Mélenchon. 7 millions ! Quoi… Allo !

La déception est chez-moi bien moins forte que la reconnaissance !

Merci, merci, merci à Méluche et à l’équipe de la France Insoumise d’avoir quitté le confort et le ronron du petit FG pour nous prouver que la Fraternité est puissante dans ce pays !

Oui, il y a aussi beaucoup de cons et quelques salauds. Beaucoup de gogos qui mordent au marketing et votent pour ne pas prendre de risque – alors que continuer comme cela est le plus grand qu’ils prennent, les bênets ! Beaucoup d’égoïstes aussi qui votent pour que rien ne bouge et tant pis pour les autres (sans se rendre compte que le bateau Terre que nous coulons, est le même pour tous, excepté pour une oligarchie qui se fend la poire au champagne au Fouquet’s ou à la Coupole). Beaucoup aussi de colère aveugle et surtout bête.

Mais 7 millions quoi. Allo… ! Encre sympathique de l’écologie, du social, de la démocratie, de la culture vivante, de l’amour fraternel du pays, jamais nous ne sommes passés comme cela au révélateur. Regardons-nous et reconnaissons-nous !

Notre joie est le plus joli pied de nez aux quelques calculateurs d’appareils qui nous ont planté. Ceux qui ont planté le pays, l’ont ancré dans la soumission au CAC40. Ceux, qui pour se racheter des airs de pureté, couronnant une vie politiques de petites lâchetés, ô pas grand chose, ont provoqué la survenue de Marine Le Pen, à notre vraie place, au 2e tour. Ils voulaient leur conscience tranquille, ils se condamnent à administrer une punition collective. Tartuffes qui maintenant ont mis leurs étoles pour administrer la morale…

Car la vraie victoire sur le FN est celle de la dynamique, car la politique, c’est avant tout de la dynamique. Elle appartient à Mélenchon et à la France Insoumise, un peu aussi soyons honnête aux candidats souverainistes de tous bords qui ont ringardisé le nationalisme. La demande d’indépendance, n’est pas la peur, c’est le courage. Merci !

Car il est où le vrai combat contre le FN ?

Hier, avant, Marine Le Pen était le nom de la révolte, du rejet du système. Il n’y avait que deux France possibles, déprimantes, on mangeait, peu ou prou, à la gamelle du pouvoir, ou l’on allait aboyer sa peur contre l’honneur de ceux qui ont un nom difficile à prononcer. Clinton ou Trump. Les autres étaient inaudibles, trop mouillés dans les frondes de théâtre.

Aujourd’hui, après la France Insoumise, l’espace d’une révolte intelligente est posée. Une révolte consciente mûre, solidaire, responsable devant les générations à venir, elle viendra ou ne viendra pas, mais elle existe et se connait. Une France de la jeunesse d’ailleurs, celle qui a placé Méluche en tête à plus de 30% ! Quand le vote des plus riches plaçait Macron en tête et que le Pen dupait la France des moins éduqués…

La politique, c’est un espace de l’esprit collectif, de l’imaginaire que l’on se donne ensemble, bien avant d’être des places dans les institutions et des leviers de pouvoirs qui n’actionnent (on le voit avec Hollande, que si l’on est crédible). Marine le Pen peut-elle obtenir le grand fauteuil ? Visiblement pas. Mais pire pour le FN, même si elle l’obtenait, ce serait en représentante d’un courant de pensée mort-né, usé. Qui a montré toutes ses limites, d’une révolte pour les nuls dans cette finale des nuls. Celle de deux formes de marketing politique, celui des puissants qui vont prouver que la pub pouvait acheter même L’Elysée et celui de le marketing de peur, de la misère morale et mentale, du FN.

Ces 7 millions disent aux uns que nous n’acceptons pas la destruction de la planète et 9 millions de pauvres, la médiocrité générale du monde qu’ils vendent, et aux autres qu’affirmer cela, avec culture et intelligence, c’est cela la France, pas d’opposer les gens entre eux pour qu’ils se détruisent. Qu’affirmer tout cela est notre fierté !

Merci encore Mélenchon !

Ne sois pas déçu, même si tu es épuisé. Il n’y a pas de Grand Soir, même pas pour l’Elysée, pas de but ultime à atteindre dans l’histoire. Juste des gens qui a un moment se responsabilisent, ouvrent une voie, posent un acte fort, le payent au prix fort souvent aussi. Cela pour que d’autres aient sentis en eux une fierté et sentent le besoin ensuite de se demander ce qu’ils vont, peuvent ou doivent en faire.

C’est ce que tu as fait, c’est ce qu’ils ont commencé déjà.
Bravo et merci.

Langlois-Mallet

Par parenthèse, une pétition a été lancé en ce sens. Je vous mets le lien en-dessous. J’ai signé.
https://secure.avaaz.org/fr/petition/M_JL_Melenchon_et_toute_lequipe_de_campagne_de_la_France_Insoumise_Un_enorme_MERCI/?aaAnVbb

Premier Tour. Où l’on reparle du drapeau blanc… §;-)

Bon ? On se la fait cette p’tite n’alyse de cette soirée d’élections… ?

Nous, nous étions chaleureusement au Lou Pascalou (par parenthèse, j’ai oublié ma sacoche là-bas…). On a vu comme vous le système exulter dans l’agitation des petits drapeaux Made in Taïwan distribués à la hâte. L’étudiant en commerce à la chemise (blanche forcément, ouverte forcément) dire qu’il vivait une expérience « trop forte » et la journaliste-précaire en extase qui semblait ne pas vouloir retirer la main de… Bref, c’est la fête !

