Les souffrances du jeune Macron

synopsis de roman d’initiation à offrir à Mélenchon et qui contient en coda, une réponse aux amis de la F.I sur les blacks-blocs.

Nous savons tous que le système de croyance dans lequel nous vivons -celui d’une expansion permanente du nombre de billet de banque, cette vaste imprimerie du vif – ne peut exister qu’en détruisant la Terre. Car la taille de notre espace est limité à 510,1 millions km². Nous vivons actuellement cette destruction.

Les jeunes ont ce chaos pour avenir. Certains meurent, comme les abeilles. D’autres se droguent. D’autres ferment les yeux, bouche leur esprit et pédalent. Macron pédale plus vite.

Premier de la classe, il a compris que la croissance folle n’était possible qu’en détruisant follement. Si l’on veut garantir aux hyper-actionnaires le taux de profit à deux chiffres, il faut les exempter d’impôts, de participer aux frais communs. Il faut accepter que les voies ferrées deviennent dangereuses (ou mieux que la SNCF s’endette auprès d’eux); il faut accepter le cynisme de dire aux infirmières que les problèmes de l’hôpital vient d’elles (50 vieux ou malades lavés en 5mns chacun ? Elles pourraient faire mieux tout de même !). Etc… rapportez l’exemple à votre domaine professionnel. A part si vous êtes sprinter, cette course au rentable n’a aucun sens, n’existe dans aucune civilisation. Nous vivons la barbarie.

Pour être premier de la classe, il faut tout casser. Pour faire toujours plus d’argent, il faut aujourd’hui tout détruire. Macron est là.

Outre l’ENA, le jeune Macron a en commun avec son premier ministre d’avoir la culture du service aux plus riches. Il a donc comme bagage d’un côté d’être un super-ordinateur sur boosté, mais dans laquelle par efficacité, aucune fonction de doute n’a été intégré par les créateurs du logiciel : le plus d’argent est la réalité du pouvoir, il convient de l’optimiser à l’infini.

De l’autre donc, c’est un super domestique. La culture du service des riches est totalement intégrée et s’allie donc à la maîtrise de l’Etat et aux pouvoirs quasi absolus de la Ve.

Il ne s’agit pas de faire la danse du ventre autour du Fouquets en exhibant sa femme mannequin et sa Rolex comme Sarko; de se ridiculiser en recherchant de la distinction. Il s’agit d’un projet de vie, un projet d’action d’un dévouement total. D’une organisation remarquable et brillante.

On a le niveau pour jouer le gendre qui parle de littérature à la France éternelle; mais la culture n’a vocation qu’à l’élegance, elle n’est pas un choix de valeurs de vie. Juste un costume coupé à la française. Le projet, c’est de vendre in english du « Choose France » aux patrons du monde, d’être choisi, élu par eux.

Comme son parti porte ses initiales, une France à son image à lui, sera la première de la classe de la course à l’argent. On écrasera, on matraquera tout ce qui résiste : « paaarrrccee que c’est noootttrrreee projeettt » comme hurlait à voix de fausset l’ado que ses conseillers en com’ n’avaient pas encore choisi rhabiller en Jupiter.

A cette jeunesse-là, d’autres jeunesses d’élites ont répondues à l’opposé. Je dis élite, je m’arrête sur ce mot. J’appelle élite ceux qui vont manifester en actes (parfois opposés) les rêves et les angoisse partagé par une génération. La masse subit les mêmes pressions, mais continue à penser qu’elle doit avoir une vie « normale. »

C’est donc parce que ces fous ont choisi la réussite de détruire le monde, que d’autres explorerons toutes les voies du refus de cette destruction, voir du refus de cette réussite.

On en a vu qui choisissent les filières d’excellence de l’ingénieurie environnementales ou des associations écolos, de la culture alternative. On dit même que d’autres se sont perdus en politique – dans le sillage d’un autre « toujours plus » (de poste, de places), des Duflot-Placé – jusque parfois sur le perchoir de l’assemblée.

Pour la génération d’après, celle des 20-30 ans pour qui l’avenir rime avec vivre ou survivre à la 6e extinction de masse.

Les plus jeunes inventent de nettoyer le plastique des océans, d’autres y sombrent, corps et biens, se finissent par un moyen ou un autre (parle t-on assez du suicide « des adolescents » ou doit-on l’appeler suicide de l’espérance ?) certains se suicident même en entrainant le plus possible avec eux (s’ils sont pilotes d’avions ou collégiens blancs, ils n’ont pas de nom et ne font donc pas trop peur, s’ils sont basanés ont dit djiadistes et tout le monde tremble).

D’autres encore choisissent (ou se voient imposer) l’affrontement direct avec les destructeurs. On les appelle « casseurs » ou mieux « black-bloc. » Dans leur monde où tout est d’image et de médias, ils savent que brûler un Mc Do (ce qui en soi n’est rien que de faire payer un peu des compagnies d’assurances), c’est faire reculer le « choose France » du président. Plus les écrans du monde montrera une France qui brûle (en fait juste un Mc Do, hein), plus l’argent prendra peur. Moins il viendra faire de projet en béton ici. C’est une stratégie de réponse, que les parlementaires peuvent contester, à la destruction de leurs cabanes à Notre-Dame des Landes ou à la sélection en fac.

