Gilets-Jaunes. Macron : La marseillaise comme chant du départ

Redéguisé en Père-Noël ce soir, Macron peut bien, après le feu, mettre les boules à la démocratie, c’est son quinquennat qui sent le sapin.

La faiblesse et la lâcheté s’aboutissent dans la violence. Micron est faible, il est lâche; Mercure s’est fait arracher son déguisement de Jupiter et ses conseiller en com-édie auront bien du mal à lui inventer d’autres nippes pour son Deus ex Machina de ce soir.

Plus dégoûté que surpris tant, depuis le premier jour de sa candidature, je le dénonce comme le pire possible. Je m’étais consolé à l’époque en me disant que la France s’était injectée le virus qu’elle se devait d’affronter. Une bien mince espérance, aujourd’hui comblée…

Je n’en suis pas moins horrifié par cet alliage de la sociopathie du pouvoir et de l’argent, dont l’obstination a tué (dans l’indifférence générale puisqu’il s’agit d’une marseillaise arabe et non d’une bourgeoise du XVIe), fait pleuvoir un déluge de coups et blessures (trois lycéens éborgnés par des tirs à bout portant !) pour ne rien dire de la pluie de grenades interdites en démocratie sans que les médias ne cessent un seul instant, toute honte bue, de nous faire pleurer les vitrines (la palme de la carpette du jour à Florence Paracuelos du journal de 8h de France Inter, ouvrant sur les jérémiades d’une Marie-Ségolène de Bordeaux… qui « n’en peut plus »).

Les milliers d’arrestations préventives, la confiscation des masques et des lunettes (qui ne sont en aucun cas des armes) et les souffrances occasionnées en masse, nous disent que Micron est en passe de changer la nature du régime comme le souligne la Ligue des Droits de l’Homme, que cet homme fait sienne la vision mussolienne de la verticalité : « le peuple est une putain qui se donne au mâle le plus fort. » Gageons qu’il est passé de l’effroi à la jouissance.

Je ne sais pas si la violence et les blessés feront refluer cette colère samedi prochain ou si, invités — par qui devrait incarner la concorde et le dialogue — dans la surenchère malsaine d’une guerre des boutons mortelle, les Gilet-jaunes trouveront la parade vers l’escalade. Ce qui est certain c’est qu’en couvrant le volcan social spontané, après avoir étouffé celui des syndiqués au printemps, Micron, s’il parvient peut-être à étouffer un temps son grondement, nous prépare la déflagration cumulée à venir et ses dégâts.

Son quinquennat sali, ensanglanté. Son image de chef d’Etat dans le monde réduite en cendre comme une vulgaire Porsche Cayenne. La « Starup nation bottom-up » et sa fausse coolitude-cynique bloquée en erreur 404; l’orgie vulgaire de Noël et ses processions au Dieu 0,01% de PIB (pardon petit Jésus) arrêté d’urgence sous Prosac. Ses petits soldats LREM du parlement démoralisés, démonétisés, tricards dans leurs circonscription; lui-même quasiment interdit de sortie en France hors des centre villes. Paris enfin, ex-ville populaire révoltée violée, battue, humiliée, dénaturée, annexée par la gentrification, apparaissant aux yeux des télés du monde pour ce qu’ils en ont fait aujourd’hui : le dernier réduit obscène des privilégiés sous protection blindée…

Sont autant de victoires que les « révolutionnaires » en peau de lapin, imbus de lectures mal digérées et goinfre d’excommunication, n’ont jamais été capables d’obtenir; autant de cadeaux que les Gilets-Jaunes ont offert à notre fierté retrouvée.

Thank you Satan !

Langlois-Mallet

 

DtaYFSMXgAA95Cz

Publicités

Nos abribus, pas vos enfants !

Nous, Médiatiques nous levons contre les nazis pour défendre les abribus de tous !

Non à l’inhumanité contre nos Porsche ! Assez de l’horreur des plaques de rue soulevées ! Assez de l’insoutenable douleurs des vitres brisées ! Assez de vous surtout les samedis autour de nos boutiques ! Assez de vous sur nos Champs-Elysées et nos avenues huppées !
Dehors les Romanos !

Nous, politiciens méprisants, chanteurs imbus, humoristes ratés, philosophes de bazar, nous « journalistes » au susucre, nous qui profitons de la dégradation globale pour vous taxer et vous culpabiliser, nous les riches, nous nous levons contre la barbarie !

Nous nous foutons du climat, nous nous foutons que vos enfants n’aient pas de Noël, nous n’avons rien à foutre de votre chômage de merde et de vos problèmes de fin de mois et de votre cancer à la con. Nous n’avons rien à foutre de vos demandes de démocratie : La démocratie, c’est nous. Le pouvoir c’est nous.

Nous avons fait notre geste de colibri, nous avons planté un cactus à St Barth Noël dernier. Nous avons adopté un crocodile chez Vuitton. Nous avons fait un geste social puisque nous ruisselons. Nous avons fait un geste politique puisque nous sommes En Marche avec Macron.

Votre violence matérielle ne résout rien. Notre violence sociale est l’unique politique possible en démocratie parce que c’est la solution à notre seul problème du toujours plus !

Vous ne passerez pas, nous avons trouvé vos boules de pétanque ! Et nous, nous sommes protégés derrière nos flashball ! Stop la violence, laissez-nous vendre nos armes au Yemen pendant les fêtes !

Rejoignez le bloc bourgeois, soumettez vous aux médias. On vous emmerde tas de ploucs qui ne savez même pas la chance que vous avez de nous regarder à la télé !

En rang les mains sur la tête ! One word of freedom !

Le Bloc Bourgeois

Gilets-Jaunes. En France on n’avance les idées qu’avec les pavés

Que les uns les lancent ou que nous marchions dessus, pour la sociale ou la planète, soyons surtout nombreux et solidaires ce samedi. Tandis que se reforme le bloc bourgeois tout en nuance… En mode « Charlie » pour Macron, « nazis » pour le peuple.
 
Quelque chose de comparable au matraquage médiatique du jour est-il prévu contre les casseurs du 14 Juillet 1789 à qui l’on doit l’abolition des privilèges ? Quelque chose contre les casseurs de 1936 à qui l’on doit les grandes vacances ? Contre les casseurs de la Résistance aussi peut-être parce qu’ils ont dégagé de Vichy les Macron et les Barbier de l’époque ? Ou contre ceux de 68 auxquels on doit… on ne sait trop quoi, la pédagogie médiatique de Cohn-Bendit nous expliquant que c’est inacceptable de brûler les voitures ?
Raz-le-bol de ce totem de la « violence » autour duquel veulent faire danser tous les esprits, les médias de ceux qui ne négocient rien, ont tous les avantages, tous les pouvoirs, n’acceptent aucune forme de co-décision ni même de dialogue à longueur d’année et imposent – pour gagner plus de brioche pour leur petite gueules et leurs carrières de minables- une violence sociale sans nom (misère, suicides, maladies, accidents, mal vivre…) et écologique (destruction de la nature et de la santé) aux autres.
 
Malheureusement oui, nous sommes dans un pays sans culture du respect. La responsabilité pourtant existe institutionnellement, dans les textes du moins. Elle en incombe à un président trop occupé à diviser pour régner, à opposer pour gagner du temps.
Le respect, ne peut pas être invoqué seulement le jour, visible, où les digues de la colère cèdent. Mais tous les jours, où le mépris fabrique la colère. Un pays où l’on ne discute pas ensemble parce que les pouvoirs méprisent toute parole de « ceux qui ne sont rien », c’est à dire qui n’apportent rien dans le sens de leurs intérêts. Un pays où les gens sont en permanence exclus, discrédités, ignorés, moqués s’ils ne partagent pas les objectifs austéritaires de l’Euro et les codes de cool-sélection du pouvoir.
 