Le petit épargnant qui ne veut pas voir baisser ses actions, même si sa fille fait un cancer, même si sa femme est dépressive, même si son fils est perdu entre les écrans et quelques potions pour oublier, a voté. Majestueux. La démocratie représentative, c’est son règne, non ? Pas question de prendre le moindre risque en voyant le cours des actions familiales indexées sur l’Euro baisser ! Macron est son prophète. Les initiales du télévangéliste brillent dans les directs devant la maison mère de son mouvement. Brigitte sert des louches. Tout brille, tout sent le botox, l’artifice de com’, la notoriété marketing, le media-planning. Peu importe. Ça Marche !

Une sorte d’Airwick politique…

Voilà. Ce sont ces 20 % de clients des promos d’hyper qui vont faire la loi, parce qu’à partir d’un certain nombre de couv » de magazine. Ben, ils achètent. En face, la bêtise et la médiocrité de l’adversaire idéal-adoré, le FN, offre une sorte d’assurance-vie au système. Quel pied d’avoir des méchants si stupides et repoussants ! De quoi être les bons, les winners jusqu’au bout de la nuit…

En attendant le système se relance. Même s’ils sont désormais tous regroupés sur l’iceberg. Les pingouins ministrables ont de plus en plus chaud… Et, à voir les têtes déconfites de certains, il n’y en aura pas pour tout le monde. La disparition du bipartisme de la politique unique, pour le monopartisme à un coût… Vraiment dommage que la torpille Méluche soit passée si près !

La gauche annule la gauche

Comme prévu, l’opposition s’est annulée. La gauche pour se réinventer devait en appeler au peuple. C’est ce qu’à sût faire Méluche. Rajoutez ses qualités personnelles et une équipe qui mouille le maillot et vous aurez le succès de la France Insoumise. Merci à eux pour cette campagne. Mémorable. Mais c’était sans compter sur transformation qui faisait l’impasse (pouvait-il en être autrement ?) sur son encadrement. Le clergé de la gauche menait campagne parallèle. Non plus pour gagner, mais au moins pour faire perdre. Et prouver qu’il faut passer pour lui. Par les réunions interminables, les faux accords sur les programmes (qui valident en fait les distributions de postes et de circo), bref la bonne tambouille. Celle qui fait qu’au nom (de la main) sur le coeur de la gauche, on assure surtout à ses gamins la bonne place dans la compétition et au conjoint, le petit confort sans quoi la vie perd sa saveur. La gauche, il y en a qui en vive, merde !

Donc pas de deuxième tour Méluche Macron qui aurait valu cher. Je reste orphelin du débat de 2e tour ! Comme le vieux prof se serait gentiment offert le jeune trader, qui saisit les opportunités professionnelle (l’Elysée…) sans conscience. Car la suite est écrite. Il l’a dit lui-même « je ne resterai pas en politique » Ce qu’il faut en comprendre ? Limpide.

L’usine France a trouvé repreneur, le plan social se prépare

Macron, récupère une boîte mal en point. Comme Bernard Arnaud, Tapie ou n’importe quel autre. Passer les flonflons du bal, sa mission est de dégraisser. Et la graisse, c’est vous. D’une manière ou d’une autre. Il va donc planter la boîte France. Mais pas de soucis, c’est ce que les actionnaires qui l’ont mis là demandent. A lui le parachute doré. Les stock option. Puis il délocalise. Les « ouvriers-électeurs » se démerderont comme ils peuvent. C’est la loi du marché… Et comme le plan social aura été impopulaire, il restera juste à le délocaliser. L’exfiltrer vers des conférences bien payées. Un poste en vue dans une institution internationale. Ou un paradis fiscal.

Ouvrant la porte à un électorat plus que jamais en colère (saine ou aveugle) pour gérer le désastre, écologique, économique etc.

Alors voilà. On est là. Il y a les législatives qui viennent et l’on va se battre. N’oubliez pas que les Hamon, les Duflot et tutti viennent de vous planter gravement pour leurs petites carrières. Avec de pseudo prétextes vertueux. Un mot là-dessus ? Sur l’espèce de plan bisounours hallucinant que nous a fait la campagne Hamon ?

J’ouvre une grosse parenthèse donc…

Ils n’ont pas considéré l’intérêt général, mais leur besoin. Celui de se refaire une virginité. Cela fait depuis la fac, depuis le MJS et l’UNEF-ID qu’ils trempent dans des magouilles et des petits arrangements avec pour but de ménager leur accès au pouvoir. Et puis, comme ce sont quand même des gens conscients, au fond d’eux monte une marée de nausée. Quel monde offre t-il à leurs enfants ? Je suis certain que Hamon n’est pas un personnage haïssable. Qu’il couche ses enfants le soir, comme il l’a un peu mis en scène, et qu’il veut sincèrement être (aussi) un héros pour eux. Alors voilà, cette campagne, c’était l’occas de la pureté. Le PS était grillé et il fallait se refaire une virginité, ce qui tombait pile avec ce besoin de vivre autre chose. Un truc comme le revenu universel par exemple. Mais attention, un truc de gentils. Sans adversaire au bout. Sans argent pris comme le méchant Mélenchon (qui fait peur tout de même) au 1% des milliardaires. Idem, une écologie sans méchants, sans être l’adversaire de l’industrie chimique ou nucléaire.