Car si cette generation a un autre trait commun, c’est bien d’être passé par les études supérieures. « Cela ne vous donnera pas d’emploi ! » hurle le gouvernement. « Cela nous permet d’être au monde et de le penser, de penser la constestation de ce qu’est devenu « l’avaleur travail », répondent les étudiants. Conflit autour du bien symbolique : le savoir. Est-il fait pour produire plus ou pour comprendre pourquoi l’on détruit plus et y résister ? Ligne de partage de deux humanités, dont l’an defense vaut bien une danse autour d’un Mc Do.

Ajout :

Réponse aux amis de la France Insoumise à propos des Black-blocs

Pour terminer ce long billet par une réponse aux Amis qui m’avaient interpellé sur le précédent (La boulette de Mélenchon) en prétendant que Mélenchon devait condamner, quitte à dire un peu n’importe quoi, pour rester présidentiable. Je pense moi qu’il doit expliquer pour rester crédible.

Bien sûr Mélenchon est dans son rôle quand il dit aux émeutiers qu’un casier judiciaire ce n’est pas une vie et qu’il faut rejoindre sa lutte institutionnelle.

Mais plus profondément, les révoltes de jeunes posent des questions plus profondes, répondent à des choses qui ne sont pas écrites ni dites par un vieux député.

Mélenchon n’a pas à être gêné ou pas. Il n’a juste rien à voir avec les Black-block qui eux ne voudraient surtout pas lui ressembler ou avoir affaire à lui.

S’il est gêné, c’est parce qu’il a préempté les catégories peuple et révolte. Et qu’il reçoit des démentis par en-bas de sa stratégie parlementaire. Quand le peuple vote Le Pen par exemple. Ou quand la rue s’anime.

Il n’est pas le peuple. Il est une proposition faite au peuple. Une invitation, par ailleurs tout à fait honorable (ou la moins mauvaise de mon point de vue puisque je me retrouve à voter généralement pour lui). Mais le peuple, les peuples pour mieux dire comme disait Louis XVI car ils sont multiples en France, peuvent choisir d’autres voies, comme celle de la révolte et de la rue.

Il ne devrait pas dire des bêtises plus grosses que lui en qualifiant les black-bloc d’extrême-droite, il s’en est excusé depuis. L’extrême-droite on l’a vu dans la montagne, lisse et proprette, multipliant comme Macron les selfies du gendre idéal en faisant des mosntruosités humaines.

Macron doit désagréger le système Français car il n’y a pas d’autre alternative au projet de croissance finissant que de détruire l’Etat social et ses solidarités. Il a fait de ceux qui construisent des fermes et des cabanes ses premiers ennemis. Il fait taper par ses pions sur les étudiants qui discutent. etc.

Conférencier à millions dans 4 ans ou dans 9 ans, Macron partira ailleurs, il l’a dit, toucher la récompense financière de ses dégâts et prendre un poste de domestique bien payé cette fois. Prendre, comme Fillon et Sarko, Lagarde, DSK… la tête d’un GAFA, d’une superstructure de la destruction, ou d’un fond d’investissement, peu importe.

En attendant Macron vend, détruit à tour de bras, ici et maintenant. Et les gens qu’ils détruit réagissent. Intelligemment ou pas – on peut en discuter – mais sous le coup de l’agression et de la colère, c’est certain. Macron est élu pour ordonner, il crée le chaos.

Dire cela n’est pas impossible quand on vise la présidence parce qu’il faut « être crédible pour la majorité » (comme me l’ont écrit ici certains de mes amis) C’est de ne pas pouvoir le dire qui est préoccupant pour lui et pour l’avenir du mouvement qu’il représente.

Langlois-Mallet

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La boulette de Méluche

La boulette de Mélenchon nous dit une chose importante. De tout temps depuis la Révolution la gauche parlementaire n’est pas le peuple; elle est même le plus souvent contre la rue, contre la Commune etc.

Le mécanisme de la révolte est le même de tous temps. Quand la politique est trop « à droite », quand elle ignore la réalité sociale, quand elle nie le peuple; quand « la gauche » bien qu’elle conteste le pouvoir ne le représente pas ou le représente mal, la rue s’exprime par la révolte.

Et tous les bourgeois de s’écrier « olala ils ne sont pas gentils de casser. »

La question est qu’ils se sont fait casser d’abord. Casser quand ils bâtissent (comme à Notre-Dame des Landes), casser quand ils discutent, comme dans les facs. Casser leur avenir par des politiques qui soutiennent la destruction du travail, la destruction du service public, c’est à dire de l’outil collectif. Des politiques qui favorisent aussi la destruction de la vie sur Terre, c’est à dire de la possibilité même de se penser un avenir pour les moins de 30 ans.

Pour info hier on a appris qu’encore un iceberg de 50 fois la taille de Paris s’était décroché. Que la mer persique recelait (elle aussi) une zone morte de la taille de l’Ecosse… etc… je comprends très bien pour ma part que des gens de 20 ans aient envie d’exploser les Mc Do et les Mercedes. Même si « c’est pas comme ça, blabla »

Nous on a été une génération très gentille et très polie. On à dit les mêmes choses posément, que « ce qui était utopique c’était de croire que l’on pouvait continuer comme ça. » On s’est juste fait exploser la gueule par des ecolo opportunistes qui nous disaient « du pouvoir, des postes. » par les Voynet, les Rugy, les Duflot, les Placé, les Baupin et compagnie.

