Franchement ?

Je n’ai pas d’intérêt particulier chez l’un plus que l’autre. Je me tiens à distance des factions, des partis, des groupes de pouvoir divers pour lesquels je n’ai pas grand goût ni estime (je parle de la médiocrité de leur production collective, après il y a des gens que j’aime).
J’ai d’ailleurs assez fait la gueule que la candidature de rupture nécessaire soit celle de cette vieille ganache de Méluche (j’aurais adoré qu’une nana nouvelle et décapante émerge). Mais je fais avec la réalité. Et la réalité, c’est que le meilleur candidat est Mélenchon, tous ses défauts pris en compte.
Hamon est sympathique et je suis même plus proche de lui sur certains thèmes, comme la nécessité du revenu universel. Mais ce n’est pas lui faire injure que de constater que ce n’est pas son heure.
Ni du point de vue de la gauche, qui doit se réinventer en tournant cette calamiteuse page PS ouverte par Mitterrand, de dissociation du discours et des actes, de la morale et de l’action.
Ni du point de vue de la France qui demande une personnalité capable d’une transformation, d’une transmutation inédite, susceptible de rassembler des familles antagonistes comme jamais. Ce qui n’entre pas dans le cursus ni les compétences d’un aimable bureaucrate d’appareil.
Ni au plan international. Ou il faut quelqu’un qui puisse aller porter l’interet universel écologique en même temps que la parole de la France dans la cour de Trump et de Poutine. Car telle est la réalité des rapports de force, loin des petits équilibre de courant entre députés Verts et Hamonistes…
Hamon à tout l’avenir pour lui, et tout intérêt à s’inscrire dans cet avenir comme celui qui capable de faire passer l’intérêt collectif avant le sien. Il serait sage qu’il rejoigne la meilleure campagne, celle en tout cas d’un Mélenchon dont l’heure est venue.
Langlois-Mallet

Macron : parachutiste doré du social-libéralisme !

Le numéro de bonneteau que nous fait le PS est proprement hallucinant, et je ne doute pas qu’il soit un jour enseigné dans les écoles de marketing. Mécanisme…

Votre produit, appelons-le (Hollande-Valls) est composé à base d’une politique économique (molécule Macron) que tout le monde déteste. Parce qu’il a pour effet d’appauvrir le sus-dit tout le monde, excepté le 1% qui vit au-dessus de l’impôt. La marque a été vendu pour son effet « Robin des Bois » et elle a l’effet contraire, voler tout le monde pour donner aux riches.

La recommandation des consultant est donc simple : « vous allez scinder la marque en deux. » Le public connait la marque, mais lit très peu la composition. Donc vous lancer le Macron comme un produit « neuf », jamais essayé, ce qui vous permettra d’écouler vos vieux stock; à grand renforts de unes de Paris-Match et autres bien sur. Et vous remettez sur le marché le vieux produit PS sous une nouvelle étiquette (le Hamon), pour le laisser mourir de sa belle mort, entendu que son marchandising permet encore de contrer l’émergence d’une marque concurrente (le Méluche), en occupant du linéraire de rayonnage.

Vous aurez ainsi à base d’un même produit, la marque sacrifiée et la marque star. A la faveur d’un incident industriel de vos concurrents les plus sérieux ça peut marcher… En Marche d’ailleurs, ça fait slogan ! Le directeur de la marque les Rép justement qui commercialise sous une étiquette triste, exactement un même produit , à base de la même molécule économique « de rigueur » pour tous et d’enrichissement sans fin pour très peu, se trouve pris dans ses errances personnelles qui tombent bien. Pendant qu’il se débat face à ses problèmes judiciaires, il ne reste qu’à envoyer la seconde fusée médiatique (des instituts de sondage) qui annoncent que le match est tué et qu’il n’y a qu’une seule marque star : votre vieux produit tout pourri sous sa belle étiquette brillante !