L’Ile aux enfants, paradis pour Casimir du FN ?

Les complices de cette Ile aux enfants, pour les post-ados qui refusent de grandir, c’était bien sur les cadres Verts. Usés jusqu’à la corde par les compromis, les arrangements et dont le manque de scrupules personnels s’étale à chaque remaniement ministériel. C’est d’ailleurs ironique de voir, pour moi et mes copains (qui le portions à l’époque, il y a 20 ans) que les mêmes Verts avaient tué ce le « revenu d’autonomie » quand leur jeunesse le portait… Comme les anciens MJS, apprentis attachés parlementaires eux, les Hamon and co, enviaient, fascinés à l’époque, nos « utopies » eux pour qui la politique se limitait à la quête « des postes » et « des places » (au nom de Jaurès oeuf corse).

Voilà. On est victime de tout ça ce soir. De ses histoires. De ce besoin de pureté qui amène le pire. Bref, on perd et les pires sont en lice pour le 2e tour avec une question dégueulasse sur toutes les lèvres « qu’est-ce qu’il vaut mieux voir à l’Elysée du petit trader, ou de l’héritière du manoir fantôme, plein des peurs et des fantasmes de l’extrême-droite qui ont dû la terroriser enfant ? ».

Libéralisme sécuritaire, ou autoritarisme libéral ? Ben… Et si j’ai piscine…?

Le pire de cette réponse ? C’est que la différence n’est pas énorme. En tout cas qu’elle se réduit. Le culte du profit des actionnaires de Macron le jeune, ne peut se maintenir, vu la misère qu’il crée partout, qu’en durcissant de plus en plus la répression. Le cool-power mondial, le sera de moins en moins.

Quand à l’héritière des brutes, elle ne peut remettre en question ni cette quête folle du profit qui détruit toute vie locale, réelle, ni penser un avenir écologique ou solidaire. Plus de fric pour les mêmes égal forcément plus de répression pour tous (et inversement).

Alors ? Ben… Un président détestable, il nous attend, ce n’est pas la fin du monde. A condition de s’y soustraire mentalement. Ensuite, de mener la bataille pour la dernière redoute, même si elle sera peut-être perdue, elle n’est pas vaine : les législatives qui sont la bataille pour le choix du gouvernement (celle qui compte en fait). Et puis voilà, reprendre ou ne pas lâcher les autres, celles du quotidien : du quartier, du travail, de la rue, de la vie… Elles ne sont pas tout, comme le croient les autonomes, les anars, elles sont aussi.

On repart juste beaucoup plus forts (merci encore à Méluche !) mais toujours aussi défaits (vive la Commune enfant !). Merci à Méluche aussi (et combien) de ne pas s’être rallié à Macron. Merci pour le référendum. Je voterais blanc, comme mon bulletin de deuxième tour. Et je vois les mauvaises langues dire que cela ne déplait pas à mon côté vieille France… Eh ouai !

Langlois-Mallet

Fabulette. Le Jour J

La chose avait mis du temps à se décanter et puis, une nuit dans son lit, il s’était levé en sursaut : Mélenchon !
Une évidence !

A partir de cet instant, le mois qu’il restait avant l’élection devint un refrain le jour, une comptine pour ses enfants, un mantra sous la douche, une berceuse le soir… Mé-len-chon.

Il avait saturé le répondeur de sa grand-mère sourde et les réseaux sociaux aussi autistiquement penchés sur leur candidat que lui, appris à écrire les fameuses syllabes à sa petite nièce de 6 mois, retourné son carnet d’adresse en tout sens à la recherche de la moindre brebis non encore prêchée, mis des autocollants sur son réfrigérateur, s’était brouillé méthodiquement avec tous les (traitres) Hamonistes de sa connaissance, collé des affiches dans tout son quartier, rompu avec sa maitresse Macroniste, fait la chasse à tous ceux qui écrivaient avec un A, bu le coup avec tous les pochtrons des environs pour les convaincre de miser sur le rouge Mélenchon, Mélenchon, Mélenchon…
Mélenchon était devenu un personnage familier, une sorte de colocataire qui habitait moins chez lui que dans sa tête (ce qui était plus pratique pour discuter ou s’endormir ensemble).

Mais enfin le jour J était arrivé

Cheminant dès potron-minet vers le bureau de vote, il se répétait… Mélenchon, Mélenchon, Mélenchon, Mets l’enchon, Mets l’enchon, Mets l’enchon… Il se demandait ce que pouvait bien être un enchon d’ailleurs. L’idée lui venait que c’était une sorte de calamar. Mais pas de toute, l’enchon allait dans l’urne et lui allait l’y mettre.

Il entra le premier dans l’école du quartier. Les policiers chargés de monter la garde n’étaient même pas arrivés. Les petits papiers blancs, avec les noms en noirs des candidats, au garde à vous, attendaient sagement sa main. Il prit un plaisir certain à les cueillir un à un. Jusqu’à ce qu’apparaisse : Mélenchon !