Alors oui, ce n’est pas en pétant des abribus Decaux que l’on construit. Mais je comprends parfaitement ceux qui ont vingt ans et qui se disent qu’il faut au moins détruire les symboles de ce qui les tue.

Langlois-Mallet

Vive la grève globale !

De mon petit point de vue, la question n’est pas de savoir si le mouvement des cheminots est un mouvement de défense du Service Public. Cela va tellement de soi, que la question ne se pose pas.

La question me parait : réagissons-nous enfin face à un monde invivable ? Macron veut avancer encore d’un cran dans cette rentabilisation (ce toujours plus pour le 1%) dont le prix est connu pourtant : déshumanisation et destruction de la vie.

En soutenant les cheminots, je me sens tout autant soutien des hospitaliers que des profs que des pharmaciens ou des petits commerçants de mon quartier, des étudiants que des boulots précaires et stages bidons qui sont souvent les mêmes.

Je m’explique :

1/ Je suis passé acheter une brosse à dent à la pharmacie. Elle est en train de passer sous pavillon d’une entité qui regroupe maintenant toutes les pharmacies des alentours et d’ailleurs. On connait la musique. Les prix baissent un peu, les conditions de travail deviennent inhumaines et robotiques pour des gens sous-payés et stressés, l’accueil se mécanise dans la vente… Puis un autre groupe pire rachète le réseau et enfin une chaîne de grande surface te distribue tout le quotiden pour le profit d’une famille d’actionnaires.

2/ Ce matin je veux mettre en service une ligne de portable. Plus d’humains nulle part, comme ils ne donnent aucun code et que joindre un robot s’avère automatiquement impossible sans numéro de téléphone, je tourne longuement en rond sur des bases de données numériques; mon temps, sert à régler leurs problèmes et leurs économies.

3/ Hier je prends un Uber et lui demande un détours touristique. Je promets au gars que le site lui payera la différence. Comme ce n’est pas le cas, ce matin je lui envoie un texto pour lui demander un moyen de lui faire passer les vingt euros que j’estime lui devoir. Un rejet automatique (sur son 06…) m’empêche d’entrer en contact. Etc…

Vous avez tous mille anecdotes comme cela. Dans votre rue aussi, les supermarchés et les chaînes franchisés, avec leurs façades toutes semblable et leur personnel en sous-CDD stressé, ont remplacé les boutiques humaines. Voilà ce que j’appelle la déshumanisation et vous savez comme elle a gagné du terrain à la SNCF.

Donc le débat est en effet le retrait d’un projet de loi (ou de deux, ou de dix). Mais il est plus globalement de renverser la vapeur et de mettre un stop à une destruction massive au non du plus de fric du 1%.

Je me sens autant usager des trains (parfois comme tout le monde) mis en danger au profit des « cars Macron » que client de pharmacie solidaire des laborantines. Autant en mouvement contre le chômage que l’on impose aux uns, que le burn-out que l’on impose aux autres. Contre la mise en danger d’autrui au nom du plus de profit du 1%.

La destruction du ferroviaire, c’est 1 millions de camions en plus sur les routes de France. A combien chiffre t-on cela en cancer du poumons ? On parle d’emplois directs et indirects, parlons de la destruction directe et indirecte. Ce n’est pas à mes lecteurs que je vais apprendre le rapport entre la destruction écologique et la course au plus du 1%. Le rapport entre rendements agricoles maximaux et pesticides. Et celui entre cette destruction chimique du vivant et les cancers autour de nous ou en nous et la disparition des abeilles et des insectes ou le taux de plomb de mercure et de plastique et la naissance de nos bébés pré-pollués.

Non, on ne peut pas continuer comme ça. Donc oui. Il y a un enjeu global et vital à faire reculer nos ennemis et ceux qui nous détruisent. Vive la Grève générale. Vive la Grève globale ! Vive la Grève absolue !

Langlois-Mallet

Nos doigts dans l’engrenage de l’actu de la semaine…

Ecologie. Mouvement social. Attentats. Héros… Et nous et nous et nous… L’actualité qui nous entoure et conditionne nos vies m’a fait la semaine passée l’effet de gros engrenages dont on ne sait comment ils vont s’enclencher.

Nos doigts dans l’engrenage de l’actu de la semaine…

Le principal, quoi qu’en disent les journaux, concerne l’empoisonnement de la Nature; c’est le compte à rebours de notre condition vivante, de la disparition des oiseaux à notre futur cancer, du plomb, aux néocotinoïdes que nous absorbons, à la disparition des abeilles, ne font qu’un.

Le petit engrenage de notre réaction politique a tourné a plein régime lui aussi, mais… à l’envers. La faute aux Marcheurs bien sûr. Face à eux, ils n’étaient que vingt députés pour tenter de l’inverser, contre ces quarante-six collabos qui ont voté la loi pour le « secret des affaires » (les autres étaient à la pêche ?) qui de fait bloque à la source, l’information sur les scandales des multinationales. Ceux chargés de nous défendre sont armés contre nous.

