La France célèbre son vide ces jours-ci

Du pays de Molière et de Lully, de Voltaire et de Rameau, de Hugo et de Berlioz, de Piaf et de Cocteau il ne reste donc à se mettre sous la dent que Johnny d’Ormesson.

Du « four ou cuit le pain intellectuel du monde » demeure le congelo et à réchauffer au micro-onde médiatique, guère que les restes de l’esprit de salon parisien et du rock du supermarché de Papi.

Pour que le pouvoir, comme il se doit, serve l’éloge de la culture dont l’image le sert etc… pas Louis de XIV, pas de Clemenceau, pas de de Gaulle, pas même de Bonaparte, juste un trader propret et malin qui saisit l’opportunité du divertissement général et du deuil d’Etat pour faire oublier que dans un monde où la possibilité du vivant s’effondre sa politique ne sert aucun éclat, aucune gloire, aucune bataille, aucune résistance. Elle ne sert à rien. À rien qu’à durer un peu. À rien qu’à permettre à quelques riches de le rester le plus longtemps possible pendant que toujours plus s’enfoncent dans la misère.

Bref, la France ne sert à rien

Mais les effluves opiacées d’encens et de Marseillaises sont là elles, et elles doivent le servir à tenir jusqu’à la dinde aux marrons et aux petits papa Noël. Alors énarques et traders nous bricolent de l’âme, de la fausse cohésion nationale à base de gloires commerciales, car pour 2018 ce pouvoir connaît son cap. Gouverner, ce sera tenir et faire attendre avec de la musique comme chez le dentiste en prévision de l’événement catastrophe.

Gouverner en 2018, ce sera boucher, colmater, saturer, endormir un espace médiatique jusqu’à fin mai. Enjeu ? Trouver de quoi (morts célèbres, ventes de Rafales, agitation de loi sur les mœurs, célébrations des victimes d’attentats, polémique ou inauguration…) alimenter le brouillage des cerveaux jusqu’aux préparatifs de la Coupe du Monde dont l’issue débouche sur les plages sur la Rentrée… un autre temps à l’échelle de la gouvernance médiatique, un autre siècle presque.

Langlois-Mallet

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Johnny. Deuil obligatoire

« On »a le droit d’aimer Johnny. « On » a le droit d’être triste. « On » a aussi raison de nous dire que c’était un phénomène emblématique du XXe siècle (à la différence de Jean d’Ormesson qui était un témoignage attachant du XIXe). Mais voila. « On » a aussi le droit de dire à « On » qu’il nous emmerde quand il veut rendre sa messe obligatoire.

J’ai aussi le droit de ne pas aimer ce phénomène arrivé avec les bottes des GI, le chewing-gum et la fin à la fois de l’indépendance politique française et le crépuscule de sa créativité culturelle.

Les Chaussettes Noires ne font pas partie de mes héros, ni Sylvie ou Laëtitia de mes déesses, même païennes. Le Bus Paladium n’est pas un Panthéon mais un simple supermarché de la consommation. Bref, je ne célèbre pas ce qui nous détruit.

Autre chose sont les écervelés qui nous tancent « c’est un être humain et vous devez pleurer sa mémoire. » Non. Des millions meurent chaque jours, dont nombre d’enfants, dans votre indifférence hypocrite.

Chacun de nous quand il parle d’une personne publique parle d’un geste, d’une parole, d’une image, d’une bataille sur le sens de la vie commune et non pas de la personne réelle qu’il ne connaîtra pas (et cela est vrai même de nos opinions sur les autres facebookiens).

L’occasion d’un décès est pour les proches un temps de réflexion un d’effondrement plus que respectable. Sacré.

Mais pour la personne publique face au public, c’est un temps de bilan. L’hommage vrai, le seul utile pour les autres, c’est la sincérité et la liberté.

À plus forte raison celle des humoristes.

Langlois-Mallet

France. Nos identités d’esclavagistes et de victimes

Hontes et fiertés collectives d’un enfant au pays de Voltaire.

Quand j’étais petit garçon j’ai appris en découvrant les cow-boys et les indiens que je faisais parti des méchants et que je devais avoir honte car j’étais blanc (mais à vrai dire, je préférais jouer les moyenâgeux et mon château-fort, là où l’on pouvait se latter la truffe avec panache en toute bonne conscience sans les remarques des adultes).

Français je pouvais être fier de Versailles car ma grand-mère me préparait un goûter royal servis sur mon trône parce que « Si Versailles m’était conté » passait à la télé, ou des chansons de Brassens, ou de Bertin que j’écoutais sur mon pick-up, ou, petit parigot de la Commune qui était quelque chose comme la manif contre Pinochet. A vrai dire je n’ai appris que bien plus tard que les Français et les indiens d’Amérique avaient été une histoire d’amour partagée et que nous n’avions pas à être comptable des méchants anglo-saxons ou ibériques.

