Aux ami-es hautement allergiques à Macron, le Pen ou Fillon…

Proposition à ajouter à la boîte à idées, pour un candidat de résistance positive au 2e tour.

Le petit sondage d’hier sur vos allergies aux candidats servait à vous tendre un miroir, cher-es contributrices et contributeurs de la page. Il y a beaucoup de différences de sensibilités et d’opinions entre nous tous, mais nous sommes malgré tout une petite bulle pas loin de se ressembler sur l’essentiel comme ces allergies extrêmes le crient.

J’ai bien aimé le post d’un copain qui disait que 67% des gens sont allergiques à Hamon et Mélenchon… Eh oui, des bulles plus grosses existent !

Vu sous cet angle, la présence d’un candidat de sensibilité écolo-humaniste ou social au 2e tour relève du cadeau, du miracle et sa victoire possible (presque) du hold-up. J’écris « presque » parce que les Français sont tellement polarisés qu’ils sont presque contraints d’élire un candidat allergique à une majorité d’entre-eux… Banquier corrupteur, politicien corrompu ou identitairariste.

Hamon, Mélenchon ne tombez surtout pas d’accord !

Mélenchon et Hamon nous savons que ce n’est pas la même chose et nous n’arriverons à rien si nous ne partons pas du constat de diversité. Ne tombez même surtout pas d’accord ! Continuez à exprimer vos idées et vos différences ! Et faites même campagne séparée le plus longtemps possible !

Idem pour nous tous. Personne n’a a tomber en fusion parfaite avec un candidat, les groupies qui font cela sont d’ailleurs pénibles et plutôt irritants pour les autres. Mais il faut dans cette élection (et un jour de St Valentin) faire taire la soif d’idéal de la rencontre parfaite (si l’on veut le candidat parfait, on se présente soi-même à une autre élection, amour parfait garanti… quoique) et considérer qu’il n’est pas envisageable ni supportable de se retrouver avec un président :

– Qui réalise depuis les banques une OPA sur la politique, c’est contraire à la nation et à son indépendance.

– Ou qui désigne de catégories de bons Français à opposer à des mauvais, c’est contraire à nos valeurs.

– Voir un corrompu qui se propose de voler aux pauvres leur santé pour donner aux riches tout en grapillant les miettes pour lui, c’est contraire à l’éthique.

Et surtout avec un de ces président qui n’a pas pris la dimension de la menace sur la vie que fait peser la consommation globale de la planète. Ce n’est pas supportable, pas envisageable, et pourtant il y a trois malchance sur quatre que cela soit notre sort dans deux mois.

Pour un candidat de résistance positive au 2e tour

Donc laissons chacun faire campagne, mais il faudra qu’un se dégage et qu’un autre lui cède le passage. On ne peut pas compter sur les egos, surtout quand ils recoupent de vraies divergences politiques. Mais à un moment donné, il faut que nous puissions opposer une résistance positive au 2e tour à ce qui est inacceptable.

Il n’y aura pas d’accord, donc une force se dégagera ou il faudra tirer au sort, ou… (inventez ici votre solution), je vous propose la mienne. Un risque personnel suffisamment lourd pour celui qui échouerait en même temps qu’un engagement fort :

– Que Mélenchon ou Hamon s’il se maintient s’engage à se retirer de la vie politique s’il n’était pas présent au 2e tour… Chiche ?

Langlois-Mallet

Présidentielles. S’impliquer maintenant dans la solution (ou demain dans le problème ?)

Hamon, Mélenchon, Jadot et les autres… Je vous propose de prendre la question de l’alliance sous l’angle de la complémentarité et… d’y impliquer maintenant votre intelligence !
 
Observez. Ce que ce que font les trois mousquetaires ne doit pas être regardé en terme du meilleur programme (ils seront tous à la poubelle dans deux mois si aucun n’est au deuxième tour), mais plutôt du type de travail en cours. J’ajoute ni seulement jugé en fonction de vos goûts personnels, qui doivent s’effacer (un peu) devant une prise en compte de la réalité (massive !) de la société qui vous entoure et de l’état de l’opinion.
 