Entre-temps, tous vos actionnaires et principaux cadres auront bien sur rejoint l’usine flambant neuve du vieux produit dont personne ne veut sous étiquette moderne et rutillante. Ainsi les députés auxquels vous teniez, parce qu’il avaient servi votre politique détestée, retrouveront une deuxième jeunesse et probablement leur siège. Vous laisserez vos députés contestataires agoniser à l’extérieur, dans une bataille pour contrôler les murs et le passif de la vieille usine. Vive la dette !

Langlois-Mallet

Pourquoi Méluche doit vexer la Gauche

La gauche et toutes ses tribus… Les employés de l’industrie syndiqués, les profs grognons et laïcards lecteurs de Marianne et qui se reposent sur Télérama pour piloter leur culture, les activistes des droits des minorités assoiffés d’absolu ou silplement d’excès, les expérimentateurs écolos, les précaires en colère… bref, beaucoup de familles qui, pour une bonne raison ou plusieurs, peuvent trouver leur compte à la candidature Méluche.
S’y ajoute les gentils, pas trop conséquents, qui rêvent que tout change mais à condition que rien ne bouge de leur petite vie, qui pour la plupart ont trouvé en Benoît un grand frère rassurant. Un chef scout pour bivouac politique parmi les loups.
Et puis les autres… Cette famille sociale libérale qui squatte depuis Mitterrand la direction effective de la gauche et les places de pouvoirs au nom de quelques principes de plus en plus éloignés de ses actes. Une sorte d’agence de com’ qui tient de Mai 68 par la proclamation, et du cahier saumon du figaro pour ses valeurs réelles. Celle là qui se vautre avec délice dans l’idée que Macron, le saint patron de son business, se dresse comme le rempart au mal. Absolution morale et business… Le Graal !
C’est justement parce qu’il s’agit de battre cette «  »gauche » »-ci et de tourner la page de 35 ans de reniement, qui ont fait de l’obscur groupuscule FN le premier parti de France, que Mélenchon doit inventer autre chose. S’il veut être celui – là.
Car la gauche dans un pays de droite ne suffit pas, surtout quand celui – ci est plus que tenté par l’extrême -droite.
Dans un contexte où la dialectique gauche – droite s’efface au profit d’une autre haut – bas, souveraineté – mondialisation, fermé-ouvert, voir fric – écologie au mieux… Il faut être capable de réunir bien d’autres familles : gaullistes sociaux, chrétiens solidaires, immigrés fragilisés, humanistes raisonnables, travailleurs indépendants, artisans et petit patrons, jeunesse, gens de bonne volonté et actifs divers qui ne veulent ni ne peuvent se reconnaître dans un président corrompu, ni dans les extrêmes du libéralisme de Macron ou du FN.
Parce qu’une élection présidentielle à un tour ne permet pas de rassembler sa famille, puis de recentrer son discours; mais qu’il ne peut être question ni de trahir les uns, ni de manquer des autres, il faut innover. Prendre le trou, comme au rugby. Et inventer. Une autre articulation des catégories politiques qui permette à la fois d’être ensemble face à la mondialisation, d’être contre sans se diviser. D’être « pour » en fait.
Comprenez, je vous aime bien, petites tribus de gauche sincère. Mais je souhaite que Méluche vous vexe. Vous bouscule sur vos certitudes pour qu’il ne vous flatte pas, comme Mitterrand.
Langlois-Mallet