Nous apprenions que nous étions les bons face aux méchants Allemands (lourdaux que nous aimions bien quand même, car ils ne le faisaient pas exprès, mais par admiration de notre merveilleux pays), puisque Papi avait fait la guerre de 14 (et que son révolver restait caché dans sa table de nuit). Et que nous étions aussi les faibles face aux Nazis parce que papi (l’autre) avait du se cacher dans une ferme en zone libre pour échapper au STO en Allemagne et qu’il y avait des photos dans le foin. Que comme petits parisiens, on nous représentait en FFI les 25 août, alors que nous avons dû découvrir et réapprendre que Paris avait laissé les petits Parisiens Juifs se faire trier et embarquer.

Je devinais à bien des signes que je devais me sentir de la lignée des mousquetaires, puisque mon père en était un par la grâce des ancêtres et que je bénéficiais des honneurs dû à mon rang, mais l’on ne «savait pas trop » me dire comment, sur les ancêtres, surtout à cause des Antilles, parce que c’était compliqué, qu’ils avaient sûrement peut-être été un peu esclavagistes pour certains et sûrement esclaves pour d’autres puisque nous avions du sang métisse, noir et arawak. Peut-être étaient-ils protestants alors que nous étions catholiques ? Bref, c’était compliqué.

On m’a dit que je devais être fier d’être le peuple de la Grande Révolution qui avait éclairé le monde ignorant, mais bon quand même, que les rois avaient fait la France. On rêvait du panache du bon roi Henri, on enrageait du méchant Ravaillac, mais l’on pouvait tenir le couteau aussi. D’être fier d’être Français pour le Siècle des Lumières, que l’esprit de Voltaire vivait en nous et brisait les chaînes si nous chérissions les livres, puis il s’est avéré que le même Voltaire spéculait sur l’esclavage…

On voyait des photos sépia exaltées et étranges dans les vieux ouvrages des greniers de famille ou sur les timbres postes dont on héritait « A la gloire de l’Empire Français » montrant des explorateurs, des boas et des négresses à plateau pillant le mil… les seins nus ! Mais on savait juste que nous étions les méchants avec les noirs et qu’à cause de cela il fallait avoir honte et faire attention : que dire « nègre » était très mal-poli et pouvait nous faire prendre une gifle (comme le jour où j’avais montré un paralytique du doigt), mais qu’il balayaient surtout nos rues, même si les diplomates noirs existaient aussi. Et parait-il que même certains noirs aimaient tellement la France qu’ils étaient Français aux Antilles (mais qu’on pouvait les reconnaitre parce qu’ils étaient un peu moins noirs) mais que dans les deux cas il y avait un lien avec les bananes du goûter (les mieux étaient les Made in France).

On savait que nous avions tout inventé les premiers, la voiture et le téléphone. Mais que se sentir supérieur c’était mal. On savait surtout que la fierté et la honte se mélangeaient, et que la politesse exigeait de nous un esprit assez arrogant avec un coeur repentant. Sans très bien savoir si le fait d’être honteux nous permettait d’être mieux arrogants ou nous empêchaient de l’être. Bref la culpabilité était-elle une manière d’avoir le pouvoir et la bonne conscience (certain ont fondé des carrières politiques là-dessus au PS en particulier), ou était-ce plutôt une invitation à refuser sa part de pouvoir pour prouver que l’on était pur ?

Que nous étions avant d’avoir vécu, mille aventures, mais que les aventures c’était mal. Que les explorateurs étaient courageux, tuaient des lions rusés et puissants puis dormaient sur des peaux de bêtes, mais que tuer des lions, c’était mal car il n’y en avait plus beaucoup maintenant, alors, que c’était mieux d’avoir une fausse peluche.

On pourrait continuer comme ça. Que les arabes étaient les bons et nous les méchants à cause de la Guerre d’Algérie, mais qu’il fallait quand même faire attention avec eux (surtout la nuit) mais que leurs épiciers étaient toujours très gentils. Qu’il ne fallait jamais parler de la guerre d’Algérie à mon oncle, alors que Papi devait toujours répéter les anecdotes de 14 ou de la Résistance en 39 et qu’il fallait même les demander à Maman quand il n’était pas là pour lui faire plaisir.

Peut-être je me trompe, et suis-je un peu seul de mon style, mais je crois que c’est ce riche bordel que les petits Français de ma génération avaient dans la tête. Que nous héritons d’une gloire que nous ne devions pas assumer, parce que nos valeurs avaient entre temps changé. Et d’une culpabilité avec laquelle il est difficile de construire quelque chose, de nouvelles valeurs glorieuse (sauver la vie sur Terre ? Lutter contre le réchauffement climatique ? Etre un héros écolo ?) n’ayant pas encore émergées.

Alors j’avoue qu’il y a côté rafraîchissant, quand je vois comme hier des copains « arabes » se coltiner aux mêmes questions de l’esclavage en pays musulmans, ou de l’interdiction des noirs dans les transports d’Alger (sans savoir si leurs commentaires sur ce point sont fondés) s’engueuler ou le dénier même. Peut-on être fondés à être esclaves parfois et esclavagistes ailleurs, dans nos identités collectives ? Ben, oui.