Un espoir dans les rues

Le gros engrenage du progrès social va t-il se remettre en mouvement ? Sur les cheminots repose la résistance du service public et par ailleurs la cohésion de la société toute entière. Les étudiants, les lycéens répondent aussi. Les arguments des courtisans du pouvoir sont absurdes : Non, l’accès au savoir ne s’évalue pas en terme d’employabilité. L’université doit élever des êtres humains, pas seulement cocher les cases des employeurs. Si la jeunesse bouge, c’est qu’elle voit bien que l’ensemble de la proposition de vie qui lui est faite tourne à l’envers.

L’écrasante roue des attentats

Elle a pris tellement d’ampleur dans les médias, que l’on s’est trois jours demandé s’il pouvait faire taire le rouage social. Les attentats… un rouage et même deux !

Il y a l’engrenage des attentats vraiment organisés (petit au regard de l’histoire, mais énorme dans les représentations d’une société de loisirs), celui qui est mû par la puissante roue à aube des guerres et de la politique internationale. Les guerres états-uniennes, ont fait levier sur des forces, que notre imbrication dans l’OTAN ne permet plus plus contenir. Cela donne par exemple le Bataclan.

Et puis l’autre, le phénomène individualiste des suicidaires-assassins. Une culture « made in USA » encore, enfants de Call Duty et de l’industrie de la violence télévisuelle, celui qui s’exprime sans fard dans les collèges outre-Atlantique. En France, il engraine partiellement les petits délinquants dégoûtés de leur propre pourriture, qui faute d’être Scarface se la pètent Ben Laden.

La force de Daesh ici, c’est d’avoir compris qu’il fallait construire des engrenage avec ce que nous avons oublié : La violence des jeunes mâles a besoin d’une cause héroïque ou à défaut morbide.
Fournir à de vagues ersatz de croyances un engrenage, un prétexte de dernière extrémité — une sorte d’indulgence — permet à une mafia de paraitre puissante en tuant en franchise, grâce à ces auto-entrepreneurs du meurtre. Cela n’est pas l’Islam. Mais si une société effrayée parvient à gober cette publicité mensongère, l’engrenage des haines communautaires pourra se mettre en marche et disloquer la France.

Beltrame, Knoll : L’exemple et l’antidote

Cette semaine, c’est donc le petit rouage des héros qui leur a logiquement répondu sur le terrain de l’humanité.

Arnaud Beltrame a fait passer avec sa vie le message aux jeunes : la grandeur de la force de l’homme ce n’est pas de tuer, mais de protéger. C’est un message qui a de nombreuses adresses… Aux petits merdeux tentés par le crime qui se victimisent. Aux extrémistes de toutes les identités, de toutes les chapelles, excités par la perspective de violence. A une société Française qui confond pacifisme et refus de la violence, avec faiblesse, dégoût de soi, lâcheté et confort.

Guerrier accompli, Arnaud Beltrame ne s’est pas « sacrifié ». Il a affronté à main nues cette violence armée. Il avait fait le choix du don, un choix de service public au sens fort. En se mettant à la place d’une otage, il a manifesté à une société de consommation ébahie, que quelque chose de plus grand que notre vie (quelque soit le nom qu’on lui donne) transcende l’aventure commune des homo-sapiens.

Le fils de la mamie Knoll, (car elle est la mamie maintenant de tous les parigots) a parlé du coeur à la société civile toute entière. Il nous a dit que le refus de la haine, du meurtre, de l’injustice, n’était pas une affaire communautaire, religieuse ou politique. Qu’elle transcendait toutes les appartenances et concernait tous ceux qui ont un coeur. Par là, il a fait d’un poison une antidote. Tous ceux qui veulent embraser la société Française en identités haineuses étaient sciés.

Cela a été peu soulevé autrement que par la polémique, mais cela a été ressenti. Au plus profond de sa douleur, cet homme nous a dit que nous étions d’abord tous ensemble pour peu que nous décidions de nous y associer. Mireille Knoll est désormais une héroïne et martyre parigode. Son fils un autre héros pour la France.

Ces témoignages de l’époque au meilleur d’elle-même nous invitent à vivre pleinement notre rôle de petit rouage dans la grande machine collective, pour inverser les gros qui doivent l’être. D’être mû bien sûr, mais aussi de mouvoir et d’émouvoir.

Nous ne savons pas comment les choses vont tourner, mais ce n’est pas l’important. L’essentiel c’est que des héros ont mis en marche des forces et que ces forces doivent se combiner, que nous devons prendre notre part pour y aider. Nous ne devons nous retrouver que dans un refus très large de toutes les haines et des amalgames identitaires ou communautaires d’où qu’elles viennent, pas dans ces refus, partiels et sporadiques; surtout pas ceux de notre « communauté » contre une autre. Nous devons nous retrouver aussi dans un usage positif et protecteur de la force.

J’espère pareillement que les forces sociales vont faire dérailler l’emprise que ces Marcheurs veulent donner aux multinationales sur le Service Public. Et que des victoires de la société face aux empoisonneurs en entraineront d’autres sur la question de survie de l’écologie toute entière.

Langlois-Mallet

NB : Une petite aparté sur les étrangetés du jeu des engrenages, ou comment certains engrenages forts ont paru eux, tourner à contre-temps dans l’actualité.