Les Ami-e-s, un petit mot de politique et je vais lire mon Murakami pénardou en terrasse (parce que ce thème des « Hommes sans femmes » me parle bien. J’en suis encore à me demander comment un homme qui a toujours vécu sous perfusion du monde féminin, les regardant à la fois comme plus nécessaires « più del pan che mangio, più dell’aria che spiro ! » ou des Jeanne d’Arc casquées, en est parvenu à cette défiance intérieure, cette incrédulité tintée d’ironie et de déjà vu. Oh, bien sur, la marionnette en moi, les regarde encore comme un gamin une vitrine de Noël… Mais bon.)
Donc plus sérieusement. Mon intime conviction, vous la connaissez. Il y a une seule et unique chose absolument sérieuse. C’est l’extinction du vivant sur cette planète du fait de notre action et pire, de notre inaction.
Nos vies d’adultes ne valent pas grand chose — comme ces jeunes gays qui pourraient guérir du SIDA mais ne parviennent pas se dire s’ils méritent de vivre, comme dans un lien que j’ai croisé ce soir; comme quoi, l’identité est indispensable pour faire, mais ne sert à rien pour vivre — contrairement à ce que nous dit la culture de consommation-libérale-individualiste dans la nous baignons et qui est sans doute une des plus anti-humaine qui soit. Nous redécouvrons peut-être, ce que nos ancêtres savent depuis la horde primitive, depuis cette immense errance nomade des hominidés, ou depuis la défense à mort de la terre-mère des sédentaires; nous ne vivons QUE pour ce qui vient après nous. Même pas pour eux, mais pour nous. Parce que c’est notre seule dignité et donc ce qui peut nous fonder et donner un sens au retour des jours dans la noire immensité des ciels infinis.
Tu me diras : « c’est joli », mais ça ne dit pas grand chose de pour qui voter et donc des robes de Fillon (car il parait qu’il a une garçonnière où… » Mais non. On a dit que ça ne suffisait pas… Il doit rester une icône catho demain, comme hier, un ascète à l’imitation désirable. Oui, on a dit qu’on parlait politique.
Oui, politique donc. Donc je ne peux humainement m’associer qu’à un président qui rompe avec ce cycle que vos enfants apprennent en 6e et que vous ne comprenez pas; 80% de l’énergie consommée qui détruit la vie sur Terre et une population qui explose avec ses mêmes besoins (et peut-être 8% d’énergie durable pour la com’). Pas avec un adolescent fasciné que sa rapidité mentale, sans conscience, gravité, ni profondeur, lui ouvre la porte de tous pouvoirs à condition qu’il chante la chanson qu’on lui a apprise : accélérons !
Je pourrais à la rigueur voter, lors d’un 2e tour, pour celui qui arrivera 6e… Celui qui ne tire aucune conséquence de ce qu’il sait qui puisse remettre en cause la stabilité de son quotidien. Le candidat gentil, des gentils… Mais qui veulent surtout que rien ne change de leur vie, un peu insignifiante, mais assez confortable. Mais pour tous les autre, ceux qui hurlent « Plus de fric ! » ou « Moins d’étrangers ! », ce sera peut-être, probablement même, la réalité que vous choisirez, je le respecte. Mais ce sera sans moi soyons clairs.
Cela dit, j’accepterais, car je suis légaliste et plus cohérents que les différents perdants aux primaires, car j’appartiens depuis la nuit des temps, toutes les aventures de mes ancêtres, à un peuple et je serais solidaire, jusque dans le suicide. Je ferais même plus, je regarderais toujours d’abord le positif, comme avec Hollande au début.
Si vous voulez Macron ? Je me dirais, bien. Ce peuple veut jouer la carte de la confiance dans ces élites dont il est pourtant évident que les choix nous détruisent à leur profit. Misons sur je ne sais quel changement…
Vous voulez Le Pen ? Je comprends que l’angoisse du vide ou roule l’humanité, amène partout les peuples dans un réflexe de survie à se regrouper sur leurs tribales certitudes. Alors qu’il est évident que le tissu de la France même, multiple, se perdra en déchirures. Misons sur je ne sais quelle force positive qui résulte de cette affirmation infantile…
Vous voulez Fillon ? Passer outre la corruption individuelle et le mensonge brandi en étendard, passer outre la promesse de souffrance des plus faibles pour un regard prostitué aux plus aisés ? Misons sur le temps et la patience et l’acceptation de ce qui viendra… Amen. Que votre volonté soit faite.
En attendant, je n’aurais voté moi, pour rien de cela et ne serais pas comptable d’une illusion ou d’une compromission.
°°