#Hamon construit sa domination au long court sur le PS, #Jadot cherche à sauver des élus au parlement en décrochant des circonscriptions. Cela s’appelle construire une majorité politique, dans le cadre d’une alternance. En clair, cette élection est perdue, mais nous allons faire mieux que résister et préparer 2022. Cette approche gestionnaire n’est pas honteuse, mais c’est un peu courte par rapport au souffle demandé à la présidentielle, surtout dans un contexte de grande colère, ou une grande partie de l’opinion veut « exploser » le passé.
 
#Mélenchon, est à fond dans la logique présidentielle de la rencontre entre une personne et une adhésion populaire, il tente de renouer le dialogue avec un peuple en colère, plus que tenté lui par le Lepénisme. Si vous regardez ses meetings, cela ressemble plus à une assos d’éducation populaire (beaucoup d’ailleurs qui le jugent sur sa personnalité discutable, auraient des choses à apprendre). Par contre il est assez faiblement entouré de cadres politiques n’a pas vraiment de solution à l’Assemblée, encore moins pour gouverner, même s’il parvenait à faire élire ses 10 fidèles, il serait à la godille pour trouver ne serait-ce que pour trouver des candidats dans les 577 circonscriptions… Dans son esprit, c’est tout ou rien, ça passe ou ça casse… Or les choses sont souvent nuancées et sur le temps long.
 
– J’ajoute que la troisième dimension -l’angle aveugle de la politique- celle de l’intelligence collective, celle qui ne trouve pas sa place pour le moment. Les porteurs de solutions, les faiseux, les « gens de terrain », une bonne part de nous tous par ici quoi… (la dimension politique muette, celle qui ne se résument ni aux stratégies d’élus, ni au rapport peuple/souverain). Celle que les Verts ont laissé en chemin et que souhaite incarner les Zèbres de #Jardin ou Mme #Marchandise, voir même par la résurgence de #Bayrou (j’en doute dans les trois cas).
 
Oui, les choses peuvent changer, mais à base de l’existant, pas avec un monde imaginaire
 
Je pense qu’il faut considérer cette situation comme plutôt heureuse puisqu’il s’agit du réel et pousser à la complémentarité. Mélenchon, devrait lâcher la pression sur son rêve de révolution dans les bulletins de vote (auquel il manquera juste les votants) et annoncer qu’il prend Hamon comme premier ministre (et qu’en outre il ne se représentera pas), démontrer aussi sa capacité à synthétiser lui-même leurs programmes (plan A et plan B cf. #Piketty hier sur Inter). Remettre en outre une grande partie des solutions de demain, non dans la main d’une Constituante révolutionnaire idéalisée, mais dans des petits actes plus simples, de tous ceux qui font au quotidiens les solutions, l’emploi, la cohésion sociale et qui peuvent avoir (eh oui) besoin de baisse de charges, d’un revenu d’autonomie, de redistribution, d’une réinvention de la démocratie micro-locale (fin du pouvoir des maires, assemblées des citoyens de quartier) etc.
 
Gardez en vue que vous devez maintenant vous mêler de cela « chacun à son petit niveau » parce que la politique est désormais en triangle. Les libéraux fous, les nationalistes en crise d’identité violente et les écolos-partageux ensommeillés. C’est donc avant le premier tour que tout se joue. Soit on se bat sérieusement pour qu’une alternative soit au 2e tour, soit il ne restera que les manifs pour crier, son petit chez-soi pour pleurer et des alternatives encore plus durement entravées.
 