Ce pouvoir pervers ne comprend que le rapport de force
 
Il lâche 2 milliards aujourd’hui parce qu’il a peur. On parle d’augmenter le Salaire Minimum parce qu’il y a rapport de force. Le PDG d’Orange, le patron des patrons, le gouvernement ont ouvert ce qui était tabou hier, la négociation sur la hausse des salaires parce que des gens ont eu le courage de se révolter.
 
Demain, c’est triste, on le sait bien que c’est au nombre de Porsche Cayenne brûlées que l’on mesurera l’ouverture démocratique que l’on obtiendra. Macron se bunkerise et attend maintenant de voir si des gens sont près à mourir -ce qui justifiera de lâcher plus- ou à tuer, -ce qui lui fournira peut-être l’argument pour durer- pour sortir de son mutisme. Son poker avec les vies des gens qu’il devrait protéger est lamentable, honteux.
 
C’est ce vendredi même où nous écrivons que cet arbitre indigne devrait mettre les pouces, ouvrir un vrai cadre démocratique : reconnaître les cahiers de doléances citoyens que collectent les mairies rurales, annoncer des élections qui en seront issues, aller vers un bouclier de revenu minimum garanti et un pacte de service public garanti aux territoires.

La liberté et l’écologie convergent dans l’urgence démocratiques des rues

 

Nous sommes conscients que nous allons devoir tous affronter un péril inédit avec l’effondrement environnemental en cours. Cela ira de paire avec un effondrement social, économique, sanitaire, des modes de vie etc. Les cris de détresse et les tuniques d’alarme des Gilets-Jaunes ne sont que l’avant-garde de cet effondrement.

Si nous ne sommes pas cohérents autour d’un projet choisi ensemble dans lequel chacun peut s’investir mais se sait aussi sécurisé, nous serons explosé par la réalité, laminés par la globalisation de ceux qui confisquent et aspirent nos ressources et nos biens de manière accélérée pour constituer leur bunker*. C’est dire la puissance écologique de la question démocratique en cours !

 

« Comment vivre cette fin de mois ? » et « comment vivre dans 20 ans ? » sont une seule et même angoisse : « comment vais-je offrir des cadeaux à Noël à mes enfants ? » revient beaucoup dans les propos des gilets-jaunes qui défileront partout et « comment mes enfants auront-ils accès à l’eau et aux soins ensuite ? » demandent les écolos qui défileront à Nation. Personne ne doit opposer l’une s’il ne peut répondre à l’autre.

 

Les uns sont dans le salariat, d’autres dans l’indépendance, tous ont en commun un travail détruit ou pourrit par la mondialisation libérale. Tous ont en commun de subir une dégradation de la vie et du bien commun, de la santé et des services publics qui vient du même accaparement par… le 1%, la Caste, l’oligarchie, le appelez cela comme vous voudrez dont Macron et En Marche ne sont que la vitrine légale, vitrine fissurée par les pavés actuellement. Et tant mieux.

 

Merci les lanceurs de pavé et d’alarme !

 

Les uns prennent leur responsabilités physiques et assument pour tous leur risque, ils méritent notre respect (même si parmi eux se glisseront des amateurs de sensation, des pillards et des provocateurs stars warholiens des caméras).

Ceux qui manifesteront à Nation pour la planète et ceux qui manifesteront à Bastille et République pour la France. Nous tous sympathisants des gilets-Jaunes et/ou des écolos nous devons prendre nos responsabilités, premièrement respecter ceux qui s’engagent au prix de nombreuses douleurs (au lieu de pleurer avec Madame Hidalgo sur le mobilier urbain), celle surtout d’être une foule immense et pacifique qui avance pour ses droits, sa survie, ses enfants, conscients que si ce gouvernement ne comprend que la force, se complaît perversement dans l’opposition brutale de ceux qui font métier d’être loyaux à l’ordre républicain et de ceux qui font conscience d’êtres fidèles au génie de la Liberté; opposition sadique et injustifiable de ses petits soldats Playmobil à nos lycéens; ce conflit mené par un pouvoir pervers narcissique, ne sera désarmé que par la masse pacifique des millions.

Bousculer ou construire ?

Autre chose. Les uns pensent qu’il est urgent de faire tomber ce pouvoir. Les autres de savoir ce que l’on veut mettre à la place, car le pouvoir vacant tombe souvent entre de mauvaises mains. Aidons là aussi par l’échange et le débat à recoller les deux. Car derrière le silence et l’adhésion passive de la majorité silencieuse aux Gilets-Jaunes, il y a un impensé. C’est cette réserve confuse d’émotions et d’opinions floues — qui suivent indifféremment les complotistes isolés ou la messe des médias — qui fait l’élection qui viendra « après ». C’est cela qui a installé Macron à l’Elysée et souhaite sa perte aujourd’hui, cela qui se donnera, nous donnera presque au hasard demain au premier homme providentiel venu (voir mon dernier papier à ce sujet mercredi), cet inconscient collectif qui peut vite se retourner et d’un même mouvement de manivelle du progrès pour tous à l’autoritarisme rassurant. Demandez aux pays qui ont su s’offrir le plaisir de faire choir un dirigeant honnit, si ce bonheur suffit comme garantie sur l’avenir avec celui qui le remplace…

 

Beaucoup de choses, hein ? Nous sommes partagés par des points communs en somme. Les uns ont rendez-vous à Nation, les autres à Bastille et République. Et donc… ?

 

Langlois-Mallet

 

* A ceux qui sont vraiment tourmentés par le coût du mobilier urbain « qui c’est encore qui va payer… » me disait une « indépendante » au comptoir ce matin. J’ai envie de répondre que 40 000 000 000 € de bien commun (corrigez si le chiffre de mémoire est approximatif), de richesse nationale, ont encore été aspirés sans y penser plus que cela et sans connaitre le montant du SMIC, par les députés LREM lundi vers les poches sans fonds des actionnaires du CAC40, alors même que la Place de la Concorde était occupée par les services de santé ! Les moyens existent et très largement, la seule question est de savoir où est la détermination.

Gilets-Jaunes. Le point du jour 5 décembre 2018

Démocratie directe ? Extrême-droite ? Urgence climatique ? Survie économique ? Achats de Noël ? De Villiers ? Macron ? Chacun cherche à savoir « où nous allons ? », sans savoir comment répondre à où il en est lui-même.

Sur des séquences rapides comme nous en vivons, toute information agit instantanément sur celui qui la reçoit; comme tout propos sans recul, elle se périme et tourne aussi vite que lait fermier.

Notre regard lui même est capté en concurrence par tous les acteurs de l’histoire qui s’écrit et dont on sait seulement qu’elle prendra une forme tranchée et définitive. Quelle part y tenir ?

« Si j’y tenais mal mon rôle, c’était de n’y comprendre rien… » se souvenait Aragon. Que pouvons-nous donc essayer de comprendre de ce qui meut les gilets-jaunes, l’Exécutif et tout de ce qui s’agite pour capter l’énergie que leur choc libère, de l’extrême-droite aux révolutionnaires en passant par un nouveau venu surprise, le Général de Villiers ? Quid de la police ? De l’absolu priorité du climat ? D’une justice social ?