Ainsi le rouage féministe. Des femmes avaient raison de dénoncer les violences sexistes au sein de St Cyr. L’actu a été percuté par l’attentat. Beltrame était issu de cette école. Fin de la séquence.

C’est un peu dommage car des héros ne doivent pas servir à faire taire des victimes et encore moins empêcher que leur école d’origine s’améliore. Mais c’est aussi un signe d’un mouvement parti sur des bases qui ont braqué beaucoup de soutiens.

Plus bizarrement encore, les #Meetoo et les #balancetonporc n’avaient rien à dire ni sur le meurtre d’une femme âgée, ni sur une autre, sauvée parce qu’un homme donne sa vie. Je risquerais bien volontiers l’hypothèse que c’est parce que l’homme protecteur manque à beaucoup que ces causes justes au départ, glissent dans la bêtise, l’amalgame et une virulence tout azimut.
A l’exemple du mouvement Vegan, dont la réflexion intéressante se salit dans l’extrémisme, quand quelqu’une en vient à se féliciter de la mort du chef de rayon boucherie dans l’attentat…

***

* Notons pour mémoire les noms des vingt courageux qui ont tenté de s’y opposer :

Richard Ramos (Modem), Les PS : Delphine Batho, Marie-Noëlle Battistel, Marietta Karamanli, Stéphane Le Foll, Christine Pires Beaune, Dominique Potier, François Pupponi, Hervé Saulignac, Boris Vallaud.

Quatre « Insoumis » (les autres sont-ils devenus soumis, avaient-ils piscine ?) Caroline Fiat, Bastien Lachaud, Mathilde Panot, François Ruffin et 6 communistes, Marie-George Buffet, André Chassaigne, Elsa Faucillon, Jean-Philippe Nilor, Stéphane Peu, Fabien Roussel

Semaine Sainte

Je vous souhaite d’avoir eu un Coeur ému cette semaine pour ce courageux militaire catho égorgé, pour cette adorable mamie juive poignardée, comme pour ces civils désarmés Palestiniens abattus.

Si à un moment vous avez pensé « bof », ou pire « bien fait »… consultez d’urgence, quel que soit le camp, vous faites partie de cette France qui dérape et qui est mûre pour le pire.

Langlois-Mallet

« Ce que nous apporte l’Islam »

Franchement, j’aime bien Dassier. Parce qu’il dit des trucs cons, mais surtout parce qu’il me pousse à sortir de moi pour y répondre. S’il était tout seul, je garderais le truc pour moi, mais comme vous avez sûrement autour de vous un petit gars sympa de l’enfance qui n’aimait pas trop réfléchir et qui aujourd’hui devient un petit extrémistes, je vous le partage. Soit je vous fais gagner du temps, soit vous m’en ferez gagner en apportant d’autres réponses que les miennes :

Aujourd’hui, le bougre avait fait fort ! « Si nous avions empêché l’installation de l’Islam en France . Nous aurions préserver l’homogénéité d’un peuple et nous n’aurions pas tous ces problèmes. Tout ces morts plutôt. Que nous apporte l’islam franchement ? Il y as des points positif pour toi !????? »

Franchement Emmanuel regarde ta question et tu auras la réponse.

Tu dis : que nous apporte l’Islam (1) ?

Si les responsables s’étaient posé cette question (ce que l’on s’apporte mutuellement), on n’en serait pas là. Ce n’est pas non plus l’Islam qui s’est dit : « Tiens, je viens là. » La situation est justement le fruit d’une question que l’on a refusé de se poser…

Comme souvent dans la vie, l’intention de départ compte… Et elle était plutôt merdique. Des multinationales voulaient faire du fric bon marché… Avec les colonies les dirigeants avaient pris l’habitude d’avoir de la main d’oeuvre (ou de la chair à canon) pour pas cher. Les patrons se sont juste dit : « les Européens vont nous couter trop cher, on tape dans une main d’oeuvre à bas prix et qui ferme sa gueule. » « Oui, Sidi.. »

Après les politiques ont vu que tu ne pouvais pas faire venir des millions d’hommes sans leurs femmes, que cela posait trop de problèmes (et que par ailleurs elles pouvaient bien gonfler les stats de la natalité) et qu’ils pouvaient bien vivre dans des coins relégués entre-eux, au pied des tours. Que la question de l’accueil ne se posait pas et celle de l’intégration encore moins. Leurs enfants ont grandis là-dedans. On leur a dit à l’école d’être Français et en même temps ils ont vu qu’ils ne l’étaient pas. Les usines ont fermé et ils se sont retrouvés comme des merdeux au-pied des tours. Parfois pas aimables, souvent pas aimés. La haine est venue de là.

Je ne victimise pas. Je n’excuse pas non plus les crimes, juste certaines choses ne sont pas inexplicables. Encore une fois toi, ton arrière-grand père aurait été demi-esclave dans le champ d’un colon, ton grand-père tirailleur sans retraite ni reconnaissance et ton père serait mort d’un cancer à l’amiante à 50 ans pendant que ta mère s’usait à faire des ménages. Je me demande comment tu verrais les choses aujourd’hui.

Que nous apporte l’Islam (2)

Après autre aspect de la question, la France homogène. Dis cela à n’importe quel historien, sociologue, démographe, spécialiste il sera mort de rire.