Tirer le rideau de l’isoloir, comme s’il s’agissait de faire un test médical, lui fit en revanche une curieuse impression. Voilà un mois qu’il clamait à la création entière Mélenchon. Et au moment de faire juste ce qu’il disait, il fallait se cacher ? Il plia sagement le bulletin, le glissa dans l’enveloppe. Et l’ouvrit. Trois ou quatre fois de crainte que le bulletin d’un autre se soit glissé. Puis ce fût l’instant triomphal. On proclamait son nom et lui laissait choir la foudre jupitérienne de sa décision. « A voté ! »

Il fût presque surpris en sortant de ne pas avoir entendu « A voté Mélenchon » L’air était frais et la sérénité du devoir accompli. Tout en marchant, la petite voix de sa conscience chantonnait toujours : « Mets l’enchon, Mets l’enchon ». Et les affiches électorales fièrement sur les murs répondaient : « Mélenchon, Mélenchon » Il se répétait en regardant les grosses lettres, Mélenchon, Mélenchon… Lui l’avait mis. Un peu comme quand gamin, il décochait à la dernière minutes des prolongations cette fameuse volée dans la lucarne gauche du gardien, celle qui faisait gagner la Coupe du Monde à son équipe, celle que les télés passeraient des années durant…

Il regardait avec complicité ce petit papier blanc dans ses mains qui lui renvoyait aussi les lettres de la victoire : Mélenchon. Un peu comme un bulletin gagnant de loto collectif… Mais le sien. SON bulletin de vote. Ce petit papier aussi répétait en Helvetica noires ce qu’il voulait entendre : Mélenchon, Mél…

Ce… Ce… Bulletin ! Ce bulletin ???? Mais… Mais… Qu’avait-il donc mis dans l’urne ? Mais, mais… l’enchon… de quelle espèce ?

Langlois-Mallet

2017, Révolte paradoxale à la Française

C’est chouette, on a la possibilité de réentrer dans l’histoire, après ces décennies déprimantes. Je me demande comment on appellerait ce moment, plus tard… La libération citoyenne, la libération populaire ou un truc dans le genre.
Ce qui m’aimante le plus, c’est la conscience que plusieurs digues sautent en même temps.

– Celle d’une révolte démocratique contre les cadres politiques d’abord, avec l’abattage systématique de tous leurs candidats depuis quelques mois, de Duflot à Valls, de Hollande à Sarko. Un phénomène où je vois un mouvement bien plus profond que l’humeur dégagiste du moment; une remise en cause de l’aristocratie républicaine qui s’est coulée dans les palais et dans les privilèges déjà injustifiés de l’ancienne noblesse. Pour elle, qui parle au nom du peuple souverain sans en être, le référendum bafoué aura été l’erreur de trop. Tout un système politique à refondre, un contrat social à revoir… Je ne vais pas redire ici que le sujet qui s’agite dans les tripes de la société, ce n’est pas l’abolition du président (pour ressusciter le parlementarisme ??) mais l’émergence d’un vrai espace politique citoyen autonome et parallèle, à l’Assemblée et au président (et puis zut, tiens, je l’ai redit).

Une poussée sociale inespérée

– Une poussée sociale et une parole de gauche très forte se manifeste (Méluche, Arthaud, Poutou, Hamon, voire Cheminade) avec en face d’elle, le quasi candidat unique du système (du parti de la presse et de l’argent, ou de l’appelez-le comme vous voudrez), fabriqué de com’ jusqu’à la caricature. On laisse aux libéraux la «  »gauche » » de com’ et ses thèmes sociétaux et on revient sur le fond, le social, le partage. C’est l’irruption des thèmes du réel, du quotidien de la majorité des gens, dans un débat politique dont ils sont poliment exclus en général. Prime à Mélenchon et à ses réunions publiques en forme d’éducation populaire, en prise avec les réalités du travail, du logement, de la santé ou de l’éducation.

Le salut souverainiste

– Enfin comme réclamé sur cette page, à corps et à cri (et à contre-courant), la révolte indépendantiste. Si la révolte de la société française n’a pas lieu comme annoncé par le FN, c’est grâce à la puissance de tir souverainiste (Re-Méluche il couvre plusieurs cases, d’où son succès, Dupont-Aignan, Asselineau) qui conduit le nationalisme à la panne sèche.
Il s’agit d’abord pour eux de rappeler que la politique se décide ensemble et ici, c’est l’héritage même de la République. Alors que le nationalisme repose sur une confusion entre politique et culture, c’est une inflation émotionnelle qui n’a plus lieu d’être quand on redonne du sens au collectif et à la politique (et pas quand on crire FN-Nazi).

Le retour de la France

Cette révolte d’une certaine identité française, est l’autre aspect de ce qui se joue. Beaucoup de gens se souviennent qu’être Français cela peut et doit être autre chose que ce que nous subissons depuis lurette dans cette direction libérale. C’est une fierté, une parole forte et indépendante dans le monde, une remise de l’argent et de notre propre intérêt même à leur juste place et la priorité donnée à un élan émancipateur, portant des valeurs fortes et universelles, quelque chose d’arrogant peut-être, comme Surcouf ou Cyrano, mais tant mieux. Toutes choses qui dans la deuxième moitié du XXe siècle ont pu être parfois plus sensibles à droite qu’à gauche, sous le vocable de gaullisme, mais à condition de se souvenir que la Résistance regroupait des gens de partout, des communistes aux royalistes.

Une élection à portée mondiale

Ce qui est en jeu ici, est en effet une question monde. Partout la crise d’opposition au système libéral se fait par le nationalisme (et l’on voit avec Trump en fait qu’il s’agit plus d’un prolongement). La France peut-elle porter une alternative ? Montrer une autre voie ? Pour cela elle est donc obligée à la fois de puiser dans ses fondamentaux et de régler ses propres crises.