L’Exécutif. En est-on encore à commenter les miettes du premier ministre d’hier ou à spéculer sur les annoncent plus roboratives du président ? Mon point de vue – entendu que ces gens sont tout communication, que leur objectif est de tenter de remettre en selle un Jupiter démonétisé – est qu’ils vont nous la jouer « Bon flic et mauvais flic. » Edouard se charge des réductions de taxes peu populaires, le Président se réserve l’annonce du retour de l’ISF.

Du côté des Gilets-Jaunes, la colère est montée d’un cran suite aux annonces méprisantes des miettes de brioche et l’extrême-droite saisi sa chance en inscrivant une désinformation massive dans le calendrier émotionnel du mouvement : Parce que l’acte IV à lieu samedi 8, ils ont inventé une histoire gigogne promus à un certain effet, Macron a prévu le transfert de la France sous souveraineté de l’ONU le 10 à l’occasion du (ça tombe bien) pacte de Marrakech. Toute l’histoire de la Révolution Française est pleine de ces « St Barthélemy des patriotes » imminentes qui nécessite des prises urgentes de Bastille… La capacité de ce mouvement à résister au complotisme, son sang-froid et sa lucidité, sera une des clefs de la suite. La mobilisation de ceux qui répondent aux fantasmes sur les réseaux et recadre vers les arguments politiques, essentielle.

Et les forces de l’ordre ?

Si les gilets-jaunes gardent la raison, les très nombreuses vidéo Snapchat et Insta des lycéens victimes de violences ne sont pas rassurantes sur l’état de ses nerfs. Il faut aussi les lire à l’aune des suicides dans la police et de la peur affichée à l’annonce des futurs affrontements de samedi en marge des deux cortèges pacifiques angoissés eux-mêmes pour l’avenir, qu’il s’agisse pour les détenteur d’un capital culturel (les écolos) de hiérarchiser par le climat, ou pour ceux privés d’un capital économique et culturel d’entrer par la vie quotidienne. La question reste : quel futur, aujourd’hui quelle survie ?

Samedi, la rue

Si tout ceux qui ont une conscience collective seront dans la rue samedi, troublant sûrement la fièvre acheteuse de ceux pour qui la vie et l’urgence revient surtout à se presser dans les magasins dans une sorte de manifestation contre la chienlie, c’est à dire les autres. Une seule chose est certaine, nul de nous en participant à l’une, l’autre, les deux, voir les trois le même jour (je me vois bien capable de revenir des deux manifestations avec un cadeau sous le bras) n’a de prise sur la destination réelle vers laquelle nous allons. Non pas que nous ne poussions sincèrement. Mais nous ne maitrisons guère où va la force de l’inconscient collectif, que de puissants acteurs veulent aussi orienter.

L’homme providentiel, ce couteau-suisse

A ce propos, je ne vous donnerai qu’un exemple. L’émergence surprise du Général de Villiers. Une figure mythique de Général, encore une… comme avec de Gaulle ou comme avec Pétain, le de Gaulle de 39 ou celui de 68 ? Le Pétain de Verdun ou de Vichy ? on ne sait pas. Un général pour achever la Ve ou la revivifier ? On ne sait pas non plus. Ce que l’on sait juste, c’est que le coup du chef de guerre parle profondément à notre inconscient de Francs, surtout quand notre part Gauloise se révolte en nous de partout. Le besoin de raz-le-bol et le besoin d’ordre mêlé, d’exister et de rester unis qui scande toute notre histoire de France… au prix de nombreux morts. Un homme providentiel, c’est bien, c’est propre à tout, ça ne dépend que de ce qu’il a compris de l’inconscient collectif…

De Villiers Héros -puisque première victime de Jupiterpan- de l’anti-macronisme. Poussé de nulle part, il apparait partout. Comme Macron récemment… Comme Macron récemment, il ne propose pas de direction, juste une attitude. L’un disait « En Marche », l’autre répond « En ordre », les zozos qui ne s’étaient pas demandé : « En Marche vers quoi ? » L’on appris à leurs dépend. Est-ce trop leur demander d’interroger la figure respectable et avenante de Pierre de Villiers sur ce point ?

Allons-nous vers la démocratie directe des cahiers de doléances, des communes en gilets-jaunes ? Vers la mise sur la touche des élites parlementaires qui avaient tirées les marrons du feu de la Grande Révolution de 1789, celles qui se sont coulées, moulées, dans les palais de l’aristocratie et on tenu le peuple à distance du politique, sans renoncer à tout faire en son nom, jusqu’à l’abandon de sa souveraineté lors du fameux référendum volé ? Vers la figure salvatrice du retour du Roy, sous les traits bonace et la poigne ferme d’un énième général ?

Je ne peux évidement pas vous le dire. Juste que ces trois mythes fondateurs sont en macération accélérée actuellement. Celles qui me lisent depuis longtemps savent mon point de vue, tant que les forces du pays se détruisent, elles s’annulent et se condamnent à l’impuissance; ce n’est que d’une bonne dynamique entre les trois que nous pouvons espérer. Le peuple doit fixer le cap, les élites doivent dire comment, les deux ne tiennent pas ensemble sans une figure capable.

Sur ce, bonne journée, mon dentiste m’attend !

Langlois-Mallet

Enarques-sorciers et apprentis gouvernants

Macron et Ed sont des fous tragiques avec leur lancé de cacahouètes technocratiques à un mouvement social aussi bouillant, dans lequel les gens, dos au mur, jouent leur peau et celle de leurs gamins à la veille de Noël.

La première chose que demandent les Gilets-Jaunes, c’est du respect et donc une démarche politique d’ampleur qui remet tout à plat et ne pose aucun préalable autre que le respect mutuel. En jouant à « mais qu’on leur donne de la brioche et que ces gueux se taisent enfin sous nos fenêtres », nos énarques vont finir la tête au bout d’une pique, sauf à faire sortir les premiers les généraux des casernes pour siffler la fin de partie.

Est-ce que veulent au fond nos banquiers d’affaire ? Passer la main car il est trop tard ? Trop tard pour sauver la Nature, trop tard pour sauver les gens, trop tard même pour leur libéralisme.. ?

Langlois-Mallet

 

La France rejette le libéralisme comme un corps étranger. C’est un vomissement. Le truc, c’est que l’objet est coincé au niveau de la tête de l’Etat. On est presque dans la haine, voir la vidéo du Puy-en-Velay

https://www.youtube.com/watch?v=qeNT8zwCBeE&fbclid=IwAR1sJ92I8dTasIRuJhmGsa30KCjTNuAm7ed780i8NixBPKqhuh4bUo0Yl_c

Comparée à celle du monde d’avant…

 

 

 

Gilets-Jaunes. Le feu ça brûle

Quand les médias épuisent toutes leurs ficelles

Écouter la parole dominante d’une radio comme France Inter (même France Culture ces jours-ci est limite) reste édifiant. Comme sur BFM TV la part consacrée « aux violences » enterre les questions de l’urgence sociale qui met le pays en mouvement et masque la forêt de l’engagement pacifique.

Suit tout le florilège (l’interview de celui qui a retiré son gilet-jaune, alias le bon élève de la matinale) et sûrement pas de tous les motivés (ambulanciers, pompiers, avocats, lycéens…) entrés dans le mouvement. La mise en épingle du barrage où cela a dérapé, plutôt que les milliers de ronds-points bon enfant.

Pas un mot de l’énorme et passionnant défi que constitue l’organisation d’une force politique entre inconnus non expérimentés. Mais des déplorations en veux-tu en voilà sur « l’immaturité », l’absence de « représentants » (achetables ?) pour « négocier » le retour sage à la maison comme le font si bien les syndicats.