Sais-tu que la majorité des Français sous Louis XVI ne parlaient même pas le Français ? Sûrement tes ancêtres aussi. Il n’y a au départ rien de commun entre un Basque, un Breton, un Parisien, un Auvergnat et un Corse. Ils ne se comprendraient même pas, si au XIXe siècle un mouvement d’unité des mentalités (très violent) n’avait été mené par la IIIe République. C’est à dire avant-hier !
C’est tout récent à l’aune de l’histoire !

Que nous apporte l’Islam (3)

Essaie de repenser à notre histoire. Crois-tu que les Gaulois se sont dis : « Tiens, ce serait chouette de se romaniser ? » Que les premiers chrétiens ont été accueillis au cris de : « Ouf enfin nos racines chrétiennes arrivent ! » (alors qu’ils apportaient une religion de l’Orient). Que les peuples du IVe siècle avaient hyper envie que les Francs ou les Ostrogoths franchissent le Rhin, viennent et prennent le pouvoir ? Crois-tu que chaque peuple conquis par les rois Capétiens se soient dis : « Super ! On va être Français ! »

Sois sérieux. L’histoire avance. Douloureusement.

Historiquement, on est allé chercher l’Islam pour notre profit. Là, il s’avère que ça pique. Dans 500 ans ils s’en foutrons de nos petits attentats, comme nous des morts de l’histoire (on restera juste comme les salauds qui ont pollué une belle planète et l’on rendue invivable). Les gens, s’il en reste, seront les résultats de ce mélange.

Je ne sais pas si tes petits enfants seront Islamisés ou laïcs, s’ils seront évangélistes ou redevenus chrétiens.

Ce qui me parait plutôt évident, c’est que l’on va en baver pour le travail non fait ensemble. Que beaucoup de jeunes mal dans leur peau vont avoir envie d’en découdre. Les uns irons à l’extrême-droite, les autres chez les barbus. Et les gens normaux au milieu vont payer les pots cassés.

Donc essayons d’alléger la facture et faisons en sorte que l’immense majorité des Français (d’origines, de régions, de croyances diverses) se serre les coudes contre les assassins, mais aussi pour affirmer des valeurs et proposer un idéal qui corresponde aux vraies enjeux de notre époque. Pour mémoire, beaucoup de chercheurs ne savent pas si la vie sur Terre en a pour 50 ans… Donc, l’urgence, la vraie n’est pas de se diviser, mais de se bouger pour trouver des solutions. Et vite !

Langlois-Mallet

Grèves. Soutenons le Service Public

Pouvez-vous m’expliquer comment on peut en France (grand pays riche, ou juste pays normal peu importe) en être venu à l’idée à peu près générale et fataliste que les trains coûtent trop chers pour que les voies soient entretenues; comme de croire normal ou acceptable que les oiseaux disparaissent plutôt que d’interdire de répandre du poison ?

Croire qu’il est normal d’accepter que les personnels hospitaliers se trouvent en tension insupportable et qu’il y ait des « déserts médicaux » (c’est à dire des endroit où l’Etat se donne le droit à la paresse de ne pas investir pour le minimum de santé des gens); On pourrait rajouter que les profs soient mal payés et les écoles et collèges surchargés, que l’Université craque; que le nombre de juges soit celui des années 1850 alors que la population a doublé ? Que des milliers de gens dorment dans la rue ou dans les bois ? Et même que la police de terrain soit au bord du burn-out ? Ou que l’armée ne puisse pas garantir d’assurer une mission d’ampleur qui aurait à advenir ?

C’est à dire que l’ensemble d’un fonctionnement juste normal soit remis en question ? Au nom de quoi ?

Accepterait-on que l’avion du président Macron n’ait pas d’essence pour une visite officielle ? Que les députés ne soient plus payés et que l’on ne paye plus pour leurs obsèques ?

Acceptez-vous que vos fenêtre n’ait pas de vitres ? Votre appartement pas d’eau ? Dormez-vous à même le sol ? A partir de quand êtes-vous prêts à sortir en culotte en hiver ?

Accepterait-on que le 1% de plus riches ne participe plus à l’impôt et à la solidarité nationale et se considère comme une classe à part qui n’aurait plus de comptes à rendre à tout ce qui est commun et sur lequel il fonde sa richesse ? Je crois bien que c’est ce dernier point que l’on accepte.. au travers de toutes les « impossibilités » que l’on nous présente de le taxer au nom des « contraintes économiques internationales », « du Marché », de « l’Union monétaire » ou de la « concurrence libre. »

J’aime beaucoup l’Europe et comme tout le monde je trouve beaucoup plus intelligent de faire des projets avec les pays voisins que de se faire la guerre. Mais il est grand tant de redevenir un peuple politique, c’est à dire un pays indépendant tant les deux sont liés; si l’on veut que l’on puisse réexister et poser à nouveau ces questions de base.

Il est peut-être temps aussi de dire à ce jeune sur-diplomé qu’il ne dirige plus un fond d’investissement pour faire gagner plus à quelques hyper-riches, mais a été élu pour faire marcher un pays.

Et puis aussi d’aller en manif jeudi !