Langlois-Mallet

Théo, émeutes à Bobigny

Je ferme un peu ma gueule sur les émeutes tout simplement parce que je ne sais pas ce que c’est qu’être contrôlé tous les jours, d’être gazé quand passe une voiture de police et d’être tabassé à l’occasion.
Je ne sais pas non plus ce que c’est d’être flic en banlieue et de me faire insulter dans une ambiance hostile, de vivre sur les nerfs et d’avoir peur au quotidien.
Pour nous un policier est quelqu’un de serviable, prêt à nous renseigner. De l’autre côté du Périph je sais qu’une guéguerre malsaine s’est installée. Un combat de coqs entre bandes de petits mâles. Les uns légitimes, les autres illégitimes partout.
Les politiques n’ont pas seulement créés des ghettos d’immigrés, déracinés autant que déconnectés du reste de la société, abandonnés entre eux dans des zones sous nos lois. Ils ont laissé pourrir la misère. Abandonné les gens au imams et aux caïds. Comme ils abandonnent les policiers républicains et les exposent à une haine ingérable, mais pas inexplicable.
On peut toujours faire sa petite morale de peigne-cul laïcard à la Marianne, dire dans son petit loft parisien qu’il est « irresponsable » de faire brûler des voitures car cela est appel d’air au FN, Jack Dion, qu’est-ce que cela change ?
Les gens ne se révoltent pas par plaisir, même si la révolte permet de retrouver du désir. Ils se révoltent parce qu’ils sont à bout et que plus rien ne paraît pire que ce qui est.

Mélenchon, une évolution contre la montre

En se désenclavant de la marmite aux pesanteurs dogmatiques et aux calculs électoraux des cadres des partis de gauche, l’ancien sénateur Mitterrandien poursuit un chamboulement intime attachant qui l’amène, de fièvres bolivariennes en découverte des champs de quinoa, à renouer avec le fond insoumis de la France dans un nouveau patriotisme fraternel et écolo.

Si aucune des interrogations sur sa personnalité incandescente ou les risques de césarisme ne sont levés pour les militants de gauche, l’autre doute qu’il doit affronter est : n’est-il pas trop tard ?

Trop tard pour relancer la conquête des milieux populaires FNisés, après des décennies d’abandon d’une «« gauche »» Terra Nova, dont la pensée se limite à l’apologie marketing des bons sentiments et l’action demeure soumise et engluée dans le libéralisme le plus hypocrite et le plus rentable pour soi.

Ce qui est demandé à Jean-Luc Mélenchon semble relever de l’impossible synthèse.

– A la fois s’affranchir des habitudes d’une gauche narcissique et obsolète et établir en elle les gages d’un contre-pouvoir sécurisant à son aventure personnelle.

– Répondre à la contradiction de son électorat et d’une société française, où la classe moyenne éduquée veut sa part du pouvoir face à la faillite de l’élite, et ou les milieux populaires plébiscitent au contraire, en raison de ce même manquement des élites, un capitanat fort. Où les un-es veulent un discours sur la diversité et les autres ont soif de repères d’identité.

– Réoccuper l’espace central de la politique, pour mettre d’accord l’écolo dont la survie se projette autour de plantations libres et d’un revenu inconditionnel lui permettant d’imaginer un avenir que son action peut transformer et qui finira par être plus à son aise pour la combattre dans une société libérale, et un ouvrier dévalué mis en danger par la perte de son travail qui voit l’espoir d’égalité se renouveler dans l’énergie nationaliste. Des militants politiques qui fantasment la démocratie dans l’abandon de la souveraineté et des électeurs qui fantasment le président en sauveur.

A noter que le choix de l’écologie et de la souveraineté, permet à des solutions de s’articuler pour associer tout ces petits mondes à une visée commune, citons :

– La progressivité d’une redistribution de revenu inconditionnel, l’inscription de tous les salaires publics dans une grille fixe – du président à l’agent d’entretien- à la manière de l’économie solidaire.

– Les nouveaux horizons internationaux d’une France souveraine partenaires en Francophonie, en Afrique, en Méditerranée et une redéfinition du rôle de l’Europe une fois levé l’hypothèque anglo-saxonne.

– Une redéfinition claire du rôle régalien du président et une redynamisation radicale du Parlement, l’ouverture d’une vraie démocratie local sur un modèle Suisse, un pacte territorial permettant à la population des banlieues comme à celle des campagnes de rattraper les centre-villes, etc.)

