Au Peuple plutôt qu’à la Marine

Image

La fête est une chose trop sérieuse pour être laissée aux militaires,

La démocratie une chose trop partagée pour être laissée aux seuls politiciens,
Paris une ville trop créative pour être laissée aux technocrates.

Au peuple plutôt que la Marine !

Savoir faisons par la présente à tous…
Sans-culottes et princesses du peuple des deux côtés du Périph, gueux-magnifiques et intello-précaires, Incroyables et merveilleuses, romantiques sensuelles et libertins sensibles, bretons et ruskof du Montparno, maudits-artistes et intermittentes-durables, Chats noirs et Bœufs sur le Toit, Gavroches de la Goutte d’Or et gisquettes de Belleville, refusnik de la pub et drilles joyeux, rebeux des boites et rebelles des bois, lecteurs de la Princesse de Clèves et lectrices de Rabelais, Pommes de Pin et théâtreux de Fortune, troubadours humanistes et teufeurs éveillés, créatifs au RSA, artisans de leur propre vie et chercheurs sur la paille, street-artistes et titis des Faubourgs et menu peuple pensant des chambres
de bonne, artistes de leur quotidien et aux amoureux
…ainsi qu’à toi et ta petite sœur !

Que le collectif « Au peuple plutôt qu’à la Marine »
demande officiellement l’attribution, d’une façon transparente et démocratique,
du ci-devant Hôtel de la Marine aux acteurs du Paris populaire festif et engagé.
Nous demandons au Ministère de la Culture, de la Région Île-de-France, de Paris Métropole et de la ville de Paris ainsi que des candidats démocrates
à la présidentielle d’officialiser leur soutien à cette démarche.

Nous leur donnons rendez-vous avec ceux qui veulent nous soutenir
Samedi 21 janvier à 10h
Place de la Concorde, au lieu du ci-devant Hôtel de la Marine.

L’histoire de la démocratie en France s’est écrite grâce à ce grand mélange
de provinciaux et d’étrangers qu’est Paris. Les marchands qui vendent aujourd’hui
Paris au nom de sa culture doivent en rendre un bout au peuple, à la jeunesse
et aux artistes qui poursuivent la grande aventure de son invention collective.
Alors que tous les lieux de culture alternative sont menacés ou ont été fermés
dans les quartiers, il est urgent d’ouvrir un lieu festif à tous les refusés du Paris dominant et de sa culture unique autant qu’il est sensé de mettre une maison du peuple
sur le lieu symbole de la Révolution Française.

(Et merde à Haussmann !)

Le Collectif d’animation : David Langlois-Mallet (Collectives Cultures), La Bâronne de Paname, Yabon Paname (Le Carosse), Carmelinda Bruni (Théâtre de Fortune), Hervé Breuil (Lavoir Moderne Parisien), Catherine Poulain (Carnaval de Paris), Michèle Faury (Life in the bar), Anastasia Koslov (Théâtre de Verre), Malika del Rocka.
Comité de soutien et de parrainage : Collectifs : Altaïr Think-thank culture-medias.
Premières personnalités : -Artistes : Jean Stark (Art Cloche) – Elus : André Gattolin (sénateur EELV), Martine Billard (Front de Gauche), Eva Joly, Corinne Rufet (CR EELV Président de la commission culture), Jean-Jacques Barey (culture PCF)…

Paris le 21, janvier 2012
Hôtel de la Marine, Contexte

Contexte

L’Hôtel de la Marine est situé sur un lieu symbole de la Révolution Française, la très fameuse place de la Concorde (où a été guillotiné Louis XVI le 21 janvier 1793). Il fait face à l’Assemblée Nationale.

Sarkozy a confié à Giscard d’Estaing la présidence d’une commission d’attribution de cet immense et magnifique palais de plus de 500 pièces. L’ancien président veut le réserver à la culture patrimoniale.

Les acteurs du luxe et de la mode se sont organisés en comité pour le revendiquer. La France, c’est le patrimoine, c’est le luxe bien sur. Mais voyez-vous, c’est aussi les cultures vivantes qui sont bien malmenées à Paris.

Juste retour des choses nous revendiquons ce lieu pour les marges artistiques et les acteurs de la culture populaire, d’en-bas, des petits-lieux, de proximité etc… Appelez comme vous voulez tout ce qui ne tombe pas d’en-haut, des institutions et du marché.