Rien sur le blocage du pays, mais des remarques sur « la faible mobilisation », « la participation en baisse » en veux-tu en voilà… Difficiles alors de raccrocher à la réalité les jérémiades sur « les milliards perdus » (pour qui ? Argent resté dans la poche de qui ?) « l’économie bloquée », « les pénuries »… à cause de 60 000 personnes ? Pardon, 61 243 selon les nouvelles méthodes de comptage.

Anne Hidalgo pleure en croco son mobilier urbain Decaux et s’agite sur sa calculette, Macron se rend au chevet de la Porsche Cayenne brûlée, à défaut d’avoir été vu devant les immeubles effondrés et meurtriers de Marseille.

On cache toutes les scènes de fraternisation entre policiers et manifestants. On ne s’interroge pas sur les 10 000 grenades tirées par eux. Ni sur le fait que l’on ne peut plus masquer que par le silence médiatique ce que le mouvement de rue a compris, 5000 manifestants en colère de plus se coordonnant un minimum et l’Elysee tombait. La logique de répression flirte avec la rupture.

Il y a quelque chose de la fin des régimes soviétiques dans ce crépuscule de l’extreme-capitalisme. Cela me rappelle mon enfance et la liquéfaction de la peur dans les « Pays de l’Est ». Le moment où le verrou cède de l’intérieur, celui où ceux censés tenir le système par la force n’y croient plus et savent leur femme, leurs enfants plus proches de ceux qu’ils matraquent, comme eux plus loin de ceux qu’ils protègent. En 68 les ministres avaient leurs enfants dans les manifs, en 2018 ce sont les CRS eux-mêmes.

A la télé on se rediffuse en boucle les images collector et en caméra embarquée, des CRS débordés par les « casseurs » (non, les émeutiers). Oui, un affrontement ça cogne, l’eau ça mouille… Les manifestants pourtant sont aussi blessés à ce jeu de testostérone, non ? Il faut aller sur les réseaux pour voir les vidéos de femmes battues (tiens, plus de Meetoo là), de grands-mères malmenées, d’étudiantes en larmes. Et la petite mamie tuée par une grenade ? Là encore, bien que la grenade tueuse vienne sur ordre de Macron, il semble, par la grâce des mots, que la faute en soit portée aux gilet-jaunes.

On sent les journalistes menacés eux-mêmes, jouant leur salaire dans la bataille et relayant le murmure subliminal d’en-haut : « Si vous faisiez sagement vos courses, cela n’arriverait pas. Dispersez-vous, regagnez immédiatement vos télés. » Parce qu’ils devinent que le jeu de la liberté plait à ceux qui le vivent.
Le feu ça brûle…

Langlois-Mallet

Lundi Matin… Chaud

La Concorde bloquée en surprise par les ambulanciers qui montent des barricades autour de leurs véhicules; plusieurs centaines de lycées bloqués, dont les lycéens qui se révoltent et foutent le dawa à Auber et Pantin. Les infirmières, les avocats, les pompiers le dos tourné aux élus dans plusieurs communes à l’occasion de la Ste Barbe, les ceci, les cela, en grève ou en mouvement. L’acte IV démarre fort. Les Gilets-Jaunes partout en France, toujours, 11 dépôts de carburant bloqués et la pénurie d’essence en Bretagne et dans 75 stations. Besancenot qui demande aux syndicats d’appeler à la grève… Macron est dans les cordes.

Parmi les liens vus (et partagés) ce matin, de nombreuses images de fraternisation police gilets-jaunes en France, sur le mode « crosse en l’air » (quand on leur parle de leurs femmes, ils ne sont pas mauvais bougres ?). Quelques-unes de provocateurs infiltrés des services de police politique en civil.

Le soutien de la population reste au-dessus de 70% (malgré quelques Porsche Cayenne brûlées et des émois dans les 300 M2 du XVIe, il n’y a plus de respect).

Au chapitre des analyses, je vous recommande Todd ce matin sur France Culture (les structures française, le risque de coup d’Etat, la sortie de l’Euro, la trahison des élites…) et l’excellente revue insurgée « Lundi Matin » (justement), je cite :

« Contrairement à tout ce que l’on peut entendre, le mystère, ce n’est pas que nous nous révoltions, mais que nous ne l’ayons pas fait avant. Ce qui est anormal, ce n’est pas ce que nous faisons maintenant, mais ce que nous avons supporté jusque-là. Qui peut nier la faillite, à tous points de vue, du système ? Qui veut encore se faire tondre, braquer, précariser pour rien ? Qui va pleurer que le XVIe arrondissement se soit fait dépouiller par des pauvres ou que les bourgeois aient vu flamber leurs 4X4 rutilants ? Quand à Macron, qu’il arrête de se plaindre, c’est lui-même qui nous a appelés à venir le chercher. Un État ne peut pas prétendre se légitimer sur le cadavre d’une « glorieuse révolution » pour ensuite crier aux casseurs dès qu’une révolution se met en marche. »

Quand la bourgeoisie républicaine est prise au mot par le peuple républicain, son roi-banquier vacille…

Et pendant ce temps, devant une place de la Concorde bloquée où CRS et insurgés fraternisent; les députés LREM revotent la ponction des milliards d’argent commun du CICE de Hollande au profit des actionnaires du CAC40. Jupiter rend fou ceux qu’il veut perdre.

Bonne journée !

Langlois-Mallet

L’image contient peut-être : texte

Gilets-jaunes : « Rien à voir… »

Ça m’amuse beaucoup que les médiacrates s’énervent contre la diversité du mouvement « qui amalgame des choses qui n’ont rien à voir »…

Les policiers qui se suicident et les d’jeuns à capuches, les religieux et les laïcards, les vieux paysans et les gamins intellos-précaires, les ouvriers et les artistes, les infirmières et les toubibs, les patrons de PME et leurs employé-es, les pauvres et les très pauvres et les moyens et les très moyens, les agents de la SNCF et les usagers, les actifs et les chômeurs, les écolos et les conducteurs, les rappeurs et les violonistes classique etc. Ont un refus commun.

Celui d’un libéralisme global et individualiste qui détruit tout. Cet ennemi du bien commun est le lobby des intérêts du 1%. Par un jeu de passe-passe (et la puissance de ce mêmes médias qui lui appartiennent) il se trouve au centre de tous les pouvoirs.

Il est normal que tous convergent à le détruire, non ? On ne leur apprend pas à réfléchir parfois dans les écoles de journalisme ?

Amusant aussi comme la rhétorique des médias reste de narrer une prise d’otage des gilets-jaunes par des casseurs. Elements de langage pour ne pas reconnaitre qu’une part de la colère est devenue une émeute.

Tant les auteurs de ces sages litotes pour citoyens-enfants, savent qu’une émeute qui réussit s’appelle dans les cours d’histoire une révolution.

Langlois-Mallet

Gilets-Jaunes / Gilets-Verts. Echos de différents débats avec des amis écolos

Je me suis fait -donc je vous ai fait- une petite compile de mes papiers Gilets-Jaunes car ils se perdent très vite dans le système Facebook au milieu des échanges de liens… En espérant que vous y trouviez votre miel.

– Gilets-Jaunes. Retour et risques de la politique ?
– Gilets-Jaunes : Aux Champs-Elysées, palapalapa…
– Gilets-jaunes v/s Macron. Quel vent soufflez-vous ?
– Gilet-jaunes V/S Macron : l’instant thatchérien
– Grenouilles !
– Effondrement écologique : An I. Ecolos et gilets jaunes.
La France de 14 et la France de Cassandre
– Gilets jaunes à brûle-pourpoint

Gilets-Jaunes. Retour et risques de la politique ?