Que l’on tombe du poirier, du dattier, de l’arbre de Judée ou du platane de l’école de Jules Ferry, me parait avoir assez peu d’importance. Charlie continuera à montrer les prêtres pédophiles en oubliant les instituteurs violeurs, et les autres qui se réjouissent de la chute de DSK nieront que Tarik Ramadan puisse être autre chose qu’un gentil dévot. Les appartenances, c’est vraiment très fort.

De mon côté, je vitupère assez les racistes ou ceux qui vivent de ce climat malsain contre les musulmans, pour me permettre un style blagueur à propos des copains, qu’ils soient nés ceci ou cela, dominés ou dominants. Conscient qu’ils apparaissent, puis se construisent et se représentent eux-mêmes à leur profit et en conscience, comme nous tous, selon les scènes du théâtre social, dans les habits qu’on leur a donné, celui de la victime ou du bourreau, de l’esclave ou de l’esclavagiste. Bien conscient surtout que la pièce que se joue l’humanité est effectivement mauvaise et violente.

Se qui me préoccupe davantage, c’est notre complicité passive aujourd’hui. Aucun de nous n’a participé à l’esclavage négrier, ni d’un côté ni de l’autre du fouet. Mais tous avons en nos poche un téléphone portable dont les composants ont coûté des vies d’enfant. Des mains de toutes les couleurs les saisissent, avec non plus de réflexion qu’elles s’emparent des bulletins de vote quand notre complicité va à voter pour des dirigeants qui nous assurent le confort, plutôt que de nous proposer la lutte, quitte à les laisser renverser des régimes ouvrant la voie à ces nouveaux marchés aux esclaves, dont nous sommes, comme pour les services invisibles que nous utilisons chaque jour, les utilisateurs et principaux bénéficiaires.

Il va sans dire que les mêmes réflexions s’appliquent à d’autres débats, Metoo par exemple, où l’on veut figer des identités collectives de victime ou de bourreau selon des genres.

Oui, il y a bien un système de domination masculin (ou blanc) à renverser. Non, on ne fonde pas une contre-identité de victime, qui ne fonde aucune autre supériorité, ni n’exonère les femmes par exemple d’une propre réflexion sur leur part de violence ou leur part de bénéfice et de responsabilité dans le système en place, ni sur leurs attentes réelles envers les hommes. Celles qui en doutent, comme les hommes qui doutent de la réalité du viol, n’auraient qu’à se pencher sur les violences maternelles autour d’elles, pour faire émerger cet autre continent de la violence, sûrement pas sans lien avec le premier.

De même être homme n’est pas ramper sur sa page Facebook devant le nouveau Dieu vulve en ayant gommé les exhibitions phalliques avec des signes de contrition, ni se fonder dans une mauvaise conscience et une détestation de son genre. Mais prendre conscience de mécanismes à transformer ensemble et rendre dans ses rapports aux femmes une copie meilleure que l’exemple que l’on avait reçu et dont on est envie d’être fier.

De même que nous ne transformerons pas le passé de l’homme blanc, qui aura à partir de l’horreur qui existe partout, inventé l’horreur industriel avec un esprit de système et de justification détaché de toute émotion. Je ne suis pas sûr que nous fabriquions du meilleur avec sa culpabilisation, en témoigne les résurgences xénophobes, prêtes à assumer l’indignité pourvu que cela leur permette une fierté sur l’air de « je suis raciste et alors ».

Mais qui sait, peut-être saurons-nous par contre nous frotter à redéfinir ensemble, de nouvelles causes de fiertés communes ?

Langlois-Mallet

Charlie v/s Médiapart ?

Le débat identitaire et post-colonial, pour se résoudre, doit se conjuguer au futur.

A mon humble avis prenons un peu de distance avec ces montées d’adrénalines polémiques dont la vie intellectuelle française est friande.

La France doit-elle s’incarner dans l’humanisme ouvert conscient du monde de la décolonisation, quitte à faire abstraction de la réalité d’être un Etat sur lequel tous sont assis ? Ou est-elle le fer de lance de la liberté d’expression et de la laïcité, quitte à faire l’impasse sur la réalité, tant de la géopolitique que de la diversité de ceux qui la composent ?

La France est sûrement une idée, mais l’on sait que quand Paris trop joue avec des idées qui s’incarnent dans les chairs, tomber dans le panneau de trop choisir son camps (par jeu, par réflexe, par appartenance, esprit de système, bref par simple paresse intellectuelle), peut produire parfois des drames.

Pendant la querelle des Bouffons, les parisiens se battaient pour savoir qui de la musique italienne ou de la française était la plus vraie. C’était une chose sérieuse car des choix esthétiques dépendait tout un rapport au monde. Mais la violence restait raisonnable, car on ne se cassait que des violons et des chaises sur la tête dans le parterre de l’opéra.