Langlois-Mallet

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Le Service Public n’est pas un gros mot. C’est l’honneur de ce pays et un peu de notre force à tou-te-s.   (Si la journée peut servir à affirmer ce message…)

Petite note sur notre déprime politique post-Macron / « Ovaires-dose »

J’aurais plein de trucs à vous écrire sur la dépression politique que nous sommes nombreux à ressentir, depuis de grand flash de la Présidentielle (qui dit drogue, dit descente). Je vois beaucoup de gens touchés, des gens bien souvent, à hauteur de ce qu’ils mettent d’eux-mêmes dans le mot : « politique ».

Mais en fait je suis toujours moi-même en partie trop dedans pour vraiment me remettre au boulot d’analyse et d’écriture, qui par ailleurs devrait aussi se donner pour objectif de proposer. La mienne, c’est une « déprime qu’à du bol », comme Souchon les mélancolisent si bien. Cela change et ce n’est que justice. Elle s’identifie dans l’observation du vol des gibbons aux longs bras, libres, dans les cimes des dernières forêts primaires (pour combien de temps ?) et le va-et-vient du toucan préhistorique vers la cache où il nourrit ses petits.

J’en profite pour redonner le prima à la vraie vie, réinventer ma famille, lancer ma petite boîte comme tout le monde. Cultiver son jardin, le reconstruire aussi. Et remettre en question jusqu’à l’usage des réseaux sociaux et à plat les usages de la critique engagée. A quoi servent, si ce n’est à me fragiliser, ces 20 dernières années d’engagement frénétique où toutes les causes défendues ont été perdues, démocratie politique, intégration, précarité de la jeunesse, cultures populaires, politiques culturelles… Paris ! Et surtout écologie, devant ce gouffre ? Peut-être au fond juste à me fabriquer un regard.

Je vois aussi les bénéfices que les Français tirent du deal que leur fait Napoléon IV : plus de monarchisme, moins de social. C’est à dire comme un peu tous les régimes autocratiques du monde, je vous redonne de l’identitaire si vous laissez l’hyper-classe jouir en paix de l’épuisement du monde. A la sauce Française cela donne en creux une nouvelle devise, Macroniste : Autoritarisme, Ruisselementisme, Individualisme.

Je vois la vexation supplémentaire que cela représente pour la France républicaine, celle issue de la IIIe République et de ses mythes scolaires, et qui encaisse les nombreuses claques du moment, au risque de l’aigreur (du FN à Valls). Une France culturellement bloquée sur un logiciel unique confondant politique et culture, se croyant par essence vouée à être ennemie de tous les particularismes, de toutes les diversités, se sentant rongée, menacée par eux (en premier lieu par l’Islam) et en même temps aspirée avec délice sous perfusion létale d’une seule, l’Anglo-sphère.

Ovaires-dose

La séquence que nous vivons a été décrite par un chercheur comme celle de la « révolte des privilégiés », comme Macron publie « Révolutions » pour mieux de couper la tête aux cheminots et aux infirmières. Comme dans le quinquennat Hollande, le débat sur l’effritement politique et social se trouve enseveli sous les brouhaha des magnifiques progrès des mœurs globales, sorte nouvelle religion contre laquelle il ne fait pas bon ouvrir le bec.

Sa traduction ici, avec la révolte des actrices d’Hollywood contre les producteurs avec qui elles montent à l’hôtel se déshabillent à 4h du matin pour avoir le rôle puis qu’elles accusent de viol (je sais, je pousse un peu le bouchon en sens inverse), ne me donnant pas réellement idée de la pierre de touche sur laquelle on peut refonder le bonheur entre les sexes et une civilisation amoureuse.

Il y a longtemps que je dénonce ici le jeu actuel des sexes, vain et méchant, et que je me suis rangé des voitures amoureuses pour appeler au débat-amoureux ; jusque là je me serais volontiers décrit comme féministe, mais disons qu’il y « ovaires-dose ». Il s’agit de faire ramper les hommes, plus que de les faire s’élever et dans ce que nous voyons, finalement ce sont les femmes qui s’abaissent.

Je reste bien persuadé de l’enjeu d’une transformation de la violence inhérente aux hommes, mais selon moi c’est une expérience culturelle amoureuse, dans la découverte du plaisir féminin (qui n’est pas plus une fin que le plaisir masculin, juste un médium de la rencontre). Pas dans l’insulte, la culpabilisation des hommes, la violence symbolique ou des lois consacrant le primat d’un sexe sur l’autre. Pas dans l’instauration d’une nouvelle religion de la déesse mère-victime ou de ce qui est peut-être le comble, la négation « patriarcale » de la violence que les femmes portent aussi… Oui, la rencontre de l’autre est une expérience violente et difficile. Mais pour les hommes aussi, que croyez-vous ?

Bref, l’époque incite au pas de côté. Les gens font les expériences qu’ils veulent dans ce que l’on appelle démocratie et c’est peut-être à cause des conséquences de leurs choix et de ce que leur fait vivre la société qu’ils fabriquent, entre désastre écologique, insécurité économique et violence individualiste de gens solitaires (ah les filles et leur chat !), que les dictatures ont le vent en poupe et que cela s’annonce pain bénit pour les sectes de tout poil.