Là encore, merci à Jean-Luc Mélenchon de s’être affranchi —au moins dans le verbe, on verra peut-être (ou pas) dans l’action — du corset de fer de cette gauche des cadres (individualiste et paresseuse, internationaliste inconséquente, moraliste et inerte) et d’avoir su comprendre la nature de ces mouvements de fond du corps social pour camper solidement à leur carrefour.

La revanche du référendum

Si quelque chose de très fort bouge dans les jours qui viennent, c’est que cette greffe de plusieurs révoltes dans un nom aura pris, malgré le tir de barrage du système, comme effectivement pendant la campagne du Référendum, que Mélenchon aura su l’incarner.

– Preuve que, contrairement à ce que disent les éditorialistes, il y a bien un thème dominant à cette campagne : la souveraineté populaire et le match retour de la saloperie que les cadres politiques nous ont fait en s’asseyant sur le vote du peuple souverain.

– Preuve aussi du lien indissociable qu’il y a en France entre un peuple et un homme dans les moments de crise et de dénouement. Que s’il ne saurait être lui-même, ni la politique, ni la République, ni la démocratie, il leur est indispensable.

– Preuve donc à contrario de l’inanité de la proposition phare du candidat phare de l’élection 2017, la suppression de la « monarchie présidentielle » alors qu’il lui devra tout… Même si ce ne sera pas la première fois qu’un mouvement dépasse celui qui le porte, ce n’est pas le moindre paradoxe de notre élection paradoxale !

Langlois-Mallet

Présidentielle. Une 2017 « prévisible » nationalisme v/s Libéralisme ou une « explosive » sous effet Méluche ?

Si je devais résumer le débat français à des amis étrangers, ou proches un peu décrochés, je dirais que, comme un peu partout dans le monde, les politiques de droite et de gauche ayant convergé vers une politique unique, l’axe de gravitation se déplace de façon prévisible vers une opposition entre nationalisme et libéralisme (la décrépitude des anciennes formes étant incarnées par Fillon et Hamon auquel se substitue la nouvelle opposition par l’axe Macron/ Le Pen).
 
Mais la singularité française s’exprime dans ce concert global, avec Mélenchon, qui disjoncte le débat en posant d’autres catégories entre le national et le global (comme par exemple la prise d’impôt sur les exilés fiscaux), posant par avance la critique que le nouvel axe libéralisme – nationalisme aboutira aussi à la même politique donc à la même déception (puisque le libéralisme ne peut se maintenir qu’en durcissant sa politique répressive et que le nationalisme laissera de côté la question de l’hyper-classe globale, qui continuera à pomper et la possibilité de vie de la planète et le budget des états, dont la dégradation des conditions de vie).
 
Fragmentation
 
Cet effet Méluche opère donc sur l’axe Macron-Le Pen, le même effet que Le Pen sur l’axe droite-gauche, un éclatement. La France passe ainsi très vite du bi-partisme à la tripartition de sa vie politique, puis aujourd’hui à un jeu d’au moins cinq familles antagonistes, c’est à dire à une pluralité dans un système électoral majoritaire, conçu au contraire pour construire des majorités claires.
 
D’où je déduis qu’il n’y aura probablement pas de vainqueur à la présidentielle. Car quel que soit formellement le gagnant, il sera dès le soir de son élection minoritaire dans l’opinion, et ne pourra pas trouver de majorité au parlement. Nous allons vers un blocage, car ce qui est contesté n’est pas seulement la politique unique du social-libéralisme, mais l’idée même d’une politique unique. Ce n’est pas l’élection du président qui a vécu, c’est le système majoritaire qui est en état d’obsolescence programmé.
 
Mise à mort non du président, mais du fait majoritaire
 
C’est à mon avis tout l’enjeu de la sorte de ligue qui se fait de partout dans le rejet du social libéralisme. Non pas tellement qu’il y ait un projet commun entre contestataires de droite, de gauche, d’extrême-droite, de l’écologie, des laïcs, de croyants (encore moins des amalgames possibles pour répondre au débat du matin). Mais simplement que la mise à mort de la politique unique est la condition d’expression et d’existence pour des sensibilités très diverses.
 
La politique unique (dure aux faibles sur le plan économique, extérieure à l’hyper-classe sur le plan fiscal, individualiste sur le plan des valeurs, moralement élastique sur les pratiques, mais donneuse de leçons sur le plan du verbe) n’étant plus le compromis acceptable pour vivre ensemble. Là encore, je ne pense pas qu’une autre famille fasse concensus demain, que ce soit les néo-religieux, ou les laicards, les nationalistes ou les écolos… Mais plutôt qu’il faut aller à l’assemblée vers un système de négociation de politiques à géométries variables, où les alliances se composent et se décomposent en fonction des grands sujets : économie ouverte ou protectrice, morale individualisée ou commune etc.
 
Ce pourquoi la question n’est pas de supprimer la fonction du président de la République comme le croit les Méluchiens, mais de la faire évoluer et surtout de faire évoluer l’Assemblée Nationale et le fonctionnement même de la politique pour redonner place à la complexité face au simplifications, à la négociation face au rapports de force, aux citoyen-nes face à l’élu etc.
 
La politique française ainsi n’est pas un simple copié-collé de la politique globale, la deuxième manche de la bataille Trump-Clinton, mais une aventure passionnante à usage du monde et des dauphins.
 
Langlois-Mallet

Franchement ?