A mon avis vous devriez arrêter avec les mots droite et gauche pour qualifier les Gilets Jaunes ou le peuple plus largement (la variante, le mot « confusion » pour parler des revendications quand ne rentre pas dans les cases). De même avec « pouvoir d’achat » quand on parle de reste à vivre ou de survie.

Si les gens se reconnaissaient dans ces cadres, ils voteraient massivement et tout serait comme avant : les débats auraient lieu au parlement.

Cela fait des années que devant la bunkerisation des pouvoirs. Il s’est constitué une opinion majoritaire dans le rejet du consensus opéré par les élites de droite et de gauche.

Au delà de 3000 euros par mois, que l’on soit de droite ou de gauche, il y a convergence tacite vers « la seule politique possible et un consensus sur le côté inéluctable de la globalisation : « there’s is no alternative» sert de projet de société à tous ceux qui estime leur vie finalement satisfaisante. On peut avoir des sensibilités (une inquiétude écolo même) mais avec une qualité de vie, elles restent comme « extérieures », des opinions virtuelles.

Le verrouillage électoral et institutionnel de cette iniquité étant encadré par un verrouillage du débat par des insultes de racisme social ou de distinction culturelle (sans-dents, gaulois réfractaires, ceux qui ne sont rien, beaufs de Cabu ou Deschiens…) ou au nom d’une morale limitée aux questions de mœurs : indifférence totale dans les actes (à la pauvreté des autres ou à sa responsabilité d’élu ou d’élite), surexcitation à proportion dans l’excommunication contre des propos, réels ou supposés, pour (populiste, homophobe, sexiste, fasciste, nazi etc…).

En-dessous de 3000 € à deux, ce consensus économique et politique ne tient pas et le vernis d’humanisme qui l’encadre se craquelle, aux risque d’emporter avec l’hypocrisie de vraies valeurs usées de trop d’instrumentation. Le débat étant aussi interdit que l’accès aux élections, la conscience politique se constitue ailleurs, autour d’autres représentations et d’autres clivages. Que l’extrême-droite ait une longueur d’avance du fait de sa mise à l’écart (qui permet une identification), c’est certain. La France Insoumise aussi est en position de dialogue. Mais je pense plutôt qu’autre chose émerge qui n’entrera pas dans les grilles. Le brouillage même des grilles de ces partis le montre.

Tout ne sera pas à notre goût, il y aura tension, conflit même surtout autour de question liées à la nationalité ou à l’immigration, mais du moins peut-on espérer d’une brèche dans la chape de plomb ultra-liberale et technocratique, un retour du débat, un rapatriement de la décision dans le réel, bref un retour de la politique.

Espérons qu’entre le durcissement des pouvoirs dans la répression et la manipulation du recours à l’extreme-droite, l’expansion de la révolte par définition ouverte aux quatre-vents, qu’entre les méprisants et la colère, s’ouvriront des espaces de vraie démocratie pour associer, à la place d’élites complices et incapables, à la fois le comment bien vivre à l’état de guerre environnementale.

Langlois-Mallet

Gilets-Jaunes : Aux Champs-Elysées, palapalapa…

Vous avez aimé vous ce Barnum ? Et bien vous n’êtes pas difficiles…

La mécanique médiatique m’a semblé tellement huilée… Dès le matin (pour vous dire de rester chez-vous que tout est fini avant d’avoir commencé), le scénario idéal pour Macron, rêvé et planifié par Castaner.

On laisse les manifestants sur les champs. On les laisse déborder, venir dans l’entonnoir. Et puis on sort l’artillerie, les canons à eau et le mano à mano médiatique avec Mme Le Pen d’accusations mutuelles qui sont autant de légitimations réciproques, sur fond de palettes brûlées. BFM TV fera le reste…

Le message est simple et clair : « restez chez-vous, l’extrême-droite tient le pavé », traduction en geste de l’habituelle excommunication : « vous êtes contre la politique unique ? Vous faites le jeu des extrêmes ? »

Je ne disqualifie pas la colère. Je ne crois pas au mythe de la « violence des manifestants. » Les outils dépendent juste des moyens.

Vous êtes seul ? Bloggez. Vous êtes 100, montez une assos. Vous êtes 10 000 ? Montez un parti. Vous êtes 100 000 ? Montez une manif pacifique. Vous êtes 2 millions dans la rue ? Faites ce que vous voulez, cassez tout si ça vous chante. Allez à l’Elysée si ça vous chante, tout est légitime.

Mais faire de l’affrontement avec les CRS à 2000, c’est peut-être se faire plaisir (tous ceux qui ont participé à des cortèges de tête vous le diront, on gagne dix ou vingt ans), mais c’est du spectacle.

Et là aussi, ils sont plus forts que vous. Il s’agit encore, toujours, que c’en est lassant de faire en sorte que 80% des Francais-es n’aient pas le choix. C’est l’extreme-libéralisme, soit c’est l’extrême-droite. Comment ? Tu n’acceptes pas la destruction générale ? Mais alors, tu es pour le retour du pire de notre histoire ? Etc…

Je ne suis même pas hostile au symbole esthétique d’une barricade à Paris, sur les Champs. Ça vous a un petit côté de « Choose France » à l’international qui ne manque pas de piment pour la « start-up nation… »

Mais pour changer le rapport de Force, je regarde plutôt du côté des péages ouverts, des fraternisations de Montpellier avec la marche des Droits des Femmes, des manifestations pacifiques, de la cohésion.

Langlois-Mallet

Gilets-jaunes v/s Macron. Quel vent soufflez-vous ?

Faites attention avec vos stigmatisations. Traiter tous les gilets-jaunes de Deschiens, de beaufs de Cabu et les amalgamer à ceux qui sont d’extrême-droite me parait la pire erreur du moment.

C’est exactement le projet tactique que Macron a annoncé : « jouer moi contre Le Pen. » c’est à dire faire en sorte que 80% des gens n’aient pas le choix que de soutenir qui les détruit ou qui les détruira.

En fait c’est vieux comme Mitterrand :

1- Se faire élire par le peuple de gauche, puis le trahir pour la finance. Et ensuite le faire passer pour un Deschiens (con, raciste, homophobe, sexiste…) repérez au passage comment toutes les questions de société sont instrumentées pour que les vraies questions de la liberté politique et du partage économique soient escamotées (Facebook est plein de ces désinvoltes).

2- Laisser le peuple en tête à tête avec l’extrême-droite qui lui dit : « vous voyez, vous êtes comme nous des parias » jusqu’à ce que la colère fasse qu’ils votent FN pour faire hurler ceux dont les politiques d’accaparement les font souffrir, qui nient leur citoyenneté et qui les écrasent de mépris social en prime.

3- jouer ensuite le rassemblement des humanistes (qui restent la majorité du pays) et qui n’ont pas le choix que de soutenir une barbarie contre une autre. Le profit cynique, le ruissellement de la pollution, la confiscation démocratique etc. Pour contrer le retour des fantômes de l’histoire.

Comment vous y prenez-vous pour sortir du piège ?

Réfléchissez si vous souhaitez participer à la lutte ou à la défaite. Donner encore plus d’ampleur aux médias dominants en relayant les vidéo infâmes de gilets-jaunes fachos sur certains territoires ou celles qui montrent la beauté d’autres gilets-jaunes dans l’émancipation et l’autogestion politique.

Tout existe. Tout est vrai. Quelle est la part des choses, celle de l’image virtuelle et celle du réel ? Quelle part faites-vous votre ?