Il ne s’agit en définitive que de créer le lien, de définir les rôles chacun selon ses compétences dans une cause de redressement commune d’une France écologique, comparable à la reconstruction après-guerre.
Et donc pour Mélenchon, il ne s’agit que de s’autonomiser pour pouvoir redonner une place à chacun; cela s’appelle la présidentialisation après-tout, même si cela fait mal au fondement des zélateurs de la VIe République de le reconnaitre…

Encore faut-il mesurer que l’obstacle principal d’une alternative si tant est qu’elle soit prête à s’en donner tous les moyens — surtout vis à vis de ses propres limites— ne lasserait pas d’être l’absence d’adhésion, voir le blocage des élites et l’absence critique de relais dans la direction de l’Etat… Là encore, ce serait se réveiller bien tard par rapport tant à l’écrasante puissance libérale (l’émergence d’un Macron à seule base de levée de fonds bancaire et de Une people de leurs journaux) qu’au travail patient et rageur de proscrit que le FN mène depuis 30 ans, dans l’ombre de TF1, auprès des vaincus de la globalisation…

Parti bien tard, et encore incertaine, l’alternative Mélenchon peut-elle nous éviter un coup de balancier brutal dont la France manichéenne raffole, entre nationalisme et ultra-libéralisme ?
Il reste deux mois. Tic. Tac. Tic. Tac…

Langlois-Mallet

Hamon, le vote des bonnes intentions ?

Le point crucial que les électeurs de Hamon doivent avoir à l’esprit, c’est de ne pas se faire vendre une politique alternative sur la base de l’ancienne.
Hamon ne sort pas des cadres budgétaires européens, c’est à dire qu’il ne peut financer que des promesses qui dépendent des autres… il a beau être gentil et mignon tout plein, il est dans les faits exactement sur la même ligne que Hollande et Valls (même si son discours dit tout autre chose).
Par ailleurs il appuierait une politique différente sur la même majorité libérale-soc que Hollande puisqu’il se propose de faire réélire tous les vieux fantômes à l’Assemblée : Valls, Guigou, El Khomeri etc…??? Qui le croit ?
Comme Hamon n’est pas un poisson rouge, la traduction de cette incohérence est aisée. Il ne croit pas à la possibilité d’une victoire à cette présidentielle et joue, ce qu’il sait faire, la bataille au long terme pour le contrôle du PS (ce qui signifie que vous acceptez déjà 5 ans voir plus de Le Pen ou de Macron).
Il rallie les Verts parce que ce parti a tout misé sur le fait d’avoir des élus. Sans un puissant allié PS, il est asphyxié. Ce soutien relève donc en premier lieu des stratégies électorales.
Du côté de ses électeurs, je vois une explication différente. Hamon correspond à l’écologie d’intention ou de distinction. Ceux qui votent pour l’idée (qui fait d’eux des bons, des gentils), mais sans changement de mode de vie.
Parce qu’ils pensent vraiment au fond que le monde ne change pas ?