Je n’ai pas d’intérêt particulier chez l’un plus que l’autre. Je me tiens à distance des factions, des partis, des groupes de pouvoir divers pour lesquels je n’ai pas grand goût ni estime (je parle de la médiocrité de leur production collective, après il y a des gens que j’aime).
J’ai d’ailleurs assez fait la gueule que la candidature de rupture nécessaire soit celle de cette vieille ganache de Méluche (j’aurais adoré qu’une nana nouvelle et décapante émerge). Mais je fais avec la réalité. Et la réalité, c’est que le meilleur candidat est Mélenchon, tous ses défauts pris en compte.
Hamon est sympathique et je suis même plus proche de lui sur certains thèmes, comme la nécessité du revenu universel. Mais ce n’est pas lui faire injure que de constater que ce n’est pas son heure.
Ni du point de vue de la gauche, qui doit se réinventer en tournant cette calamiteuse page PS ouverte par Mitterrand, de dissociation du discours et des actes, de la morale et de l’action.
Ni du point de vue de la France qui demande une personnalité capable d’une transformation, d’une transmutation inédite, susceptible de rassembler des familles antagonistes comme jamais. Ce qui n’entre pas dans le cursus ni les compétences d’un aimable bureaucrate d’appareil.
Ni au plan international. Ou il faut quelqu’un qui puisse aller porter l’interet universel écologique en même temps que la parole de la France dans la cour de Trump et de Poutine. Car telle est la réalité des rapports de force, loin des petits équilibre de courant entre députés Verts et Hamonistes…
Hamon à tout l’avenir pour lui, et tout intérêt à s’inscrire dans cet avenir comme celui qui capable de faire passer l’intérêt collectif avant le sien. Il serait sage qu’il rejoigne la meilleure campagne, celle en tout cas d’un Mélenchon dont l’heure est venue.
Langlois-Mallet

Macron : parachutiste doré du social-libéralisme !

Le numéro de bonneteau que nous fait le PS est proprement hallucinant, et je ne doute pas qu’il soit un jour enseigné dans les écoles de marketing. Mécanisme…

Votre produit, appelons-le (Hollande-Valls) est composé à base d’une politique économique (molécule Macron) que tout le monde déteste. Parce qu’il a pour effet d’appauvrir le sus-dit tout le monde, excepté le 1% qui vit au-dessus de l’impôt. La marque a été vendu pour son effet « Robin des Bois » et elle a l’effet contraire, voler tout le monde pour donner aux riches.

La recommandation des consultant est donc simple : « vous allez scinder la marque en deux. » Le public connait la marque, mais lit très peu la composition. Donc vous lancer le Macron comme un produit « neuf », jamais essayé, ce qui vous permettra d’écouler vos vieux stock; à grand renforts de unes de Paris-Match et autres bien sur. Et vous remettez sur le marché le vieux produit PS sous une nouvelle étiquette (le Hamon), pour le laisser mourir de sa belle mort, entendu que son marchandising permet encore de contrer l’émergence d’une marque concurrente (le Méluche), en occupant du linéraire de rayonnage.

Vous aurez ainsi à base d’un même produit, la marque sacrifiée et la marque star. A la faveur d’un incident industriel de vos concurrents les plus sérieux ça peut marcher… En Marche d’ailleurs, ça fait slogan ! Le directeur de la marque les Rép justement qui commercialise sous une étiquette triste, exactement un même produit , à base de la même molécule économique « de rigueur » pour tous et d’enrichissement sans fin pour très peu, se trouve pris dans ses errances personnelles qui tombent bien. Pendant qu’il se débat face à ses problèmes judiciaires, il ne reste qu’à envoyer la seconde fusée médiatique (des instituts de sondage) qui annoncent que le match est tué et qu’il n’y a qu’une seule marque star : votre vieux produit tout pourri sous sa belle étiquette brillante !

Entre-temps, tous vos actionnaires et principaux cadres auront bien sur rejoint l’usine flambant neuve du vieux produit dont personne ne veut sous étiquette moderne et rutillante. Ainsi les députés auxquels vous teniez, parce qu’il avaient servi votre politique détestée, retrouveront une deuxième jeunesse et probablement leur siège. Vous laisserez vos députés contestataires agoniser à l’extérieur, dans une bataille pour contrôler les murs et le passif de la vieille usine. Vive la dette !