Lesquelles de vos justes émotions sont utilisées et au profit de qui ? Quel est le vent dominant qui souffle d’en-haut et a t-il besoin de votre petite brise en plus ou au contraire doit-elle nourrir les bonnes braises ?

Langlois-Mallet

Gilet-jaunes V/S Macron : l’instant thatchérien

Concentrons nous sur l’épreuve de force inouïe qui est en train de se jouer entre le lobbyste devenu président équipé de toutes les armes des pouvoirs et la marée populaire (je passe sur ces écolos à la vue basse et toute cette désinformation que les médias officiels font pleuvoir pour discréditer ce mouvement*)

Depuis 1995 le peuple a toujours perdu. Je dirais plus exactement depuis le référendum volé; les pouvoirs d’argent sont en roue libre et jouent à fond le pillage de l’argent public, la dégradation du bien commun et la mise en précarité des gens.

Toutes les vieilles formes de révoltes (syndicats, grèves et cortèges etc). comme les nouvelles (ZAD, Nuits Debout…) ont échoué à rallier une majorité. Elles n’ont pas convaincu une majorité, dans leur forme ou leur intention.

Pour les gilets-jaunes, la sympathie dans l’opinion est énorme. D’où l’enjeu. Soit le mouvement réveille l’énergie des précédents et les rencontre et nous serons devant une situation historique, probablement plus forte que celle de 68 car cernée et dramatisée cette fois par les enjeux vitaux (tour de clef des pouvoirs économiques sur les démocratie, effondrement écologique, évasion massive des capitaux, précarisation accélérée de masse, dégradation de services publics vitaux…).

Soit ce sera une tentative de plus de la société civile de relever la tête face aux pouvoirs, donnant lieu à une répression isolée de plus. L’émiettement des révoltes permettant seule de les circonscrire. Alors Macron, tel César jouant sur les divisions, mais surtout nouveau Thatcher, aurait triomphé des irréductibles Gaulois rétifs aux « réformes », entendre à la mise à genoux et à l’esclavage.

Samedi sera une journée très importante avec ce rendez-vous à Paris des gilets-jaunes, mais le décisif viendra des groupes de forces (travailleurs, syndicats, lycéens, Fonction Publique, étudiants ou autres) qui décideront que, gilets-jaunes ou pas, c’est LE moment de se mettre en mouvement; peut-être la dernière occasion avant liquidation totale.

Langlois-Mallet

* D’où la mise en épingle de tous les faits à charge. Faits qui existent bien et qui sont le reflets de l’état réel de l’humain à l’abandon dans certains territoires précis, pas le sens de fond du mouvement.

Grenouilles !

Je me pose des questions sur toutes les jacqueries qui ont émaillées la France ces dernières années, qui n’ont rien de commun hors leur refus du modèle libéral dominant.

Tu vois qu’ils recoupent très imparfaitement les catégories politiques parlementaires, excepté par leur émiettement et l’indifférence voir l’hostilité des autres.

Vous avez les ZAD -> Laisser nous faire différemment de la société de consommation (écolos)

Les Gilets-Jaunes -> on n’arrive plus à marcher (rouler) normalement dans la société de consommation (Abstentionnistes, voir droite poujadiste, Insoumis)

Les Nuits Debout -> on veut s’asseoir et réfléchir ensemble (à un autre modèle) (écolo gouvernemental, Hamonisme)

Bonnets Rouges -> gardons notre liberté locale

La Manif pour Tous -> on ne veut pas du changement de moeurs mais en rester à la famille traditionnelle (UMP, Catho, FN)

Les Cheminots -> On ne veut pas de destruction du modèle de service public et de l’emploi (Syndicats, PC, Insoumis)

Avec un prix hors-piste, Révoltes de banlieue, revendication communautaire islam -> je rejette les valeurs de la société dominante

Ce qui est assez étrange, c’est que le modèle dominant, moeurs urbaines globales et libéralisme économique est archi-dominant (médias, argent, pouvoirs, culture) mais minoritaire.

Surtout il n’arbitre jamais, il profite de chacune des diversités de la société pour imposer son modèle.

Par exemple pour les gilets-rouges, il est évident qu’il fallait laisser à la Bretagne sa coutume de ne pas avoir de péages et maintenir les taxations sur le reste de la France. On en a profité pour démanteler tout le dispositif de l’éco-taxe dans le sens des intérêts financiers.

Pour le Mariage pour Tous, il y avait aussi un équilibre de société intelligent à trouver en jouant du consensus sur la liberté d’association des adultes mais en reposant de manière tout à fait séparée la question de la responsabilité, du droit de l’enfant et de la famille. Mais il était plus intéressant politiquement pour les libéraux de cliver « sur un droit à l’enfant » avec les méchants conservateurs, toute cette mousse sur les débats de société évitant que l’on regarde la question de la répartition de l’argent (dans le même temps on refilait les milliards au CAC40).

Les ZAD, encore plus facile. Ouvrir des zones libres d’expérimentations de la transition pour les personnes qui veulent expérimenter un modèle à l’effondrement en cours de la société de consommation.

Idem pour les gilets-jaunes. Il y a des Etats-généraux à ouvrir avec l’assurance d’un minimum garanti, un bouclier de taxation (une personne ne peut pas descendre en dessous d’un certain niveau de vie), un engagement d’alternative mobilité hors des métropoles, une taxation différenciée des carburants dans les campagnes etc.

Le service public, des hôpitaux, de la SNCF, de la Poste, de l’Education Nationale, de la sécurité etc ne devrait même pas être un sujet de débat dans un grand pays. Et on devrait même d’urgence y inclure la sécurité nucléaire.

Tout se dégrade t-il juste parce que vous passez votre temps à vous tirer dans les pattes les uns les autres et que l’arbitre est malveillant ou juste pro-business ? Essayez la concertation et la solidarité entre tribus ou trouvez un vrai arbitre, non ? Grenouilles !

Langlois-Mallet

Effondrement écologique : An I. Ecolos et gilets jaunes.
La France de 14 et la France de Cassandre

Oui, notre monde se casse la gueule. Oui, notre façon dont nous nous projetions individuellement et collectivement dans l’avenir est ou sera remise en cause, comme l’est déjà celle des gilets-jaunes.

Comme la crise financière, la dernière et la prochaine; comme l’effondrement de la biodiversité; un effondrement de l’humain de ses modes de vie est en cours. Nous ne savons pas où nous allons, alors que toute notre société est conçue, vendue et acceptée au contraire sur l’idée d’une assurance, de l’admission en maternité au contrat obsèques.

Comme les policiers, les enseignants, les postiers qui se suicident parce qu’ils sont pris dans des injonctions contradictoires. Les gilets-jaunes nous disent qu’une France est au bord du gouffre, n’y arrive plus.

Une France qui n’a pas les ressources d’autres.

Ces ressources économiques qui sont aussi culturelles : elle n’est pas la France des bons salaires qui permettent de s’aérer au contact de la planète; ni celle des repères du patrimoine et des valeurs lentes muries par les âges et gage d’avenir quoi qu’il advienne. Pas la France des stock-option, ni celles des vieilles pierres, donc.

Pas la France des bars branchouille ou des ZAD. Pas non plus la France des ressources culturelles (qui sont aussi une économie) : la France légitimée chaque jour par les valeurs et les moeurs à la mode, celle des idées et des lieux où il faut être; ni non plus la France des utopies concrètes ou d’une transformation collective de son mode de vie, qui a les outils culturels d’une rupture. Sa vieille caisse à outils manuels de papa d’ailleurs, elle l’a remplacé contre une autre flambant neuve Made in China, à l’électronique défectueux.