L’esprit voltairien, la curiosité encyclopédique, l’esprit de système ramiste restent des valeurs sûres, mais je ne crois pas qu’il faille se donner comme horizon de reproduire la Vendée avec l’Islam au prétexte de laïcité républicaine. A l’inverse, la France n’a pas à se donner comme modèle de destin le Liban.

La conscience post-coloniale n’est ni une insupportable tranquillité de blanc, ni une repentance que l’on promène le fouet à la main. C’est un viol de nos pères qui a créé un lien et dont de nombreux enfants sont nés, tourmentés de ne savoir s’ils tiennent de leur père ou de leur mère mais à qui l’Etat doit surtout garantir d’être tranquilles pour leurs enfants.

Pays carrefour, nous appartenons à plusieurs espaces naturels et culturels. Nous sommes d’Europe, mais aussi Afrique par la francophonie et la question n’est pas d’exciter la dent douloureuse, mais au contraire de transformer en chance l’échec colonial et donc de faire muter une relation de ressentiment et de violence. Dans cette perspective, les Français-es de double culture, loin d’être une menace, sont une chance et un atout. A condition que la politique donne un cap qui permette de saisir cette chance.

Paris doit accepter qu’il y a juste beaucoup de façons différentes d’être Français. Comme les peuples ont accepté qu’il y avait un destin commun et des valeurs communes qui le rendent possible.

Langlois-Mallet

 

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Baise t-on mieux féministe ou macho ?

 Va t-on enfin aborder la vraie question ?

Les pages de mes Amis juponnards sont hilarantes en ces périodes de déferlement féministe. Les queutards récitent des patenôtres à sainte Simone de Beauvoir, et ceux qui il y a peu agitaient leur tige virtuelle comme un étendard Facebook se font tatouer des clitoris sur le front-page et excommunient à tour de bras tous les hommes qui ne les suivent pas dans la seule vraie voie sacrée de la mère. Les nouveaux convertis sont les plaies de toutes les religions…

Vous me connaissez un peu, j’adore expérimenter, mon éducation manichéiste et contradictoire, entre un matriarcat oppressif et paternalisme machiste, m’ayant laissé dubitatif. Il m’a été aisé, nanti toutefois de cette double culture, de tester différentes approches de la vie. D’alterner les périodes mâle alpha et féministe.

Autant dire que l’écart actuel dans le débat de société entre ces deux cultures est cocasse; entre cette culture virile où « si elle dit non, cela veut dire peut-être et si elle dit peut-être cela veut dire oui » et la mode du jour de nos néo-puritaines, ou le moindre baiser qui n’aurait pas été paraphé par les avocats des deux parties et envoyé sous scellé en trois exemplaires fonde la femme à requalifier une relation en « viol », à renaitre dans une identité nouvelle et valorisé socialement de victime et vous fait passer à l’inverse de la catégories valorisante de l’homme à femmes à celle infâme d’agresseur, voir de repris de justice.

On peut se demander comment est-on le mieux dans sa peau, le plus en accord moralement avec soi-même, car en fait le vrai bonheur est là. Vu que chacun de nous est appelé à se fréquenter assidument. Mais c’est plus rigolo de parler de sexe, car c’est ce bien vivre là, la relation à l’autre, qui nous rend enthousiastes.

Donc le bonheur sexuel, Machiste ou Féministe ?

Contrairement aux idées à la mode, être macho est excellent pour une seule raison : Parce que le répondant est très fort chez les femelles. Quand un mec a envie de se taper des nanas, qu’il est raccord avec son désir et prend la vie par ce prisme, les candidates affluent, les 06 se mélangent. Parce que lorsque l’on s’adresse à la culotte des dames, elles vibrent enfin, elles répondent, même à leur esprit défendant. Vous faites sauter les convenances, les barrières, les inhibitions, la tête dit parfois encore non mais le corps répond et les entre-cuisses trempés exultent d’être entendus. Acceptez de bonne grâce, après, de prendre pour vous seul la culpabilité qu’elles éprouvent. Elles vous le rendront au centuple. Elle n’était « pas vraiment elle-même », « because your crazy » avec des yeux d’institutrice, ou des regards de biche « franchement, je n’imaginais pas que cela se passerait comme ça… » (ben, moi non plus, en montant dans ta chambrette à 2h du matin, j’allais te sortir mes vieilles collections de timbres poste) etc.

Sous réserve d’être fidèle à son coeur et à son désir, d’être exigent sur le plaisir de l’autre, de ne pas se conduire comme un connard, de respecter les personnes et les lois et de savoir distinguer les situations. Je souhaite à tous les hommes de vivre un désir viril qui n’a rien de malsain et qui a plus fait pour le bien des femmes que toutes les pétitions réunies. Portons haut les valeurs bienfaitrices du dard triomphant, quand nos rues sont pleines de groupes de femmes insatisfaites armées de ciseaux !