Langlois-Mallet

Coup de force sur la présidentielle

On a tous dit et montré que la vieille politique était morte que le PS se noyait dans son double discours et la droite…. On le voit.
Mais attention à la 2e lame (celle qui coupe le poil pour qu’il ne repousse pas). La nouveau cauchemar bipolaire mis en place s’annonce pire que le premier.
Les puissants médias (tenus par 8 milliardaires) l’ont compris eux-aussi. Ils connaissent l’opinion mieux qu’elle-même. Ne vous trompez ni à l’OPA inamicale qu’ils réalisent sur la politique avec Macron, ni à leur souhait de voir l’invotable Madame Le Pen présentée comme alternative (et à la lutte du bien contre le mal qu’il ne manqueront pas de vous scénariser par la suite, entre la fasciste et le gentil gendre-idéal-banquier, nouveau St Michel tuant le dragon à côté de qui Myriam El Khomeri est une communiante anarcho-révolutionnaire).
Dans un cas comme dans l’autre, nous sommes très mal
Ne prenez pas cette élection avec les grilles de pensée d’une élection normale. ne vous imaginez 10 petits bulletins à choisir et puis on voit qui des deux restant sera le moins pire (et un coup sur deux on se fait une raison).
Pensez plutôt que la fenêtre de tir est ouverte maintenant et qu’elle va se refermer bientôt. Il vous faudra beaucoup d’énergie si vous voulez avoir un candidat qui rétablisse la vraie priorité, faire passer l’écologie avant le fric. Il faut agir vite, le vivant disparait et il faut redresser la barre pour vos enfants ou regarder le monde s’éteindre.
L’outil pour mener cette action dans un monde qui brûle et ou toutes les décisions, même les vitales, sont verrouillées par les enjeux économiques du 1%, il nous faut impérativement, vitalement, reconquérir notre souveraineté, c’est à dire la maîtrise de nos propres décisions. Pas forcément comme les Anglais en sortant de l’Europe, mais en nous donnons les moyens de la réorienter.
C’est maintenant qu’il faut se bouger et faire son métier de citoyen-ne !
Langlois-Mallet

Ce qu’il faut retenir de Fillon ?

Qu’il choisit le passage en force avec toute la Droite qui suit contrainte et forcée.
-parce qu’il n’y a pas de plan B
-parce que la droite est assez indulgente au fond sur la corruption
-parce qu’elle aime les mecs couillus
-parce que la logique de l’objet ne fait pas partie de son bagage philo
-parce que ce qui compte pour elle est que Fillon a eu une action politique propre (même si son parcours à lui est autre chose)
-Parce que la Droite a peur d’une gauche (PS) tout aussi corrompu qui en plus lui fasse la morale (le cauchemar absolu)
– Parce qu’ils fantasment un complot de l’Elysée (si, si…)
– Parce que la défense de Fillon était bien fichue pour une fois et adaptée à la mentalité de son électorat (pas à celle de la presse, mais la droite se fout de la presse qu’elle pense de gauche)
-Et enfin parce qu’un chateau à 700 cela fait hurler la gauche mais fait chaep dans le XVI où, même si l’on mange des pates dans un appart glacé, on a une autre idée de la fortune
Donc ça passe ou ça casse. Ce qui fidèle à la promesse initiale de la Primaire. Affirmer sa conception et se foutre de ce qu’en pense les autres…