Un peu comme la France des tranchées de 14, c’est la France qui a fait confiance et c’est donc la France trahie. Celle qui est entrée tête baissée dans la consommation et le mode de vie importé des USA qu’on lui a vendu : Le corps motorisé dès qu’il passe la porte, la résidence individuelle énergivore, le samedi dans les zones commerciales bondées et les soirées devant la télé à faire le plein de besoins inassouvis.

Celle a qui a vendu la ferme il n’y a pas si longtemps contre une place en ville. Puis la ville contre un pavillon sur catalogue. Celle qui a cédé la monnaie de la France contre la promesse d’une Europe de paix et de la prospérité; mais qui a demandé par référendum à garder sa souveraineté, celle du peuple, que les élites lui avaient attribuée en 1789 contre le fait qu’elle la géraient en son nom, et lui ont confisqué. Celle à qui son patron lui a dit de refourguer aux immigrés ses jobs pénibles, sans qu’on lui ait dit, pas plus qu’à eux, qu’elle devrait partager le territoire, ni comment.

Une France dont les banlieues qu’on lui montre – et où elle n’a souvent souvent jamais mis les pieds – présente l’inversion des valeurs de l’enfance et de l’école. Une France qui se sent visée par leurs doigts d’honneur (et humiliée quand le président est sur la photo), qui se sent insultée par le mépris des autres ou qui l’est régulièrement : Une France qui n’a jamais été admise au château; qui regarde sur TF1 les soirées de la jet-set, les jeunes homos branchés qui ont réussit à Paris vomissent elle et son papier peint, parce qu’ils en sont issus; une France qui redoute de voir débarquer sur sa commune, une ferme bio de jeunes écolos anti-chasse.

Peut-être aussi une France qui a des ressources que les autres ne voient pas. Qui se retrouve sûrement autour d’une chaleur et d’une bouteille, qui communie dans la déploration. Peut-être que dans cette plainte là, n’y a t-il eu parfois que le FN pour écouter. Qui pour une part a peut-être voté parfois Le Pen ou comprends que d’autres le fasse, moins par conviction que parce que c’est interdit; que cela fait hurler tout ceux qu’elle déteste. Parce que quitte à être paria autant se trouver un parti paria aussi et qu’à force les crachats des journalistes à la mode agissent comme un ciment. Parce que les autres la traite de facho, alors tant qu’à y être, qu’elle va leur en donner. Et qui a défaut d’être aimée pourrait goûter au plaisir d’être crainte ?

Mais ce serait bien la dernière des choses à faire d’amalgamer ainsi les diversités qui la composent sous la bannière des Le Pen. Parce que son vrai dénominateur commun reste plutôt la gauche trahie, la trahison républicaine par les petits enfants de Pétain, l’abandon de ce qui n’est pas bankable, n’apporte aucun bénéfice symbolique, le cousin de province que l’on ne rappelle pas.

Il n’y a rien d’effrayant à la voir se révolter. C’est même très sain et un réflexe de vie quand nous sommes conduis (ce n’est pas faute de l’avoir dit) par les plus fous, ceux qui à l’approche des précipices appuient sur l’accélérateur. Les illuminés du plus de fric, qui augmentent la cadence sur la galère commune pour empocher le plus de dividende individuels avant la liquidation collective.

°°°

Le désarrois des écolos en revanche est ironique. Voilà la France de Cassandre perdant ses esprits devant le Cheval de Troie.

Avant de les allumer, essayons de les comprendre. Quand on a compris, comme eux, trente ans avant les autres que le problème serait le climat, la pollution, le mode de vie, on s’attend -c’est humain et ils ne sont pas au dessus du lot – à en tirer les bénéfices sans doute plus qu’à en affronter durement les effets.

Là fût le grand écueil de l’écologie politique (à ne pas confondre svp avec l’écologie de terrain, dans les fermes bio et la production durable). A partir de la génération Voynet (et les suivantes, Duflot… de Rugy), ces gens se sont lancés dans un développement non durable en politique « des postes ! des postes ! » faignants de ne pas voir que comme cet effet d’aubaine ne reposait pas sur une adhésion des citoyens construite dans le vote, mais sur la grâce de leurs alliés (les députés et ministres à la volée donnés par le PS libéral), il ne correspondrai à aucun rapport de force, donc aucune transformation réel.

Au lieu du patient travail au côté d’une société dont il fallait adapter les valeurs de pensée (ce qui est pénible et long et usant, car se faire mépriser et cracher à la gueule par des cons, c’est très lourd quand ont a tort, mais que dire quand on a raison ?) et le mode de vie à un choc à venir. Ils ont préféré adapter leur mode de vie à un confort. Se faire reconnaitre par les élites pour y avoir leur place. Persuadé qu’au centre du pouvoir, ils seraient en position confortable pour édicter les nouvelles règles et les pistes cyclables et de co-voiturage.

Ce n’est pas ce qui s’est passé. Les pouvoirs du fric se sont joué d’eux aussi, même si à la différence des premiers, ils ont été bien rémunérés pour cela, ils se sont servi de leur image et de la fraicheur de l’écologie pour enrober toutes les politiques polluantes dans un emballage de communication certifié renouvelable par la présence des Hulot et autres gogos qui ont payé pour voir, mais surtout pour se faire avoir. Mais quoi… Ils voulaient « essayer » (variante, changer les choses de l’intérieur).

Au moment où les faits mettent tout le monde au pied de l’écologie, ils n’ont plus accès à une parole forte. Ils n’ont pas de force organisée associée à la résistance du peuple contre les élites et pour cause, il se retrouvent à accompagner les gadgets du pouvoir les uns (Orphelin le bien nommé), à les devancer dans la compromission (Rugy). Ceux qui n’en sont pas, loin d’être en résistance, ont le sentiment d’avoir été laissé de côté. D’où une déploration accrue.

Il est difficile de comprendre que les gens se mobilisent contre une taxe auto et peu contre le changement climatique. Je ne pense pas que cela traduise une beauferie. Juste un ordre de priorité : « pensez à nos enfants, ici et maintenant », arrêtez de nous balader dans votre intérêt et donnez-nous des solutions concrètes.

Les écolos sont-ils en mesure ou non d’apporter des réponses à la vie dans les régions ? Sans doute en partie, théoriquement, mais ils sont trop loin aujourd’hui et des colères réelles qui devraient être leur carburant vert et des centres du pouvoir qui se sont retirés pour mettre en oeuvre quoi que ce soit, les laissant à leur amertume, sans voix porteuse au momentum et pire que tout, participant à la déploration geignarde sur la montée de l’extrême-droite.

Bravo les copains !

Mieux encore pour Macron comme pour l’extrême-droite, non seulement les porteurs d’analyses et de solutions se sont exclus tout seuls au moment où commence le vrai affrontement écologique, mais la bataille politicienne tactique est positionné là, sur leur champ.

En annonçant son intention de jouer les Européennes dans un clivage « moi, le roi de l’ultra-libéral tenant de la seule politique possible qui vous détruit » contre l’extrême-droite, Macron risquait d’ouvrir libre porte à l’écologie.

La taxe sur le diésel et la réaction qu’elle suscite lui permet de voir les écolos capitulards se rallier à lui contre les beaufs en gilet-jaune qu’ils sont d’accord pour renvoyer abusivement à Le Pen.

Re-bravo les copains, très fort.

Tant que l’on se trouvera avec des gens à 3000 € par mois (ouo 5 ou 10 000€) qui traitent de facho des gens qui en gagnent 1000 € (800 ou 500€), il n’y aura pas d’échange possible.