L’écologie est le sujet. L’autre question est la souveraineté. Parce qu’il s’agit d’une élection présidentielle. Et donc que c’est la définition même du chef de l’Etat que de garantir la souveraineté, c’est à dire l’indépendance de la France, sa liberté de parole (cause culturelle, cause sacrée !) et tant que faire se peut sa liberté d’action (c’est à dire sa liberté, son rayonnement et sa grandeur). Je ne peux donc voter à une présidentielle (ce pourquoi je vous bassine avec ce thème, comme avant avec d’autres et, preuve que j’ai le nez creux dans mes obsessions, ce sera le thème central de cette élection en témoigne l’avalanche de candidats souverainistes : dans le danger vital du monde, décider soi-même ici entre nous quitte à prendre les mauvaises décisions, ou laisser le système global gérer notre sécurité. Mon expérience personnelle des situations de survie depuis le plus jeune âge m’inclinant radicalement à se faire confiance pour gérer par soi-même quel qu’en soit le prix. Et l’impression que la France nous crie, comme dans la chanson qui passe là ce soir là, par hasard, comme l’enfant que j’étais à cette petite fille dans la nuit « Ne m’oublie pas ! »… Moi, je n’insiste pas, j’te connais par coeur ! etc.
Voilà. Je n’aime ni ne mésaime Mélenchon, auquel je n’ai serré la main qu’une ou deux fois. Le fait qu’il soit désagréable par certain côté ne me paraissant pas incompatible avec la fonction. Je ne cherche pas, contrairement aux électeurs de Hamon un pote qui me ressemble (vous avez besoin d’amour ou qu’on vous dise que vous êtes des gens biens ? Vous n’en êtes pas persuadés par vos actions et vos choix ?)
Je peux faire le catalogue de mes doutes et de mes critiques (pointues comme ma langue, vives comme ma pensée). A commencer, contrairement à ce que l’on dit, de ne pas assumer assez. L’aventure radicale qui consiste à être seul face à un peuple et assumer, non pas la botte en touche d’une 6e République, concession que le peuple ne demande pas, mais gage que demande une gôche qui confond les espaces politiques, celui de la présidentielle et celle des législatives – mais au contraire la prise du pouvoir pour faire ce que l’on croit.
Indépendamment de toutes mes réserves et de toutes les vôtres, il est le seul qui se tient là, debout, à la confluence des ces deux questions essentielle, celle de la cause humaine, l’écologie, et celle de la fonction présidentielle, la souveraineté. L’histoire de France à son meilleur ayant toujours été depuis St Louis jusqu’à Louise Michel, dans cette rencontre entre l’universel du temps et le réel du lieu.
Il y aurait, il y a sûrement mieux que lui. Mais voilà – « Lui » et j’aurais aimé « Elle », ne s’est pas montré – donc dans le choix des 8 ou 10 ce sera lui. Et après basta. Rien d’autre et sûrement pas au chantage sous le feu roulant de leurs médias. Peut-être simplement en écoutant l’avis de gens à la vie exemplaire (ils ne sont pas légion) ou à la position plus exposée que la mienne (je pense aux enfants d’immigrés).
Cela n’empêchera pas d’ailleurs une appréciation différente lors des législatives, qui sont la vraie élection politique intérieure, celle qui compte quoi qu’on l’oublie une fois réglée la symbolique du monarque. Après avoir choisi celui qui me convient le mieux, je voterais à l’inverse au deuxième tour pour le candidat de la gauche, même détestable. Même PS, parce que ce sera alors une question de défense. Et si vous voulez le fond de ma pensée, beaucoup de Français-es feront comme moi. D’où il résultera que l’Assemblée ne sera sûrement pas de la couleur du Président. D’une façon que l’on peut supposer Macron-Le Pen d’un côté et droite de l’autre.
Enfin, soyons complets je vous prie, que rien ne ressemble jamais à un ralliement, mon choix sera encore différent aux municipales, sûrement comme la dernière fois. Le plus radical et populaire possible au premier tour (Front de Gauche), dans l’espoir que le peuple de Paris ait le millième d’un espoir de voix dans un système qui l’interdit de fait; et très probablement NKM au second. Car, outre mon amitié et mon admiration personnelle pour ses qualités, je pense la rupture nécessaire avec le libéralisme municipal et la possibilité d’une autre alliance pour les quartiers.
« On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment », fort bien, je suis rodé depuis le temps, y compris aux amitiés inconstantes. Mais, outre mon point de vue, qui repose, qu’il vous corresponde ou non, sur quelque chose de solide, entendez du moins mon indépendance radicale.
Langlois_Mallet