Sur le versant de la sexualité féministe ? Et bien, je ne regrette pas moins l’expérience essentielle. Vive aussi les années clitoris ! Mettre de côté son désir viril et accepter de tout réapprendre du point de vue du désir des femmes est une expérience très enrichissante.

Il faut être parti pour laisser de côté tous les dogmes masculins. Découvrir que l’on peut sortir comblé de moments de jeux beaucoup plus longs, beaucoup plus lents, sans pénétration même parfois. Entrer dans une autre forme érotique comme dans une langue étrangère ou chaque endroit du corps peut-être un frémissement. Se défaire de ces stupides oripeaux mentaux, qui divisent la sexualité en préliminaires/acte, et accepter que la sensualité, les émotions sont un continent à part entière surgis à fleur de peau sur chaque femme et la refondation complète pour un homme par rapport au monde, certes intense, mais étroit et tournant sur lui-même. Renoncer, à la possession, à la prise, à l’emprise, au triomphe, c’est paradoxalement se retrouver libre. Libre surtout soi-même de dire non, car ce n’est pas le moindre paradoxe de la culture masculine de conquête que de nous enfermer aussi dans un rôle de désirant systématique, de nous imposer la vie mentalement usante et un peu vide du chasseur. Voir même à tirer le constat que le Don-Juan, à la fin homme-objet du désir des femmes, n’en devient pas moins une pute comme les autres et qu’on peut lui préférer le rôle d’homme sujet, ne serait-ce, paradoxalement, que pour se libérer de l’emprise féminine sur les machos…

Et le clito fût…

La décentration qui s’opère le jour où l’on intériorise les conséquences du fait que le pénis n’est pas le centre de la sexualité, la pénétration sa seule expression et l’orgasme sa finalité (comme on nous l’a enseigné), n’est pas anecdotique, elle renverse nos schémas mentaux, trouble en effet un ordre du monde institué par des hommes sourds. Le fait que le seul organe qui soit dédié au plaisir dans le corps humain (et de loin le plus puissant) soit le clitoris, met non seulement fin à la vieille controverse de Zeus et d’Héra (de savoir qui avait le plus de bénéfice du plaisir sexuel), mais il clos définitivement la séquence de la relation d’objet à la femme. La femme bien sur restera objectivée dans le désir masculin (et il n’y a pas à culpabiliser comme on veut nous le faire croire de voir d’abord un cul, des seins et d’avoir envie de fourrer cela et non pas de discuter interminablement). Mais les détours que nous imposent les femmes ne sont pas si vains, et constituent souvent pour elles l’indispensable extension du champ même de la sexualité. C’est une relation de puissance à puissance, d’émotion à émotion, de désir à désir et de plaisir à plaisir, beaucoup plus riche qu’écouter les femmes nous permet.

Là encore je redirais de ces expériences amoureuses que l’on ne nait pas homme mais qu’on le devient par la rencontre avec les femmes.

Alors loi du désir et de l’instinct viril ou art érotique de la relation, pourquoi choisir ? Je crois que notre épanouissement amoureux se situe justement sur ce fil, cette ambivalence, cette négociation, ce déséquilibre constant, ce jeu à l’autre. Que nous allons en permanence de notre vérité animale, à la culture, de ce que nous ressentons à la sophistication de son expression, du désir à l’art érotique et que d’autres alchimies ont lieu en face. C’est ce qui est chouette et comble les amants.

De même dans le mouvement féministe actuel, je reste convaincu qu’il faut écouter, changer beaucoup de choses et ne pas céder non plus. Oui les femmes ont des droits égaux, à commencer par un salaire égal, oui elles ont le droit à la sécurité de leur corps et au respect et ne doivent pas être importunées dans la rue.

Non, tous les hommes n’ont pas à être culpabilisés, dévirilisés à ramper au prétexte qu’ils sont habité (a-bitté) d’une « culture du viol » nom qui se confond avec le rejet du désir masculin, mais cache trop la réalité de la vie de ces néo-puritaines individualistes dont la coiffure n’a jamais été mise en désordre : le profond manque de l’autre en elles.

Langlois-Mallet

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Sur la peur du terrorisme. Lettre à une amie

Coucou Chère,

Je sens une angoisse immense derrière tes mots d’hier, comme si tu étais toi-même victime d’attentat.

J’aimerais bien te rassurer…

Mais je ne peux pas te dire que ça n’existe pas. Oui, il y a des attentats. Ils ne te toucheront pas directement mais te feront souffrir par sympathie pour les victimes et par les cicatrices que réveillent ta juste empathie.

Meme si le risque reste infime comparé à la pollution de nos petits poumons par les voitures ou de nos assiettes par les pesticides que le gouvernement autorise et même encourage, la « menace terroriste » et sa réalisation en partie déjouée par notre Bureau des légendes, va durer autant que les bombes et le chaos au Moyen-Orient et que la désagrégation de la société en France.