Langlois-Mallet

Pourquoi Méluche doit vexer la Gauche

La gauche et toutes ses tribus… Les employés de l’industrie syndiqués, les profs grognons et laïcards lecteurs de Marianne et qui se reposent sur Télérama pour piloter leur culture, les activistes des droits des minorités assoiffés d’absolu ou silplement d’excès, les expérimentateurs écolos, les précaires en colère… bref, beaucoup de familles qui, pour une bonne raison ou plusieurs, peuvent trouver leur compte à la candidature Méluche.
S’y ajoute les gentils, pas trop conséquents, qui rêvent que tout change mais à condition que rien ne bouge de leur petite vie, qui pour la plupart ont trouvé en Benoît un grand frère rassurant. Un chef scout pour bivouac politique parmi les loups.
Et puis les autres… Cette famille sociale libérale qui squatte depuis Mitterrand la direction effective de la gauche et les places de pouvoirs au nom de quelques principes de plus en plus éloignés de ses actes. Une sorte d’agence de com’ qui tient de Mai 68 par la proclamation, et du cahier saumon du figaro pour ses valeurs réelles. Celle là qui se vautre avec délice dans l’idée que Macron, le saint patron de son business, se dresse comme le rempart au mal. Absolution morale et business… Le Graal !
C’est justement parce qu’il s’agit de battre cette «  »gauche » »-ci et de tourner la page de 35 ans de reniement, qui ont fait de l’obscur groupuscule FN le premier parti de France, que Mélenchon doit inventer autre chose. S’il veut être celui – là.
Car la gauche dans un pays de droite ne suffit pas, surtout quand celui – ci est plus que tenté par l’extrême -droite.
Dans un contexte où la dialectique gauche – droite s’efface au profit d’une autre haut – bas, souveraineté – mondialisation, fermé-ouvert, voir fric – écologie au mieux… Il faut être capable de réunir bien d’autres familles : gaullistes sociaux, chrétiens solidaires, immigrés fragilisés, humanistes raisonnables, travailleurs indépendants, artisans et petit patrons, jeunesse, gens de bonne volonté et actifs divers qui ne veulent ni ne peuvent se reconnaître dans un président corrompu, ni dans les extrêmes du libéralisme de Macron ou du FN.
Parce qu’une élection présidentielle à un tour ne permet pas de rassembler sa famille, puis de recentrer son discours; mais qu’il ne peut être question ni de trahir les uns, ni de manquer des autres, il faut innover. Prendre le trou, comme au rugby. Et inventer. Une autre articulation des catégories politiques qui permette à la fois d’être ensemble face à la mondialisation, d’être contre sans se diviser. D’être « pour » en fait.
Comprenez, je vous aime bien, petites tribus de gauche sincère. Mais je souhaite que Méluche vous vexe. Vous bouscule sur vos certitudes pour qu’il ne vous flatte pas, comme Mitterrand.
Langlois-Mallet