Une chevauchée présidentielle ( I ) : Fillon, lèpreux et preux de la Droite tout à la fois

Le fascinant d’un moment d’élection, comme le nôtre, c’est que nous voyageons dans les univers rêvés des autres – tous en quête d’un débouché dans le réel – vers ce lieu fantasmatique central du trône de l’Elysée. Alors j’enfourche mon destrier et nous partons… Si vous le voulez, en Fillonie.

Une chevauchée présidentielle ( I ) : Fillon, lèpreux et preu de la Droite tout à la fois

Aujourd’hui, cap à droite (toute) avec Fillon. Ce qui est frappant, c’est que le personnage central de cette élection pour le moment ne fait parler de lui qu’en mal. Fillon… A dû être le nom le plus prononcé, le mot le plus écrit. Courage… Filons !

On est passé du communiant à la crapule, sans que la raie de côté change de place. Sans perturber, le ton monocorde ni l’air policé du personnage. Il était choisi par les siens pour éviter le retour suspect d’un Sarkozy, surtout désireux d’éviter la prison; et le voilà, chantre de la vertu, poursuivit par les juges. Imaginait-on François Fillon en cavale…?

D’abord un petit détour par les mythes et la morale ?

Fascinant est la force qu’il a su tirer de l’opprobre même. Dans l’imaginaire des gens de droite, il y a ses comportements avec les autres et la morale politique, comme une chose détachée. Alors on pêche dans sa vie de tous les jours (ou l’on fait des bonnes oeuvres) et puis l’on se confesse. La gauche apparait comme un mystère. Comment ces gens ont-ils sur nous une supériorité morale ?

On mésestime le crédit que chaque camp porte à l’autre. Les gens de Gauche sont très vite fascinés par l’idée que la Droite, cela va être le sérieux et la crédibilité, quand bien même on a affaire à des incompétents, qui mettent doctement en pratique des recettes dépassées, ou des crapules, qui tapent sans vergogne dans la caisse commune.

Pour la droite c’est pareil. La Gauche sait, Elle, ce qui est bien et mal, juste, ce qu’il faut penser ou non, ce qui fait de vous d’un coup une canaille dans un comportement quotidien et que vous pensiez normal, tel un Fillon rémunérant sa tribu avec l’argent public pour se rémunérer lui-même en représentant de lu bon père de famille, qui devient la risée du monde et le gibier de potence mal rasé des chats-fourrés…

Fascinée par son admiration, elle vit une douleur sans mots quand ce qu’elle appelle « La Gauche » (qui n’est pour nous que le PS, c’est à dire une sorte de Droite qui n’a pas lu les mêmes livres que l’autre) est pris la main de le sac des magouilles, des arrangements, des bassesses… Victime moins de la chute de ses adversaires que d’une fracture du réel. « Non seulement ces gens (nous) ont pris le pouvoir, mais ils seraient comme nous ? Inacceptable ! Blessant. Outrageant ! »

Fillon icône décomplexée

Pardon pour cette digression, mais je la croyais nécessaire pour comprendre le nouveau Fillon et le rapport étrange de son électorat. Fillon est l’homme qui est passé outre-morale. Au sens ou celle-ci n’est pas vu comme la pratique de la vertu qu’elle annonce, mais comme « la simple parole des médias de Gauche. » On ne se préoccupe pas d’humanité avec les sans-papiers, puisque « ces gens-là n’ont rien » (et peut-être ne se douchent-ils même pas). Mais on s’arrête quand Libé hurle. Sans savoir pourquoi. Parce que c’est la Gauche et que les choses ont toujours fini par aller dans la direction de ses hurlements. Du moins, jusqu’à ce que la Gauche inventa Le Pen…

La figure du « décomplexé » ce n’est pas celui dont les propos insulte les autres et un lien fraternel. C’est celui qui blasphème Libé et que Dieu pourtant n’a pas frappé de sa foudre.