Autant que les petro-dollars, le chômage et les zones reléguées. En acceptant le chaos pour d’autres, on accepte la peur pour soi-même.
Des vies pourries par les autres sortiront, comme toujours et on en sait pourquoi, des fleurs pour les un-es ou des vengeances pour les autres, des poèmes et des bombes; l’envie de construire un monde neuf ou la rage de démolir celui-là.

Avec le terrorisme, je partage la crainte de chacun (j’aurais pu être en bas de chez-moi au bar du Carillon, au Bataclan, voir si j’avais accepté l’invitation de Cabu à une conférence de rédaction de Charlie) un de mes proches aurait tout autant pu y être. Je partage avec les autres une peur raisonnable. Ce que je pense des risques et des priorités n’est donc pas affaire de légèreté ou d’indifférence.

Mais j’ai pour ma part beaucoup plus de craintes que la France dévie, devisse. Cela reste un pays très violent dans son tréfonds. Et si l’on sort des rails de la justice pour passer dans l’exception, que beaucoup plus de sang ne coule.

L’Etat est un pit-bull dont la présence peut protéger (souvent des dangers qu’il crée lui-même), mais dont on ne sait qui il mangera quand sa muselière lui sera retiré. C’est ce que l’on appelle « la France de Vichy » dans la mémoire collective : détruire et livrer légalement une minorité en espérant sauver la majorité.

L’état d’urgence montre que ce sont plus sûrement les Rémy Fraisse que les Merah qui payent. On éliminera demain les gens qui veulent construire un autre monde au prétexte d’éliminer ceux qui veulent détruire celui-là. En fait cela a déjà commencé parce que la force est dans les mains de ceux qui veulent surtout que rien ne change des privilèges alors que ce monde s’effondre. Sur ce malentendu du « que rien ne change » votent ceux qui ont un peu et le sentiment de le perdre.

Avec le recul de l’etat de droit au profit des lois d’exception, c’est le travail patient des clercs chrétiens face aux nobles barbares, puis de l’humanisme laïc face au clergé, du Droit et des intellectuels depuis toujours face à la force qui est actuellement démantelé par la peur.
Pas par le terrorisme lui-même, qui reste armé de camionnettes, mais par la peur du terrorisme. C’est exactement leur objectif. C’est tomber dans le panneau de l’appel à son propre désir collectif de violence.

Même chose, si la majorité commence à se laisser aller sur une minorité.

Beaucoup de Français détestent les « arabes » et pas mal « d’arabes » haïssent la France.

Les uns ont envie de faire payer la perte de fierté de la Décolonisation, c’est le « rendez-nous Barbes on vous a rendu Alger », les autres de se venger de la colonisation, puis de l’exil économique en banlieue. Chacun d’eux veut faire payer aux autres ce qu’il est devenu.

Chacun connaît, entend, comprend ou pas, des proches et leurs raisons de sortir de la société commune, pour se tourner vers des poches identitaires (de voter FN, Valls, ou d’aller vers une radicalité religieuse).

Mon sentiment c’est que tu es sur des douleurs insondables et des besoins de revanche qui se rencontrent et risquent de se percuter. Les Uns ont été trompés, trahis, envoyés à la boucherie au XXe siècle. Les autres aussi et en plus en poussant la voiture des premiers.

Tous ont perdu leur fierté d’humain et les fières paysannes de leurs ancêtres pour la vie vide de sens du béton, des rayons de supermarchés et de Disney.

Quand la consommation se rétrécie, dans la cité ou le pavillon, il ne reste que la rage ou l’aigreur de gens floués qui ont perdu l’estime d’eux-mêmes.

Chacun cherche l’estime de soi et la fierté collective. Et voyant les merdes humaines que la consommation a fait d’eux, se retournent vers des identités factices, des artifices. Le nationalisme ou le salafisme ne correspondant à rien de la réalité de ces ancêtres qu’ils invoquent et ne connaissent pas.

Misère de la culture de supermarché, ils ont cru que l’idéal ou la pureté pouvait aussi s’acheter en portions prêtes à réchauffer !

Notons aussi, puisque heureusement les femmes prennent la parole en ce moment, qu’il s’agit encore de besoins de fierté de ceux qui n’en mettent pas au monde, de douleurs de ceux qui n’accoucheront pas, bref de violence des hommes sur lesquels il serait peut être urgent de prendre la parole aussi.

Ce n’est pas le débat de savoir qui à tord ou raison, qui est sympa ou pas du petit blanc qui ravale sa rage en silence ou du bronzé qui invective et quelle culture est supérieure à l’autre. C’est que les guerres civiles sont des enchaînements de violence sans fin, où seuls les violents des deux camps trouvent leur compte. vers une radicalité religieuse).

Cela occulte le fait que la majorité des uns et des autres a décidé de vivre ensemble et que la majorité des familles sont aujourd’hui plus ou moins métissés et que le libre arbitre de chacun travaille à trier dans sa cuisine avec les aliments que différentes cultures lui offrent. C’est à cet endroit que nous devons avoir l’esprit fort et garder l’équilibre et la tête froide. Ensemble.