Langlois-Mallet

Arrêter de se mentir / Le FN au centre du jeu / Pour un président équitable

Partout dans le monde, les peuples rejettent la globalisation libérale dans un réflexe de survie. Mais ils sont aussi au péril du nationalisme par quoi ils le remplacent. En France, regardons les choses en face, c’est le FN qui est au centre du jeu. Que changeons-nous pour ne pas nous laisser faire, et leur laisser nous imposer ce 2e Tour Macron-Le Pen ?
L’élection de Trump fût sûrement une catastrophe tonitruante ? Mais l’élection de Hilary Clinton en eut été une autre, silencieuse*. Car partout s’établit ce non choix entre un chaos nationaliste violent, liant un peuple à une personne, et un chaos libéral, passif et déprimant ou toute identification et responsabilité se dissout derrière la technocratie.
S’il n’y avait que nos petites vies ! Je serai tenté de vous dire que l’humanité n’en est pas à un tâtonnement près, une connerie près. Et que cela lui passera avant que cela ne nous reprenne… Le terrible de la situation, c’est que la question qui n’est pas traitée pendant ces pauvrettes querelles, c’est la question tout simplement de la vie sur Terre**.
En France, ne vous y trompez pas, le même non choix est déjà sous nos yeux. D’un côté Macron — qui incarne les pouvoirs financiers et médiatiques assez assurés pour se passer désormais même des partis— de l’autre Marine le Pen, en force. Ce n’est pas parce que les sondages sont discrets qu’il ne faut pas regarder ce réel en face. C’est le FN qui occupe aujourd’hui le centre de la politique.
Le FN au centre du jeu
J’en veux pour preuve qu’il est le seul à arrondir son discours et à chercher le consensus au centre. C’est par exemple un FN** sans peine de mort… triomphe du produit light. Autre preuve, l’élan de radicalité qui a touché les principaux courants d’opinion devenus extérieur à ce noyau central de la politique.
– La Droite ? Elle s’est polarisée avec enthousiasme sur son axe le plus caricaturalement conservateur. Celui de la Manif pour Tous, des vestes de chasse moltonnées, et d’une certaine horreur domestique derrière la façade bourgeoise que l’on découvre avec l’affaire Fillon. Sans cesser de partir dans une ivresse ultra-libérale, elle explose en vol dans sa contradiction : les souffrances pour les autres, les profits pour moi.
– La Gauche gouvernementale idem, qui a sorti son rose le plus foncé pour l’occasion et s’offre une virginité inattendue, sans pour autant se séparer de tous ses fantômes du quinquennat qui la hantent de la cave au grenier.
– L’argent fou aussi joue la carte de la radicalité. Il tente le passage en force et s’affranchit désormais de parti pour contrôler l’Etat. Il s’invente ex-nihilo son président à partir d’un trader. Et avec l’appui tonitruant des médias tenus par 6 ou 7 milliardaires, l’impose aux gogos sous OGM politique à grand coups de unes glamour. S’il est une seule chose à laquelle un pays comme la France se doit de résister, c’est bien cela : préserver l’Etat du pouvoir de l’argent. Quand un Templier, un Jacques Coeur , un Fouquet se sont voulus plus riche que l’Etat, ils sont tombés. C’est la leçon de l’histoire, le bien public ne peut pas être privatisé.
Ouvrons donc les yeux, ce qui est très solidement installé, c’est aujourd’hui un deuxième tour, Macron Le Pen ou nous serons nombreux à ne pas aller voter.
Le réel espoir d’une alternative
Pourtant, si nous sommes capables de mettre une alternative en marche, le chantage se renversera. Le chantage libéral qui a court depuis 15 ans, ne fonctionnera plus. C’est à eux de se retirer, pas à nous.
Soit nous avons maintenant une énergie folle et nous montrons qu’impossible n’est pas Français, que non seulement nous sommes capables, mais que nous nous devons, d’affirmer au monde qu’il y a une alternative, que nous pouvons refuser d’être condamnés à ne pas choisir entre l’argent fou et le nationalisme fou.
L’énergie folle d’un Mélenchon dédoublé (quoique l’on pense par ailleurs du bonhomme), ouvre une voie, même pour un autre et nous montre que cette perspective de l’écologie déplace les foules (combien 100 000 personnes aujourd’hui sur les meetings et médias ?).