La pétition des uns : www.hotel-marine-paris.org

<http://www.hotel-marine-paris.org>

(patrimoine, vieille France)
La pétition des autres : http://www.la-royale.fr/ (luxe et mode)

Visitez votre futur lieu de culture populaire de Paris :

http://picasaweb.google.com/101442231671384701060/HOTELDELAMARINEEXTRAITBFM?feat=directlink

<http://picasaweb.google.com/1014422…>

Discours d’Eva Joly

Chers gueux-magnifiques, intello-précaires, incroyables et merveilleuses comme vous vous nommez joliment vous même !

J’ai souhaité récemment qu’un grand musée de la Révolution prenne la place de l’Hôtel de la Marine. L’histoire comme je la vois, n’est pas une fermeture sur un passé mythifiée, mais au contraire une source d’élargissement et d’inspiration. La connaissance du meilleur du lègue du passé je veux qu’elle nous donne l’envie d’inventer ensemble notre avenir. Sur le lieu symbole de la Révolution Française, je crois nécessaire de donner ce point d’appuis à l’énergie et au besoin de démocratie qui monte si fort actuellement du pays et déborde à mesure que les pouvoirs actuels essayent de le contenir ou de le réprimer.

J’entends et j’écoute avec grand intérêt votre souhait de voir ce lieu dédié à la culture vivante et populaire et je suis touchée à vos arguments. Oui, la démocratie culturelle est en effet à la base de toute politique. La Révolution Française doit autant aux cafés qu’aux encyclopédistes, aux artistes qu’aux orateurs, à la rue qu’aux salons. Elle est même le fruit de la rencontre des deux.

La Révolution Française est aussi le fruit très spécial de ce choc qui a toujours existé à Paris entre l’Etat et le peuple de la ville. Ce n’est pas pour rien que l’on a pu dire que Paris, ville des révolutions, était le grand champ de tension de l’histoire de France. Ce territoire disputé par les aristocrates et les sans-culottes, je sais que c’est aussi cette culture vivante qui résonne en vous. Parisiens des squats et des lieux de culture de quartier, amoureux de votre ville au point de mettre votre santé en danger pour défendre et ouvrir ces petits espaces de liberté qui sont comme autant de barricade culturelles face à la main mise de l’argent et de la spéculation sur la ville.

La culture populaire parisienne à laquelle vous faites référence, me parle particulièrement. Parce que Paris, loin d’être une capitale de parisiens que l’on caricature, est un carrefour de cultures du monde. Tous les accents de France et du monde qui y résonnent, toutes ces différences qui de tout temps y échangent font la singularité et la richesse de sa culture populaire, vive et rebelle, joyeuse, festive, pensante et politique. Nos élus en général et Corinne Rufet en particulier se trouvent à vos côté tout au long de l’année pour défendre et faire reconnaître le caractère d’utilité publique de vos espaces. Je pense particulièrement au Lavoir Moderne Parisien qui est le cœur vivant du quartier populaire de la Goutte d’Or, au Carrosse dans le XXe ou à l’aventure du Théâtre de Verre de Luis Pasina.

Je suis également très sensible à l’idée d’un échange entre des espaces qui sont marqué par une ségrégation de plus en plus forte au point qu’on a pu parler à Paris d’une apartheid urbaine. En tout cas d’un Paris à péage. Il est nécessaire que le Paris populaire ait des débouché dans les beaux quartiers. Et je dirais, il est nécessaire encore plus pour les riches que pour les pauvres. L’invention culturelle vient d’en-bas, l’académisme tombe d’en-haut. L’énergie de la mode, des mouvements culturels, vient de la rue pas de l’argent. Les plasticiens de demain exposent aujourd’hui dans les rues. Il n’y a qu’à ouvrir l’œil pour comprendre que le street-art par exemple s’épanoui dans les quartiers populaires ou qui ont gardé leur mixité et non pas dans les beaux-quartiers sous trop étroite surveillance.

Cette rue créative, si importante pour le développement de la société, nous appelle à une profonde réflexion sur l’espace public. En particulier à Paris, dont le pavé vit sous une loi martiale qui date du consul Bonaparte et par laquelle tout ce qui n’est pas autorisé par la Préfecture de police est interdit,. Les artistes payent un très lourd tribu à ce véritable régime d’exception policier qui les force au silence. Et quand les chanteurs des rues, les orgues, les faiseurs de harangue sont interdits, c’est notre liberté à tous qui recule. Si je suis élue, j’engagerai une profonde refonde législative avec les députés et sénateurs ELLV sur notre espace public et sa liberté qui est la première des démocratie culturelle à rendre au peuple.