C’est ce qui est arrivé à FIllon. Gageons qu’il n’a pas bien compris ce qu’on lui reproche. En quoi sa femme est outragée par son comportement. En quoi il est la risée de la France. Il ne peut s’agir que « d’un complot » comme si des millions de gens s’étaient passé le mot pour rire à date prévue de lui (mais chut, ne lui disons pas tout). Il est en cela en phase avec son public, pour qui tant de comportements relève du mystère… Le peuple est donc vraiment bien méchant…
« J’enfile normalement une veste que m’offre un ami milliardaire, dans l’espoir d’un petit retour comme une Légion d’honneur ou un coup de fil à tel ou tel, manière aussi de compenser le peu que nous sommes payés, nous hommes politiques, comparé à la fortune que nous aurions normalement dû faire dans le privé. Et voilà que des gens en tergal et en lycra, mal habillés, qui de surcroît n’ont pas dû acheter une veste depuis des années hurlent ! Que c’est laid l’envie tout de même… Quand on voit les sacrifice qu’à fait Fillon pour en arriver là. »

« Ce que l’on m’a fait est un crime contre l’humanité » aurait dit Fillon. Ils ne sont pas loin de le penser devant la crainte que suscite ces colères populaires. Et pourtant il a tenu. « Il a tenu même contre nous. Nous qui étions d’accord pour qu’il lâche. » Se dit-on dans les beaux quartiers. C’est donc qu’il a « l’étoffe ». C’est donc qu’il tiendra face aux manifestation de « l’abominable CGT » Monsieur Gattaz tient l’employé du mois, ou du moins des 5 ans. Comme le système médias-argent croit tenir avec ce freluquet de Macron le fondé de pouvoir idéal pour que cette France accepte enfin la réduction de « ses privilèges » (indiquer ici à votre traducteur de gauche « acquis sociaux »).

Fillon en résistant à la morale est ainsi passé de l’autre côté du miroir, comme Alice. Il n’est pas seulement le concurrent de Macron le jeune pour le poste de PDG dégraisseur de la France, devant les actionnaires de la bourse, du Medef et des marchés. Il a aussi affirmé la morale honteuse de la Droite face à celle de la Gauche. Sens commun s’est opposé et à vengé l’affront du Mariage pour tous. Le sacrement du mariage crie vade retro aux sodomites. Les valeurs jugées ringardes de la tradition se dressent face à celles, fun et branchées, des bobos. Si pour la France jeune et incluse, Fillon est un paria repoussant, pour la droite sexagénaire le voilà idole punk et transgressive devant lequel tous les chefs à plume tendent la joue droite. On a les Cid Vicious que l’on peut.

Politiquement, c’est surtout un homme libre en veste matelassée devant lequel s’ouvre un Eden, un de ces territoires politiquement vierge que les candidats fantasment de rencontrer la nuit. Libre demain de négocier au nom du néo-tatchérisme avec Macron, ou au nom des valeurs traditionnelles avec Marion Maréchale Le Pen. Un homme qui bien qu’aux abois des magistrats, s’est installé, comme toujours le veux la Droite, au centre de la politique. Pas celui gluant et mou de Bayrou et de Juppé. L’autre, le « nouveau » centre, celui qui était l’objet rêvé de cette primaire des Rép. : entre les ultra-libéraux et le FN.

Non content de s’être entouré de ceux qui a l’extrême-droite religieuse n’ont pas trouvé leur place au FN laïciste à chemise à carreau; de pouvoir emprunter désormais, pour faire campagne, à l’univers de référence de son choix (« l’excommunication médiatique du FN » ou « la connivence de bon Sens (Commun) »; il a même pu se prévoir la porte de sortie électorale pour des accords aux législatives avec le FN*.