Quand la déprime est collective, le bonheur est sûrement individuel. Mais, faute de connections faisant sens, c’est à dire de lieux ou débattre ensemble de la culture ou réinventer la politique, c’est une fuite dans laquelle on sera tous bien vite rattrapés…

Langlois-Mallet

Rats-Lib’ : Se faufiler partout à Paris !

Plus de vélos, pas de voitures. Paris misera demain sur l’attelage de rats.
Inquiets de voir leur carrosse se transformer en citrouille, les barons de l’exécutif de la majorité municipale, menacés par l’avalanche de mauvaise nouvelles (dettes, magouilles dans les PV, abandon des vacances pour les enfants pauvres et divers autres projets foireux…), ont eu recours à Jargon.2.0 une agence de communication spécialisée dans « les nouveaux usages de la ville partagée pour tous, innovante de demain et connectée up to cool ».
– L’idée de l’agence, fondée par un ancien du MJS, est tellement simple que l’on s’étonne que la ville n’ait pas déboursé plus tôt les 45 millions d’euros nécessaires à la réflexion des créatifs et media-planeurs. Partant du constat que les Parisiens n’ont plus droits ni aux vélos, ni aux voitures pour se déplacer, il était tant d’innover dans l’utilisation des ressources naturelles de la Capitale en lançant le premier service de carrosse avec attelage de rats.
– Rat-Lib, c’est le nom du futur équipement municipal envisage de séduire d’abord les touristes qui, explique sans nov-langue le premier adjoint Bruno Fayard :« sont le seul vrai enjeu pour Paris, les habitants on s’en branle », mais serait ouvert aussi aux parisiens les plus chanceux, moyennant un abonnement par QR code avec reconnaissance des empreintes digitales.
– L’appel d’offre en cours d’élaboration ciblerait les compagnies privées spécialiste du low-cost afin de garantir l’inconfort et les retards auxquels les clients (on ne parle plus d’usagers) ont droit. il s’agit aussi d’asseoir en parallèle le succès du futur dispositif premium avec attelage de chinchillas (disponible uniquement, à la demande expresse de la maire du VIIe Rachida Daté, entre les 7e et 8e arrondissements).
– Seul obstacle sérieux sur la voie de Rats-Lib’ des élu.e.s de la majorité elle-même au Conseil de Paris qui dénoncent dans un communiqué la référence implicite « au conte patriarcal, aliénant et dégradant pour l’image de la femme » de Cendrillon. Ils menacent de ne pas voter le projet si la campagne de communication ne s’inscrit pas dans la lutte pas contre les stéréotypes genrés. Par exemple en montant un homme, ou la rigueur un trans, essayant une chaussure à talons, taille 32.
– « Politiquement, l’attaque est fine » note sous couvert d’anonymat un élu de l’opposition perplexe, « Anne Hidalgo pourrait faire de l’invasion de rats un argument d’une nouvelle candidature en 2020 et même en cas de défaite, un départ de l’Hôtel de Ville en citrouille attelée risquerait d’en faire la deuxième maire la plus regrettée à égalité avec notre Jean Tiberi. »
– Plutôt qu’une droite moribonde, le coup politique vise à contrer la montée en puissance à Paris de LREM. Le parti du président a bien senti le vent du boulet et réfléchit à sa réaction, probablement au travers d’un décret imposant une libéralisation des cadences des attelages (on parle de 18h sur 24h, sans jour de pause) . Ce qui aurait pour effet de rendre ce mode de transport très dangereux et donc de voir les Parisiens se tourner en masse vers l’assurance privée.
– On le voit, le projet de réconcilier les nouveaux usages et les rats doit encore s’affranchir de bien des préjugés.
Langlois-Mallet

2017. 200 000 J’aime

200 000 j’aime cette année, merci les Ami-es ! C’est sympa.

J’ai fait pourtant mon possible pour contrarier tout le monde avec une ligne éditoriale qui ne puisse satisfaire personne (excepté moi ce qui est déjà beaucoup de concessions).

Ainsi cette page a ressemblé à un objet volant identifiable comme écolo mais souverainiste; social et partisan de la libre entreprise; vieille France, mais antinationaliste et soutien aux réfugiés; pro-parité, égalité et féminin, mais stop-matriarcat délirant; soutien aux francophonies et très allergique à l’emprise culturelle de l’anglosphère; pour les diversités culturelles issues de l’histoire mais au sein de la République une et indivisible; pour l’art lyrique et des squats d’artistes; méfiant du parlementariste, mais pour l’extension des pouvoirs des parlements; favorable aux crypto-monnaies mais allergique au CAC40; engagé follement au côté (ce qui reste) de l’âme du Paris populaire et en immersion dans les marchés de Thaïlande; chaud partisan de l’Europe, mais en résistance face à l’UE.

Le tout dans une humeur apparemment joviale et primesautière, mais en mode hérisson, qui fasse qu’on ne puisse pas trop le prendre en main même si l’on veut le caresser dans le sens du mauvais poil. Bref, comme le disait Oscar, refusant obstinément de faire partie d’un club qui m’accepterait comme membre.

Elle continuera sûrement à ressembler à ça, si je continue, car vous l’avez vu ces derniers temps, je décroche doucement au profit de la vie réelle.

Bienvenue donc ou adieu.

Langlois-Mallet

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e-crits intimes et chuchotements au monde

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