Le retour même de la gauche parlementaire des frondeurs et dans leur bagages des Verts et de leurs petits calculs, quoique nous pensions d’eux tous (et moi le premier) se fait sur des bases qui ne sont pas dégueulasses et sont mêmes (dans les discours du moins) les nôtres d’il y a vingt-ans : Ecologie et revenu d’autonomie.
Il n’est pas exclu qu’il y ait demain des personnes de droite, des gaullistes sociaux ou des souverainistes qui ne mouillent ni dans le libéralisme, ni dans l’identitarisme, prennent aussi un chemin équitable et écolo.
Surtout, tous les calculs des politiciens, des sondeurs et autres sont ruinés par avance, car le boulot que font des politiques qui lèvent un espoir dans un climat lugubre, met en mouvement des forces qui se tenaient à l’écart du chemin.
Pour un président équitable
Dans ce paysage très polarisé, les rapprochement seront très difficiles. Dans le triangle que forme Macron, Le Pen et Mélenchon ou Hamon, aucun désistement n’est possible.
Il faut donc sortir maintenant des clientèles, des images d’Epinal et des sectarismes. Il y a donc d’énorme raisons d’espérer pourvu que les porteurs de l’alternative renoncent à leur idéologisme et à leur sectarisme ou à leurs calculs et veuillent bien arrêter de confondre les buts qu’ils se proposent et la réalité à laquelle ils s’adresse. Qu’ils ouvrent les bras à tout ce qui n’est pas « leur public » habituel, ouvriers, fonction publique. Les indépendants, les artisans, les PME, les start-up n’ont pas plus à faire dans le piège du CAC40 que leur tend Macron, que les amoureux de la France, les patriotes sincères doivent se compromettre à l’extrême-droite.
Tous ont au contraire vocation à participer à une alternative très large, une alternative de salut public, comme le fût la Résistance et en appuis sur son programme aujourd’hui renié.
C’est maintenant qu’il faut se bouger tous hardiment pour ses convictions pour qu’une qu’alternative émerge.
Résistance !
Langlois-Mallet
* On pourrait citer la Pologne, la Hongrie, le nationalisme Russe humilié par les Etats-Unis quand ils ont cru rejoindre un monde libre, la Turquie ou la crise d’identité qui va secouer le monde arabe pour longtemps et avoir de terribles répliques partout autour, y compris dans notre quotidien. Partout un populisme triomphe qui noue un pacte direct entre les foules et une personne déterminée. (Ce qui est plebiscité par les peuples en temps de grand danger est bien loin des chimères de VIe république se passant de chef de l’Etat)
** Je parle du FN sans haine, n’ayant jamais fait parti de ceux qui jouent à se raconter que les nazis reviennent. Je pense juste que ce sont des gens dangereux car ils pensent comme des tambours, attisés par des passions obscures aptes à diviser et impuissants à saisir les vrais problèmes et donc à rechercher des solutions. Ce qui est beaucoup !
*** S’il n’y avait que nos petites vies ! Je serai tenté de vous dire que l’humanité n’en est pas à un tâtonnement près, une connerie près. Et que cela lui passera avant que cela ne nous reprenne… Le terrible de la situation, c’est que la question qui n’est pas traitée pendant ces pauvrettes querelles, c’est la question tout simplement de la vie sur Terre**.
Les animaux, l’air, les océans… vous savez tous que nous n’avons pas 50 ans de garantis devant nous. 50 ans, ce n’est pas de la science-fiction, c’est nos futurs cancers, mais passe encore, c’est les enfants de nos enfants, nos petits enfants que nous condamnons.
Si nous nous y mettions tous animés d’une énergie épique à essayer d’enrayer la catastrophe, il n’est pas absolument certains que nous puissions en changer le cours. Mais nous regardons ailleurs, divertis par cette querelle des bouffons entre ceux qui veulent transformer le vivant en papier monnaie pour le compte au final de 8 personnes et ceux qui revendique la colère de vivre, sous la bannière de l’exclusion, du communautarisme et de l’esprit de guerre civile.