Reste à savoir si les Français peuvent marcher dans ce rêve de Droite qui leur promet un cauchemar économique et/ou identitaire, du moins pour ceux qui n’entrent pas (ce qui est le cas de l’écrasante majorité) dans les critères financiers et culturels du bien et du bonheur à la sauce Fillon-Thatcher-SensCommun… Voir si Marine le Pen, le jugeant infréquentable – car trop extrémiste- ne le doublera pas dans quelques jours par le centre… L’avenir glorieux du chef se transformant alors, comme pour une bonne partie déjà des autres membres dirigeants de l’ex-UMP en course de survie dans les prétoires…

Le Trocadéro est-il proche de l’Elysée ou de la roche tarpéienne ? Toute la droite attend le jugement.

Langlois-Mallet

* Comme le révélait ce matin Laurent de Boissieu dans l’accord hier des Républicains avec l’UDI, qui ne contraint pas les Républicains face au FN, mais seulement les centristes.

Casseroles : Leur boucan, leur fumée couvre tout !

Macron a les assos anti-corruption sur la piste des millions envolés (et croyez bien que je regrette que le Cac40 tout entier ne puisse être mis en examen pour achat frauduleux d’homme politique); Fillon les juges sur le dos pour détournements de fonds publics et le déontologue de l’assemblée pour ses « cadeaux » interdits…
Ne me dite pas que l’alternative est une Marine Le Pen qui traîne après elle toute la cuisine de l’extrême-droite (pas toute cependant, Fillon a pris beaucoup de cadres au GUD).

Les casseroles tombent de partout et surtout enfument la campagne. On y voit plus rien. On a bien identifié les gros pollueurs. Et si on s’intéressait au bio, aux propositions des candidats honnêtes, juste pour voir l’effet que ça fait ?

Langlois-Mallet

J’émets une hypothèse ?

Et si les juges, un peu comme nous tous, en avaient ras-le-bol ?

Ras-le-bol de voir une classe inutile et nuisible de politiciens qui vivent dans de cadeaux-déconnectés du réel de leurs copains corrupteurs et milliardaires à côté desquels, tel le premier Fillon venu, ils se sentiront toujours des lésés de la vie, des ploucs même dans un manoir et des pauvres.

Ras-le-bol parce que les services publics de la Justice, comme les pompiers aujourd’hui dans la rue, comme les hôpitaux où les infirmières se suicident, sont à flux tendus de tirer sur l’humain pour compenser la suppression des budgets car Monsieur Gattaz réclame.

Ras-le-bol que, des pesticides aux perturbateurs endocriniens, des particules fines aux ventes d’armes aux Etat terroristes, les députés soient incapables de voter des lois de protection sur la vie même des gens (!) tant les lobbys de l’agro-chimie, des armes et du pétrole ont pris leurs quartiers à l’Assemblée Nationale ?

Ras-le-bol tout simplement parce qu’un système craque.

Parce qu’avant les choses s’étouffaient simplement en empêchant la parution d’un article, mais que maintenant tout étant interconnecté et rapide, même une vendeuse en colère, même un comptable excédé -sans parler de l’infinité des adversaires et, combien plus, des « amis » politiques- peut faire sortir à tout moment tout ce qu’il sait dans la presse ?
Et que même un juge aurait du mal à se cacher de ne rien faire mais n’a peut-être même plus aucune envie d’entretenir sa petite part de ce qui nous détruit ?

Langlois-Mallet

Présidentielle. Danse sur le volcan d’une France d’adversaires

Jamais nous n’aurons tant ri d’une campagne sur les réseaux, mais c’est sûrement pour conjurer une angoisse, car jamais nous n’avons vécu une élection à ce point dangereuse.

– Je ne parle pas que du FN et de l’angle aveugle que constitue la possible rencontre entre un parti qui ignore la culture démocratique et le pouvoir des institutions d’autre part; dont la culture résurgente revient toujours à désigner des Français comme ennemis d’entre les Français avec l’imprévisible sécession que porte cette proposition.

– Mais aussi de la radicalisation – dans son libéralisme comme dans son autoritarisme – d’une droite devenue imprévisible à elle-même, derrière la figure à la fois corrompue, déconsidérée et blessée de Fillon qui semble prêt aussi bien à tous les chantages, que résiliente à tous les naufrages.