Il est un autre domaine ou l’art et la démocratie font je crois bon ménage, ce sont les politiques culturelles. Ce secteur, loin d’être un vague creuset corporatiste est à mon sens à l’heure actuelle un lieu en pleine ébullition ou s’invente non seulement les politiques culturelles de demain, mais bien au delà ou se refonde le sens des politiques publiques. La culture n’est pas un secteur comme un autre parce que c’est ce qui fait sens et lien entre les humains. Dans un monde étouffé par la quête du profit où la pensée comptable et technocratique a fagocité la politique au point de lui retirer tout élan et toute aspiration à concevoir ensemble un avenir meilleur. Il nous faut plus que jamais nous connaître dans notre humanité et notre diversité. Nous rassembler autour des œuvres porteuse de sens pour pouvoir imaginer un avenir autre que celui des crises économiques et environnementales.

C’est parce que cet élan créatif de la culture est nécessaire autant que la connaissance du passé pour imaginer l’avenir que je crois que vous avez toute votre place à prendre également dans cette grande maison de la Fraternité que j’appelle de mes vœux sur la place où est tombée la tête d’un roi. Les 5440 m2 de l’Hôtel de la Marine sont assez vaste pour ne pas en faire un lieu de privilège et d’exclusion. Et ses 553 pièces doivent servir autant à la mémoire qu’à la rencontre, au débat citoyen qu’à la fête, à la réflexion sur les politiques publiques qu’à l’art vivant. Signe de mon soutien, je propose à un élément actif de cette démocratie culturelle, David Langlois-Mallet qui anime votre collectif, de se charger d’une proposition partagée.

Croyez chers ami-es à ma fraternelle affection.

« Au Peuple plutôt qu’à la Marine ! »

Discours (apocryphe) attribué à Eva Joly, France, début XXIe siècle
Discours de Jean-Luc Mélenchon (apocryphe, début XXIe siècle)

Parce que le peuple est chez-lui place de la Concorde, je salue votre initiative et vous apporte mon soutien et celui du Front de Gauche !

Notre histoire, l’histoire de France et notre culture a singulièrement partie liée avec celle de la démocratie et de la liberté. Sa page la plus symbolique s’est écrite ici même, jour pour jour, un 21 janvier à 10h22. Il y a 219 ans sur cette même place où un roi à perdu la tête pour que tous sachent, présent et avenir, que la féodalité était morte et appartenait aux poubelles de l’histoire humaine.

C’est cette féodalité, ce pouvoir du petit nombre sur les êtres, cet arrogant défi à l’humanité de la naissance et de l’argent que certains aujourd’hui essaient de restaurer. Car qu’est-ce qui est en jeu dans le diktat des agences de notation ci ce n’est de faire « softement » courber le dos au peuple ?

Alors oui ! il y a du sens à revendiquer votre place ici, à l’heure où une nouvelle aristocratie essaye de tourner la page de 200 ans de luttes patiente, acharnée de nos ancêtres pour un lent progrès social et démocratique, et aimerait faire retourner nos enfants au servage.

Il est salutaire de sortir des quartiers dits populaires, comme l’ont fait les sans-culottes et les femmes du peuple pour se rendre à Versailles, comme vous le faites en revendiquant ce lieu de patrimoine, pour rappeler qu’il n’y a qu’un seul territoire et que tous les citoyens ont le droit même droit à y vivre.

Oui, il est salutaire, à Paris encore plus qu’ailleurs, de refuser un apartheid de l’espace public qui a, insidieusement, petit à petit rongé le territoire découpant ses quartiers de riches ou de bobos où toutes les richesses sont retenues à ne plus savoir qu’en faire et quartiers de pauvres où même les services publics sont laissés à l’abandon.

Mais à y regarder de plus près, ce que nous dit la culture est encore plus fort et plus intéressant. Vous l’écrivez, David Langlois-Mallet, dans un des manifestes de démocratie culturelle : « du point de vue de la culture, la Goutte d’Or est un quartier riche et le XVIe un quartier pauvre ». Et oui ! Les riches sont parfois des précaires de l’humanité, de la culture et du lien social, et une médiation des artistes de la marge qui sont aussi les artistes du monde et de leur temps leur ferait en premier le plus grand bien en les ouvrant au monde plutôt que de les enfermer dans le beau monde qui est aussi un ghetto et qui sous les beaux tissus et les cocktails cache souvent sa vraie misère relationnelle et un certain racisme social. Oui, l’esthétique et le luxe, la culture patrimoniale comme le bling-bling, servent souvent de cache misère et ne sont rien sans humanité. La culture de distinction, en vogue chez nos petits marquis, qui vise à créer un rempart esthétique pour rester un entre-soi et qui in fine faire de la culture un outil d’exclusion n’est pas celle à laquelle nous nous référons.