Primaire du PS. Le mode d’emploi de ton vote !

 
Donc tu te demandes comment et pour qui voter ? Bon gars, je t’ai préparé la solution en quiz selon ton profil…!
 
Tu t’inquiètes
La fin programmée des espèces animales sauvages, l’explosion de la pauvreté, l’angoisse devant le chômage ou un travail devenu destructeur, les réponses nationalistes et violentes… Et tu ne vois pas le rapport avec le vote d’aujourd’hui…
-Je te rassure, il n’y en a pas (et c’est bien le problème du PS)… donc tu as une belle journée de libre devant toi pour t’informer, réfléchir. A tout hasard, jette un oeil aux vidéos de Mélechon (ou de Jadot si tu es vraiment allergique à Méluche).
 
Tu ne t’inquiètes pas trop
Les gens au chômage c’est un peu triste pour eux. Donc ce serait bien qu’il y ait plus de Croissance et il y a des politiciens qui sont compétents pour ça.
-Toi, tu fais partie des gens « qui mordent la vie » et qui « profitent »… Macron, un banquier cool et sympa, fait des bulletins de vote à taux zéro. Va voir, il en reste sûrement un pour toi !
 
Ça boue sous ton crâne !
Tu détestes Valls, mais tu vas voter pour lui, parce que tu veux qu’Hamon ne gagne pas pour que Mélenchon récupère les déçus. Ou l’inverse… Tu fais partie des élécteurs stratèges…
-A mon avis, va prendre l’air. Balade toi dans les bois (avec ton chien) et arrête de jouer aux échecs avec l’échiquier des autres. Fais simple, vote pour tes convictions, c’est déjà pas mal.
 
Tu sens que tu vas exprimer ta citoyenneté ce matin !
Tu as toujours voté PS. Tu penses qu’Hollande « a fait ce qu’il a pu » et tu récapitules mentalement la liste des « bonnes choses » de ces 5 dernières années (mais si la 5e est dure à trouver et que tu n’est pas très sûr de deux autres… mais bon). Ton divorce a dû plutôt bien se passer (c’est tout à ton honneur) et tu ne comprends pas ce monde violent alors que toi tu votes toujours pour les gentils et que tu lis (achètes) Libé. Tu fais partie des identitaires.
– Vote pour qui tu veux, ça ne changera rien. Tu es de l’époque d’avant et ça va être trop long à t’expliquer (ah si, juste un truc, si un de tes enfants (ou de quelqu’un autour de toi) fait des choix de vie qui t’angoisse, t’inquiète et te déconcerte… écoute-le !)
 
Tu es chez les Verts !
(..)
Pour info tu as déjà un candidat, tu ne le savais pas ? Un gars sympa et pas idiot qui s’appelle Jadot. Ah tu le savais ? Il parle très bien d’écologie, son seul problème, c’est qu’il pense changer quelque chose en étant ministre d’un gouvernement plus ou moins libéral. Ah, toi aussi ? Ah, c’est pour ça que tu votes à la Primaire du PS… D’accord. Ne change rien, la Terre est entre de bonnes mains…
 
Tu détestes le PS !
Et tu cherches le vote qui lui fera mal. Ta vie va moins bien que sous Sarko (crois-tu) et tu cherches le moyen de le faire payer aux bobos ! C’est eux l’ennemi, ceux qui arrivent à avoir le (ton) fric et la bonne conscience !
Tu es juste de droite. Et avec Fillon, tu croyais bien enfin tenir le moyen d’avoir toi, la bonne conscience (et le fric surtout !) Bon, c’est un peu compromis. Va plutôt voir courir ton canard sans tête à son dernier meeting. Ça te permettra de rencontrer les copains du Lion’s ou du Rotary pour choisir (vite)… son remplaçant !
 
Langlois-Mallet

Face aux invotables

J’aimerais quand même rappeler que si Trump a été élu, c’est avant toute chose parce qu’il y avait en face un non choix; celui de « continuer comme ça » avec une représentante caricaturale de cette vieille oligarchie qui a fait du monde le merdier invivable qu’il est aujourd’hui et suicidaire qu’il sera demain.

En clair, cela veut dire que nous nous préparons la même chose avec Marine Le Pen dans 3 mois, si le candidat qu’on l’on oppose aux gens en colère est une vieille crapule de l’oligarchie vermoulue, un télévangéliste-trader du lobby bancaire, un de ceux qui proposent de torturer un peu plus la société pour le confort de sa famille etc.

Soit on place au deuxième tour un candidat (pas parfait) qui a une autre direction à proposer, sinon il est probable que les gens préféreront tout casser avec les zozos autoritaires du FN que de « continuer comme ça » avec les mêmes crapules.

Le chantage au « votez crapule ou se sera le FN » n’y suffira pas, il faut une voie que, vous peut-être, mais en tout cas le peuple juge désirable, ou du moins à laquelle il adhère. Affrontez cette question qui ne se limite pas à vos goûts personnels ou à vos intérêts. Régler vos réveils sur maintenant ou tricotez dès aujourd’hui vos bonnets roses pour les manifs du printemps… Merci.

Langlois-Mallet

e-crits intimes et chuchotements au monde