– Comme du caractère assez aventureux de la rupture, pourtant positive (sur l’écologie, de social ou d’une Europe devenue folle et toxique) de la France Insoumise, avec l’étrange cocktail d’une candidature de Mélenchon imposée en force à des mouvements de tradition collective, contre la promesse d’une démission pataquès dans la grande lessiveuse d’une Constituante.

– Sans oublier même la très étrange liste des « petits » candidats, eux-mêmes, tous, sur des positions très polarisées, inconciliables.

– Aussi de l’étrange disparition et de l’allégeance, en deux mois, de toutes les figures modérées d’où qu’elles soient, à l’exception sans doute d’un Benoit Hamon bien tendre et bien vert, cornérisé, mais surtout en sursis, suspendu à l’exode prévu des éléphants vers Macron dès la vraie campagne lancée.

– Mais probablement plus que tout, du fait que l’arche de Noé ouverte au grand marais des électeurs modérés, peureux ou effrayés le soit par ce qui est certainement, sous des dehors de pub dentifrice, la candidature la plus extrémisée de toutes, née du passage en force, au culot, du « parti de l’argent et des médias » comme dit Attac avec leur employé modèle Macron, à la fois métastase honteuse et masquée d’un hollandisme dont plus personne ne veut et rupture profonde avec l’idée même de politique ou de démocratie, si leur essence est d’être une résistance au pouvoir de l’argent.

Le roi du rejet

Presque n’importe qui ayant ses parrainages peut se voir roi de cinq ans d’un merdier pareil. Sacré non par la colombe du St Esprit mais par le rejet des autres candidats, à la manière du Jean-Claude des Bronzés : « Oublie que tu n’as aucune chance Bernard, sur un malentendu, ça peut marcher. » Ce roi du rejet, gagnant le droit d’être celui qui danse sur le volcan d’une assemblée encore plus effarante que lui, et plus imprévisible, mais très probablement hostile à sa politique.

Je me demande comment sera la France de septembre qui, du sable dans les chaussettes, rentrera vers le quotidien de son année avec la gueule de bois de cette épilepsie politique de huit mois pour redécouvrir que si les têtes de pouvoir ont changé, les problèmes insurmontables ont eux profité de la noce pour faire des petits effrayants…

Langlois-Mallet

Méluche. Ni bâcheur ni dolâtre

Je ne discute pas de Méluche, je dis que ses partisans ont tendance à manquer d’humour et d’esprit critique, de recul. C’est ceux qui fonctionnent en mode « il est la solution » (ce qui est faux) qui contribuent à une image plus autocratique que politique.
C’est un bon orateur, passionné pour les idées que l’on élabore collectivement depuis très très longtemps. C’est un homme qui aime ce temps de campagne présidentielle, mais qui a le souffle un peu cours entre les deux.
Au-delà des périodes de concours, je ne sais pas ce qu’il sera (ni toi) comme dirigeant si cela arrive. Mais je suis d’accord qu’il ne peut être que mieux que ce que l’on a. Voili, voilou…

Mais bon, le niveau de la compèt n’est pas très relevé non plus…

Langlois-Mallet

Brèves de campagne…

Dans mon pays, tous les 5 ans a lieu un grand carnaval. On invente des blagues. On rit beaucoup ! Puis on vote pour savoir qui paye et qui nettoye (on rit moins, c’est toujours un jour un peu tendu).

Certains disent « les immigrés », d’autres « les riches », mais la plupart crient « les pauvres ! »
Puis les chefs reviennent avec des batons. Et comme on n’est pas très riches ni très unis -ni très malins d’ailleurs- ils nous le font payer pendant 5 ans…

°°°°

Ah, mais en fait on avait mal compris le jeu. C’est pas une présidentielle. C’est une élection pour l’immunité présidentielle !

Je me permets quand même de rappeler à ceux qui croient que Macron est le candidat humaniste, ou à ceux qui croient que Marine Le Pen est la candidate de la vraie France; qu’il y a peu François Fillon passait pour le candidat de l’intégrité morale. §;-)

Langlois-Mallet

e-crits intimes et chuchotements au monde