Non seulement la culture populaire est une culture du partage, de la mixité et de l’intelligence. Elle l’a toujours été, des guinguettes et des cafés des encyclopédistes au Montmartre des cabarets ou du Montparnasse des artistes du monde au St Germain des Près de Sartre et de Vian, mais elle est aussi une culture d’intégration et de citoyenneté. Il y a une profonde intelligence populaire, celle de Gavroche et des grisettes, qui pitié n’a rien à voir avec la démagogie et le populisme qui sont en revanche bien à leur place sur TF1.

Vous tenez pour certains d’entre-vous des lieux qui sont vitaux pour le vivre ensemble, mais qui sont aussi gravement menacés dans leur existence même. Il est honteux pour la République que de tels lieux d’utilité publique soit en péril. Et je veux demain un Etat, qui — comme aujourd’hui les élus et militants du Front de Gauche qui comme Martine Billard ou Jean-Jacques Barrey vous soutiennent au quotidien— un Etat qui fasse son travail dans ce domaine en soutenant tous les lieux de culture « populaire » « émergents » « d’en-bas » « de proximité » qui sont de précieux relais de la démocratie culturelle. Je pense en premier lieu au Lavoir Moderne Parisien où Hervé Breuil mène depuis plus de 20 ans un travail remarquable de culture pour tous au cœur de la Goutte d’Or. Mais tout autant à l’aventure du Théâtre de Verre de Luis Pasina, qui comme Yabon du Carrosse poursuit, de squat et performance, la saga d’un Paris rebelle et insoumis.
Mais je pense aussi, Carmelinda Bruni, à des lieux comme le Théâtre de Fortune qui a été rasé. Honteuse capitulation des pouvoir publics devant un puissant promoteur, contre la loi même qui veut que l’on ne puisse depuis la Libération détruire un théâtre !

Avec gravité, je voudrais vous dire aussi quelque chose. Quand nombre d’entre-nos compatriotes souffrent par temps de crise, quand le retour la langue des mots de l’exclusion et de la haine fait des ravages, les artistes comme les politiques ont leur rôle à jouer pour refuser les inégalités. La culture tisse des liens invisibles entre les personnes. Elle est plus que nécessaire par temps de crise. Je connais les gens parmi vous, comme la Bâronne d’Paname, qui
par la magie de la musique et de la danse, réunissent les corps et les destins de toutes origines sur la piste. Ce rôle n’est pas seulement festif et chaleureux, il est essentiel à la démocratie. Plus la souffrance économique est réelle et plus il est vital de ne pas céder à l’entre-soi ou à la déprime et de se retrouver. Je sais que vous même vous faites partie de ce peuple que vous faites danser et que vous partagez dans votre vie les mêmes difficultés et c’est aussi pourquoi je vous témoigne ma confiance.

Loin de ces élans de partage et de chaleur humaine, dans l’entre-soi feutré des petits arrangements sur le dos de la chose publique, Monsieur Sarkozy a nommé son prédécesseur Valéry Giscard d’Estaing président de la commission en charge de définir l’avenir de l’Hôtel de la Marine. Un avenir qui serait tout tracé. Celui du patrimoine, voir du luxe.

Je souhaite moi en face de ces tristes sires qui veulent confisquer les biens nationaux aux profit des privilégiés, que cet Hôtel de la Marine soit un lieu tenu par des artistes qui ont le sens du partage, du lien chaleureux et festif et de la convivialité. Le goût aussi de nous éclairer et de nous donner à penser et à connaître notre humanité et à l’approfondir d’une façon qui nous surprenne, nous touche, nous émeuve. Par ce pouvoir qu’a l’art de nous renvoyer à nous même pour nous rendre plus fraternels.

Cette fraternité est le sens vrai de la politique telle qu’elle nous anime au Front de Gauche. Je salue donc votre initiative et dit avec vous :

« Au peuple plutôt qu’à la Marine ! »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s