du moins à son apaisement. Cela m’amuse assez de repenser à l’inconscience de la sexualité que l’on a jeune. J’ai vraiment l’impression que moi, tout autant que les filles de la fac, on faisait l’amour sans savoir pourquoi. Cela me fait rire de penser à toutes ces choses qui se faisaient et se défaisaient (au prétexte de mouvements de grève par exemple), sans queue ni tête, dans ces têtes à queue joyeux et au demeurant au fond peu exigeants. Même si elles le compliquaient quand même parfois légèrement pour la forme et le respect de soi, « le faire » était toutet la sexualité prise ainsi un puissant moteur de découverte du monde et d’ignorance de soi aussi.

Ce sont les femmes, vers la trentaine, qui ont commencé à être exigeantes les premières je crois. A vouloir plus, à chercher autre chose. A penser que la sexe cachait un pouvoir qu’il fallait explorer à deux plus longtemps. A rechercher du lien. Longtemps ce fût pour moi un motif de fuite attisé par mon histoire qui leur était indéchiffrable. Comment un ancien forçat pouvait-il entendre le tintement de chaines sans prendre la fuite ?

Vivre de la chasse et de la cueillette du jour demande beaucoup d’énergie et de temps. La précarité des liens, dans la grande ville, pousse aux amitiés amoureuses, aux retours éternels des ex qui n’en sont plus vraiment. Explorer l’individualisme et la liberté, valorise en creux le besoinde lien et pousse au multipartenariat qui n’est à terme qu’une relation durable avec une hydre féminine au visage unique et aux sexes innombrables (ou l’inverse).

Comment une femme fait-elle un jour effraction ?

Probablement par l’émotion. On pourrait penser que sur le modèle du spermatozoïde entrant dans l’ovule, l’amour serait une effraction masculine dans le monde féminin. On néglige sûrement le fait que c’est l’ovule qui laisse entrer l’un plutôt que l’autre. Si le sexe est une pénétration du monde féminin, l’amour est une immersion dans le monde féminin.

J’ai tendance à voir dans la sexualité de chaque femme comme un petit laboratoire de transformation de l’énergie sexuelle masculine en émotion. Laboratoire plus ou moins perfectionné d’ailleurs. Spécialisé parfois. L’une à tout compris du désir masculin, l’autre s’est formatée au plaisir des hommes, celle-ci se connait à merveille et s’abandonne parfaitement à ses émotions sans réellement les faire partager etc.. Chez certaines, la fascination qu’exerce notre désir provoque une descente jouissive vers la soumission à ce désir, mais à mon sens, la magie des femmes vient de leur capacité à toujours repositionner notre désir en émotion. Ou du moins à essayer, et à nous tendre ce miroir là.

Les femmes qui ne feraient l’amour qu’avec leur corps seraient assez ennuyeuses, je n’en ai pas tant rencontré. Même dans le retrait, c’est leur âme qui retient son souffle, se protège ou s’exaspère. J’ai assez peu fréquenté les cérébrales pour cette raison ; mais il y a de ces femmes détenues en elles-même quoi qu’elles s’épuisent à donner leur corps partout, sans parvenir à briser la coquille dans laquelle elles sont enfermées.

Nos pères nous apprennent que le sexe est le jeu ou le besoin du corps (un bon repas disait le mien), on découvre l’inverse dans le lit des femmes. C’est toujours l’âme d’une femme qui se débat par derrière dans les convulsion de la jouissance. J’imagine que c’est quand il s’en aperçoit qu’un homme passe du sexe à l’érotisme, de la prise de femelles à l’émotion pour une femme singulière et quand il y découvre que parfois ses propres émotions y sont impliquées qu’il entre vraiment dans ce graal de la gente féminine… « la relation ».

Grand enfant bandant fasciné par la magie (et le cinéma) des femmes, je n’avais pas encore pris conscience de mon propre impact d’homme, et du bouleversement que nous opérons aussi dans les corps que nous investissons, et qui se donnent, parfois tout aussi à la légère. (a suivre)

David Langlois-Mallet

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