Commençons par prendre soin des enfants des autres et l’on verra après. Sans travail parfois, comment font-ils sans voiture individuelle ? Quelle alimentation sans centres commerciaux ? Quelle culture sans télé ? Quelle santé ? Quel partage ? Quels efforts raisonnables leur demander sur ces bases ?

Quelle justice de taxe ? Qui doit payer ? Les gros pollueurs ou les petites bagnoles ? Les deux d’accord, mais à juste proportion.

En refusant de payer une taxe souhaitable, les gilets-jaunes posent les bonnes questions auxquelles les élus écolos ont renoncé depuis longtemps, préférant demander des petits gestes de colibris à chacun, gestes utiles que dans la mesure où les gros gestes sont réalisés aussi, gestes légitimes que s’ils s’accompagnent d’une remise à plat globale des projets de vie dans une crise, qui n’est pas économique et passagère, mais globale et durable.

Si l’on évite le projet commun dans lequel se sacrifier et s’épanouir, on aura que la sommes des projets individuels pour survivre ou bloquer. Pas sur que ce soit ceux qui le disent qui soient du côté du collectif, ni ceux qui en ont l’apparence qui jouent l’individuel !

Langlois-Mallet

NB : comme d’hab, si vous aimez bien vous copiez-collez librement sur votre page dans un statut. Je ne le propose pas en partage parce que Facebook ne fait pas remonter dans le fil, donc vos amis ne le verraient pas.

Gilets jaunes à brûle-pourpoint

La question n’est pas le méchant peuple qui se révolte pour ses intérêts égoïstes et qui n’a pas compris comment nous les géniaux écologistes nous apportions les solutions merveilleuses.

D’abord pour la majorité des Français, les écologistes c’est un mouvement immature et grillé politiquement (Duflot qui en matière de voir le monde au niveau de sa boutique reste indépassable, de Rugy en lamentable valet de sa carrière, Baupin etc.) et le gentil Monsieur Hulot qui est parti.

La question que tu rates ami écolo, c’est pourquoi sommes-nous déconnectés de la vie quotidienne des gens ?

Les gens ont raison de se révolter ! Ils n’ont pas à payer deux fois. Le gouvernement leur a fait acheter du diésel, qu’il se débrouille pour leur racheter la solution alternative et non polluante. Ils ne sont pas idiots au point de ne pas avoir compris que les vraies facteurs de pollution (paquebot, avion, industrie et commerce globalisés etc…) n’étaient pas taxés.

Ils ont vu que les plus gros échappaient à l’impôt (optimisation, évasion fiscale encouragée, abandon de l’ISF, CICE etc…) et que les services publics tombaient en lambeaux, comme la vie au quotidien.

Que les classes dominantes imposaient leurs valeurs pour les repousser dans la catégories des beaufs, des Deschiens tout juste bons à voter FN.

Je suis vraiment étonné qu’un observateur sagace comme toi n’ait pas vu que le choix de cette taxe était juste un coup électoral mitterrandien destiné à préparer les européennes :

Macron veut obtenir des posts Facebook comme celui que tu viens d’écrire. Creuser un bon clivage entre un méchant peuple FN des voitures et les gentils écolos des transports en commun.

Il en a besoin pour sa stratégie de clivage qui choisit le FN justement comme interlocuteur mortifère pour un tête à tête qu’il veut imposer à l’Europe, comme il lui a réussi au 2e tour en France.

Faire tomber une taxe « écolo » (dont tout le monde sait bien qu’elle ne sert à rien et que les sous irons rembourser les cadeaux qu’il a fait à ses amis du CAC40), ne sert qu’à ancrer l’idée d’une écologie punitive dans la France d’en-bas pour ne rien changer, tout en s’attirant la sympathie des écolos à la vue basse. A dresser surtout un antagonisme sur de mauvaises base pour capter le vote écologiste face au populisme.

Apparemment, ça marche même sur des gens finauds et qui ont lu (ou écrit) des livres, alors pourquoi se priver ?

Reste que cela lui pète au nez pour le moment dans des proportions qu’il n’attendait pas…

On va en rajouter une couche, les écolos payent aussi la colibrisation et la dépolitisation de l’écologie.

A force de vouloir voir dans les petits gestes quotidien l’alpha et l’oméga de la vie politique, ils se construisent aussi des méchants qui ne font pas ces gestes, alors que les questions macro-économiques (la globalisation des échanges, le fait que n’importe quel objet ait fait le tour du monde trois fois avant d’entrer chez-nous, etc.) ont été délaissé comme thèmes, ce sont ceux-là qui sont potentiellement fédérateurs des colères et leur donnent une juste orientation.

Non, les gens n’ont pas tort d’être en colère, nous sommes responsable de ne pas avoir transmis les bons carburants au feu ! A minima, ne nous mettons pas bêtement maintenant du côté de ceux qui jettent de l’eau (et qui sont les vrais pollueurs).

Langlois-Mallet

NB : comme d’hab, si vous aimez bien vous copiez-collez librement sur votre page dans un statut. Je ne le propose pas en partage parce que Facebook ne fait pas remonter dans le fil, donc vos amis ne le verraient pas. »

Gilets-jaunes v/s Macron. Quel vent soufflez-vous ?

Faites attention avec vos stigmatisations. Traiter tous les gilets-jaunes de Deschiens, de beaufs de Cabu et les amalgamer à ceux qui sont d’extrême-droite me parait la pire erreur du moment.

C’est exactement le projet tactique que Macron a annoncé : « jouer moi contre Le Pen. » c’est à dire faire en sorte que 80% des gens n’aient pas le choix que de soutenir qui les détruit ou qui les détruira.

En fait c’est vieux comme Mitterrand :

1- Se faire élire par le peuple de gauche, puis le trahir pour la finance. Et ensuite le faire passer pour un Deschiens (con, raciste, homophobe, sexiste…) repérez au passage comment toutes les questions de société sont instrumentées pour que les vraies questions de la liberté politique et du partage économique soient escamotées (Facebook est plein de ces désinvoltes).

2- Laisser le peuple en tête à tête avec l’extrême-droite qui lui dit : « vous voyez, vous êtes comme nous des parias » jusqu’à ce que la colère fasse qu’ils votent FN pour faire hurler ceux dont les politiques d’accaparement les font souffrir, qui nient leur citoyenneté et qui les écrasent de mépris social en prime.

3- jouer ensuite le rassemblement des humanistes (qui restent la majorité du pays) et qui n’ont pas le choix que de soutenir une barbarie contre une autre. Le profit cynique, le ruissellement de la pollution, la confiscation démocratique etc. Pour contrer le retour des fantômes de l’histoire.

Comment vous y prenez-vous pour sortir du piège ?

Réfléchissez si vous souhaitez participer à la lutte ou à la défaite. Donner encore plus d’ampleur aux médias dominants en relayant les vidéo infâmes de gilets-jaunes fachos sur certains territoires ou celles qui montrent la beauté d’autres gilets-jaunes dans l’émancipation et l’autogestion politique.

Tout existe. Tout est vrai. Quelle est la part des choses, celle de l’image virtuelle et celle du réel ? Quelle part faites-vous votre ?

Lesquelles de vos justes émotions sont utilisées et au profit de qui ? Quel est le vent dominant qui souffle d’en-haut et a t-il besoin de votre petite brise en plus ou au contraire doit-elle nourrir les bonnes braises ?

Langlois-Mallet

Publicités

Un oeil ouvert sur l'actualité française, politique, mouvements d'opinon

Publicités