Les Ami-e-s, un petit mot de politique et je vais lire mon Murakami pénardou en terrasse (parce que ce thème des « Hommes sans femmes » me parle bien. J’en suis encore à me demander comment un homme qui a toujours vécu sous perfusion du monde féminin, les regardant à la fois comme plus nécessaires « più del pan che mangio, più dell’aria che spiro ! » ou des Jeanne d’Arc casquées, en est parvenu à cette défiance intérieure, cette incrédulité tintée d’ironie et de déjà vu. Oh, bien sur, la marionnette en moi, les regarde encore comme un gamin une vitrine de Noël… Mais bon.)
Donc plus sérieusement. Mon intime conviction, vous la connaissez. Il y a une seule et unique chose absolument sérieuse. C’est l’extinction du vivant sur cette planète du fait de notre action et pire, de notre inaction.
Nos vies d’adultes ne valent pas grand chose — comme ces jeunes gays qui pourraient guérir du SIDA mais ne parviennent pas se dire s’ils méritent de vivre, comme dans un lien que j’ai croisé ce soir; comme quoi, l’identité est indispensable pour faire, mais ne sert à rien pour vivre — contrairement à ce que nous dit la culture de consommation-libérale-individualiste dans la nous baignons et qui est sans doute une des plus anti-humaine qui soit. Nous redécouvrons peut-être, ce que nos ancêtres savent depuis la horde primitive, depuis cette immense errance nomade des hominidés, ou depuis la défense à mort de la terre-mère des sédentaires; nous ne vivons QUE pour ce qui vient après nous. Même pas pour eux, mais pour nous. Parce que c’est notre seule dignité et donc ce qui peut nous fonder et donner un sens au retour des jours dans la noire immensité des ciels infinis.
Tu me diras : « c’est joli », mais ça ne dit pas grand chose de pour qui voter et donc des robes de Fillon (car il parait qu’il a une garçonnière où… » Mais non. On a dit que ça ne suffisait pas… Il doit rester une icône catho demain, comme hier, un ascète à l’imitation désirable. Oui, on a dit qu’on parlait politique.
Oui, politique donc. Donc je ne peux humainement m’associer qu’à un président qui rompe avec ce cycle que vos enfants apprennent en 6e et que vous ne comprenez pas; 80% de l’énergie consommée qui détruit la vie sur Terre et une population qui explose avec ses mêmes besoins (et peut-être 8% d’énergie durable pour la com’). Pas avec un adolescent fasciné que sa rapidité mentale, sans conscience, gravité, ni profondeur, lui ouvre la porte de tous pouvoirs à condition qu’il chante la chanson qu’on lui a apprise : accélérons !
Je pourrais à la rigueur voter, lors d’un 2e tour, pour celui qui arrivera 6e… Celui qui ne tire aucune conséquence de ce qu’il sait qui puisse remettre en cause la stabilité de son quotidien. Le candidat gentil, des gentils… Mais qui veulent surtout que rien ne change de leur vie, un peu insignifiante, mais assez confortable. Mais pour tous les autre, ceux qui hurlent « Plus de fric ! » ou « Moins d’étrangers ! », ce sera peut-être, probablement même, la réalité que vous choisirez, je le respecte. Mais ce sera sans moi soyons clairs.
Cela dit, j’accepterais, car je suis légaliste et plus cohérents que les différents perdants aux primaires, car j’appartiens depuis la nuit des temps, toutes les aventures de mes ancêtres, à un peuple et je serais solidaire, jusque dans le suicide. Je ferais même plus, je regarderais toujours d’abord le positif, comme avec Hollande au début.
Si vous voulez Macron ? Je me dirais, bien. Ce peuple veut jouer la carte de la confiance dans ces élites dont il est pourtant évident que les choix nous détruisent à leur profit. Misons sur je ne sais quel changement…
Vous voulez Le Pen ? Je comprends que l’angoisse du vide ou roule l’humanité, amène partout les peuples dans un réflexe de survie à se regrouper sur leurs tribales certitudes. Alors qu’il est évident que le tissu de la France même, multiple, se perdra en déchirures. Misons sur je ne sais quelle force positive qui résulte de cette affirmation infantile…
Vous voulez Fillon ? Passer outre la corruption individuelle et le mensonge brandi en étendard, passer outre la promesse de souffrance des plus faibles pour un regard prostitué aux plus aisés ? Misons sur le temps et la patience et l’acceptation de ce qui viendra… Amen. Que votre volonté soit faite.
En attendant, je n’aurais voté moi, pour rien de cela et ne serais pas comptable d’une illusion ou d’une compromission.
°°
L’écologie est le sujet. L’autre question est la souveraineté. Parce qu’il s’agit d’une élection présidentielle. Et donc que c’est la définition même du chef de l’Etat que de garantir la souveraineté, c’est à dire l’indépendance de la France, sa liberté de parole (cause culturelle, cause sacrée !) et tant que faire se peut sa liberté d’action (c’est à dire sa liberté, son rayonnement et sa grandeur). Je ne peux donc voter à une présidentielle (ce pourquoi je vous bassine avec ce thème, comme avant avec d’autres et, preuve que j’ai le nez creux dans mes obsessions, ce sera le thème central de cette élection en témoigne l’avalanche de candidats souverainistes : dans le danger vital du monde, décider soi-même ici entre nous quitte à prendre les mauvaises décisions, ou laisser le système global gérer notre sécurité. Mon expérience personnelle des situations de survie depuis le plus jeune âge m’inclinant radicalement à se faire confiance pour gérer par soi-même quel qu’en soit le prix. Et l’impression que la France nous crie, comme dans la chanson qui passe là ce soir là, par hasard, comme l’enfant que j’étais à cette petite fille dans la nuit « Ne m’oublie pas ! »… Moi, je n’insiste pas, j’te connais par coeur ! etc.
Voilà. Je n’aime ni ne mésaime Mélenchon, auquel je n’ai serré la main qu’une ou deux fois. Le fait qu’il soit désagréable par certain côté ne me paraissant pas incompatible avec la fonction. Je ne cherche pas, contrairement aux électeurs de Hamon un pote qui me ressemble (vous avez besoin d’amour ou qu’on vous dise que vous êtes des gens biens ? Vous n’en êtes pas persuadés par vos actions et vos choix ?)
Je peux faire le catalogue de mes doutes et de mes critiques (pointues comme ma langue, vives comme ma pensée). A commencer, contrairement à ce que l’on dit, de ne pas assumer assez. L’aventure radicale qui consiste à être seul face à un peuple et assumer, non pas la botte en touche d’une 6e République, concession que le peuple ne demande pas, mais gage que demande une gôche qui confond les espaces politiques, celui de la présidentielle et celle des législatives – mais au contraire la prise du pouvoir pour faire ce que l’on croit.
Indépendamment de toutes mes réserves et de toutes les vôtres, il est le seul qui se tient là, debout, à la confluence des ces deux questions essentielle, celle de la cause humaine, l’écologie, et celle de la fonction présidentielle, la souveraineté. L’histoire de France à son meilleur ayant toujours été depuis St Louis jusqu’à Louise Michel, dans cette rencontre entre l’universel du temps et le réel du lieu.
Il y aurait, il y a sûrement mieux que lui. Mais voilà – « Lui » et j’aurais aimé « Elle », ne s’est pas montré – donc dans le choix des 8 ou 10 ce sera lui. Et après basta. Rien d’autre et sûrement pas au chantage sous le feu roulant de leurs médias. Peut-être simplement en écoutant l’avis de gens à la vie exemplaire (ils ne sont pas légion) ou à la position plus exposée que la mienne (je pense aux enfants d’immigrés).
Cela n’empêchera pas d’ailleurs une appréciation différente lors des législatives, qui sont la vraie élection politique intérieure, celle qui compte quoi qu’on l’oublie une fois réglée la symbolique du monarque. Après avoir choisi celui qui me convient le mieux, je voterais à l’inverse au deuxième tour pour le candidat de la gauche, même détestable. Même PS, parce que ce sera alors une question de défense. Et si vous voulez le fond de ma pensée, beaucoup de Français-es feront comme moi. D’où il résultera que l’Assemblée ne sera sûrement pas de la couleur du Président. D’une façon que l’on peut supposer Macron-Le Pen d’un côté et droite de l’autre.
Enfin, soyons complets je vous prie, que rien ne ressemble jamais à un ralliement, mon choix sera encore différent aux municipales, sûrement comme la dernière fois. Le plus radical et populaire possible au premier tour (Front de Gauche), dans l’espoir que le peuple de Paris ait le millième d’un espoir de voix dans un système qui l’interdit de fait; et très probablement NKM au second. Car, outre mon amitié et mon admiration personnelle pour ses qualités, je pense la rupture nécessaire avec le libéralisme municipal et la possibilité d’une autre alliance pour les quartiers.
« On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment », fort bien, je suis rodé depuis le temps, y compris aux amitiés inconstantes. Mais, outre mon point de vue, qui repose, qu’il vous corresponde ou non, sur quelque chose de solide, entendez du moins mon indépendance radicale.
Langlois_Mallet