Je t’embrasse et te sers dans mes bras.

David”

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Crise de naissance d’une fédération ibérique ?

Le peu de sympathie pour l’indépendance catalane m’étonne. Sans insulter l’Espagne, peut-on essayer d’être plus nuancé sur la crise en cours ?

J’ai l’impression que les Français plaquent l’idée, très française, de l’Etat-nation sur les autres peuples, puis déroulent leurs dissertations convenues.

De fait, les commentateurs nous parlent surtout de la France à travers la Catalogne; il nous disent leur hostilité – surtout leur peur – d’un réveil des régionalismes chez-nous et de la transformation de réalités culturelles en mouvements nationaux.

Pour ma part, j’ai une sympathie très grande et sans calcul pour les mouvements d’autonomie. Très enthousiaste pour la cause de l’indépendance québécoise, chaud partisan de l’indépendance de l’Ecosse, je regarderais avec plaisir le jour ou la Wallonie rejoindrait l’Hexagone. Je ne serais nullement effrayé par des évolutions du cadre Français dans les régions.

Cette sympathie spontanée, je ne la plaque d’ailleurs pas sur le cas Catalan au détriment de l’Espagne, en estimant, avec un même a priori rigide, qu’un Etat-Nation Catalan va de soi.

Je crois que nous comprenons mal ce qui se joue entre la Castille, le pays Basque, la Catalogne, l’Andalousie, la Galice et le sombrero commun à ces peuples ibériques, l’Espagne. L’Espagne n’est pas une nation aussi rigide ou aboutie que la France. Elle reste une mosaïque de peuples en quête d’une forme étatique.

Il n’y a un risque d’explosion que parce que cette forme, ne s’est pas encore trouvée. Et chacun des acteurs du bras de fer, semble avoir pour objectif de permettre à l’autre camp de se renforcer.

De même que l’Espagne est à la fois unie par la monarchie et la République (fait difficile à admettre en France ou nous avons le réflexe idiot de nous mutiler à les opposer). Je la regarde, au travers de la crise en cours, comme ayant la possibilité d’aboutir à une synthèse originale. Une fédération de républiques ibériques indépendantes, unie par une monarchie ? C’est un peu ce que j’entends à travers les voix, beaucoup plus nuancées, qui nous parviennent de Catalogne.

Langlois-Mallet

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Le cinéma de crise de Macaigne

 

Si comme moi vous aimez les films, les livres, les chansons, les articles ou je ne sais quoi d’autre qui essaie de nous dire « où » nous en sommes… Je vous invite à mon tour à aller vous faire bousculer par «Pour le réconfort » Vous y verrez un film qui parle depuis ce « où » là, justement.

Moi j’y allais, cheminant avec deux interrogations en tête sur notre beau pays. Dans la première, je me demandais comment nous pouvions être à ce point désarmés, passifs, résignés, autant devant le coup de massue économique de Macron et de ses amis, que dans le renoncement aux libertés publiques. Un pays sans force, sans combat.

L’autre. Je songeais à cette France républicaine et à toutes les couleuvres qu’elle avale en rafale depuis qu’elle a perdu sa légitimité culturelle. La dernière étant la restauration d’une culture monarchiste au profit des actionnaires, ceci venant après la diversité culturelle ou le retour du religieux.
Bref, quelques questions banales sur ce moment… ou gravitent les enfants des immigrations. Mais c’est à une France du choc entre délaissés pathétiques et héritiers blasés qu’allait me convier le film.

L’action du film se passe dans l’Orléanais, comme une suite à «Tonnerre » ou l’acteur Macaigne explorait déjà, en Bourgogne, le pays réel de l’échec et du désespoir. C’est le portrait d’une France avariée, bloquée, confite en haines recuites, en solitude et en mal de vivre entre l’envie des uns et l’indifférence des autres , réglée au désespoir par le vieillissement de tous.

La caméra de Macaigne choisit comme champ de crise une France de village confrontée au retour – ou au passage – de deux héritiers, devenus globe-trotters du globish world et qui, après avoir mangé l’argent de papa, sont contraints de venir en vendre les restes, un château. Sur la propriété, poussent les rêves qui ne pèsent pas lourd d’une écolo amoureuse des arbres et de l’avenir, mais aussi le projet d’expansion d’une maison de retraite, seul horizon rentable d’un pays de vieux.

Le film, tourné sur le vif, sans moyen, sans équipe, avec des acteurs improvisant en partie leur rôle, un auteur écrivant tout en tenant la caméscope, nous prend à la gorge dans une saisissante catharsis française ou aristocrates et sans-culottes, se jettent au visage les haines que nous voyons chaque jour autour de nous, tout en buvant (trop) de coups ensemble.

France vertige de vide et de solitude… Des larmes au pied des croix muettes et des appels désespérés à un Papa absent. Et ce sentiment, très bien exprimé par l’auteur, que nous ne savons plus ou nous sommes, de nos rêves, des promesses de bonheur de nos parents ou des prophéties de malheur pour nos enfants, de notre mal réel ou supposé à voir se faner les choses, mais que nous approchons, comme cette histoire d’une sorte de dénouement.

Je ne dirais pas que c’est agréable, même si l’on y rit, c’est juste nécessaire. Si vous avez soif du temps, courrez-y, vous respirerez mieux après ces étouffés. Mais n’y amenez pas votre copine japonaise juste après qu’elle ait vu Amélie Poulain, de crainte qu’elle ne soit hospitalisée d’urgence pour le fameux Syndrome de Paris. Celui où l’on soigne à St Anne, les victimes de la trop forte dissonance entre sa réalité et le rêve français. Celui pour lequel nous devrions tous consulter d’urgence.

Langlois-Mallet

Bienvenue dans la France brutale…

Voyez-vous, si le commentaire politique « à l’ancienne » se trouve démagnétisé depuis l’élection de Macron, c’est que nous sommes en face d’un pouvoir dont la porte de sortie n’est plus le débat démocratique, mais au contraire la fuite vers le durcissement autoritaire. Un pouvoir pour lequel la société n’est pas un partenaire mais un « soumis », sinon plus un adversaire, mais un ennemi.

Il y a pour l’expliquer un contexte français, où la part des citoyens la plus âpre au gain, celle à la mentalité la plus étroite, a pu fusionner avec les gros intérêts dans un moment électoral confus.

Et il y a un contexte international. La crise des ressources et le temps qui se rétrécit vers l’abîme écologique pousse le monde vers les dérives totalitaires, qui ne sont que la manifestation dans l’Etat du triomphe de l’égoïsme dans la cité.

France. Le silence d’avant orages

Une chose me frappe depuis l’élection de Macron, c’est le vide, l’effet de sidération et d’abattement qui s’est emparé de la parole politique, nos meilleurs commentateurs Facebook compris. Personne n’a plus rien à dire et malheur à ceux dont le métier ou la raison sociale est de parler. Un épuisement que le grand orgasme, l’orgie de mots, de l’année présidentielle, ne suffit à expliquer.

Politiquement, le plus frappant c’est que ce vide touche en premier lieu les vainqueurs. La parole d’un roi déjà bunkerisé derrière des sondages catastrophiques, en est réduite à insulter ses sujets. Sa cour hésite entre se cacher ou étaler à l’Assemblée son ridicule.

Dans le même élan, ce qui servait de droite est démagnétisé, tué par le bonheur de voir son fantasme au pouvoir (« Macron, c’est moi en mieux » (Sarko dixit), mais… sans y être soi-même. Prouvant que le plus grand malheur de l’Homme reste de voir ses rêves se réaliser.

Ce qui se faisait appeler la gauche ressemble, au PS à un asile (en vente); tout contre lequel les écolo-hamonistes ont fondé leur hôpital de jour, destiné à soigner les grands brulés idéologiques à l’écologie sans songer à guérir les plus fous, les infirmiers, de leur appétit de pouvoir (qui n’a plus que leurs patients comme objet).

Le FN blessé à mort par le miroir de sa propre nullité se soignera en immolant le Philippot émissaire, coupable d’avoir mangé du couscous, et qui pour tourner le dos à une évolution souverainiste qui lui demande de penser plutôt que de haïr, revient à ses fondamentaux de la violence et du chef. Pour y survivre ou y mourir ?

Tout le monde voit facilement – ne serait-ce qu’à la violence des éditorialistes du régime – que la France Insoumise échappe au constat, grâce à un dynamisme parlementaire qui oblige le pouvoir – comme dans les meilleures dictatures assiégées – à couper les retransmissions télé du parlement sur F3. Mais encore notera t-on l’effet de démobilisation de cette délégation par défaut. Qui croit que la politique par délégation renaîtra ?

Alors tout ce monde, au balcon, en est réduit à regarder la rue. Les Français guettent, complices, la révolte, en espérant surtout que ce soit les autres qui la fasse…

Si elles aiment entendre râler à leur place le Mélenchon, on ne voit pas les masses françaises prêtes à lui confier le pouvoir, tant du moins que ne sera pas résolut le hiatus – un gouffre – entre un pays de petits épargnants rêvant de la propriété d’un pavillon et le tonitruant leader maximo rêvant d’un combat historique contre le Kapital.

A moins que le rapprochement ne viennent de l’élargissement de ce gouffre justement, dans un monde de tornades, de tremblements de terre, de cyclones, où chaque décret de commercialisation des pesticides tueurs du vivant propage le cancer de chacun, où le shérif des petits blancs déboussolés par la mort du XXe siècle se prépare à re-pulvériser atomiquement l’Asie alors que l’Orient vomit le chaos mortel que son pays y à semé; on peut penser que, combat politique et défense du pavillon en meulière, tendent irrésistiblement à « converger….»

Langlois-Mallet

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e-crits intimes et chuchotements au monde

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